Investir dans le secteur bancaire en 2016 – les exemples du Crédit Agricole et de Nordea -(1ère partie: Crédit Agricole)

logo_nordea et CA

Comme je vous le disais dans cet article  : http://www.investisseur-particulier.fr/investir-dans-le-secteur-bancaire-en-2016 , nous allons prendre l’exemple de deux banques pour voir s’il est judicieux d’y investir.

Après la forte chute du secteur bancaire suite au Brexit, nous avons même une très bonne occasion.

L’indice Stoxx600 Banks que nous avions utilisé la dernière fois a touché les plus bas de 2012, mais cela ne change en rien les constations à son sujet de l’article précédent.

Précisons que nous avons frôlé la Bollinger inférieure en données trimestrielles. Graphiquement, comme nous sommes sur un resserrement des bandes, cela signifie que le prochain mouvement sortant du range large datant de 2009 sera violent. Si la sortie se fait par le bas, cela signifierait une crise majeure dans les prochaines années, puisque nous sommes déjà très bas. L’autre hypothèse nous amènerait probablement aux sommets de 2001 ou 2008, éventuellement après une décade de lente progression.

Enfin, il reste la possibilité que les hésitations dans un range large continuent encore.

Autrement dit, à part dans le premier cas (=écroulement total du système financier mondial ?), nous sommes dans une zone d’achat très intéressante, avec un potentiel de retour sur 200, au minimum, d’ici quelques trimestres ou années)…

(graphique: Stoxx600 Banks, en données mensuelles)

stoxx_eurobank 2016_trim juillte

 

Aimant l’investissement progressif à long terme, je préfère les actions en direct plutôt que les ETFs sur indices (mais à chacun ses goûts…).

Voyons donc deux exemples de plus près…

Crédit Agricole:

J’aime beaucoup regarder comment réagissent les actions en cas de krach. En général, les valeurs jugées fragiles sont massacrées et les valeurs « solides » limitent la casse.

Les Echos du 24/06/2016 disaient ceci:

brexit banques les echos 24 juin 2016

Source: http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/0211063096620-brexit-les-banques-massacrees-en-bourse-2009492.php

En interprétant de manière simple, on peut en déduire que HSBC et Standard Chartered sont « solides », contrairement aux grandes banques européennes.

Notez en passant le -20,57% de la Société Générale..

Le Crédit Agricole s’en sort plutôt très moyennement, mais sans catastrophe (enfin -14%, ce n’est tout de même pas négligeable), et en tout cas moins mal que les autres grandes banques françaises …

Evidemment, il y a aussi les différences d’exposition à l’Europe et au Royaume-Uni qu’il faut prendre en compte. HSBC est une banque très tournée vers l’Asie par exemple.

D’autre part, si une action a beaucoup grimpée récemment, la chute peu être plus dure, les investisseurs en profitant pour prendre leur bénéfices. Au contraire, si l’action a déjà beaucoup perdu, cela peut limiter les dégâts (exemple de Standard Chartered qui est passé de près de 2000 pences à 400 depuis 5 ans…).

On peut comparer ces chiffres à la perte globale du marché européen, d’un peu plus de 8%.

(graphique: Crédit Agricole, en données mensuelles)

CA_mensuel_juillet2016

Par rapport à mes signaux graphiques favoris pour un investissement progressif à long terme, ce n’est pas très folichon :

  • Pas de clôture sous le retracement de 61% de Fibonacci
  • Écartement vers le bas des Bollinger
  • Aucune divergence haussière du RSI
  • Passage sous la MME50 depuis plusieurs mois déjà
  • Volume en augmentation à la baisse

Rien que cela me tiendrait à l’écart de cette valeur, pour le moment du moins.

Si on ajoute à cela qu’on peut espérer que les cours doublent pour atteindre les plus hauts de l’année dernière alors qu’ils pourraient être divisés par plus de 3 si on touchait les plus bas de 2012, ce n’est guère encourageant…

Mais regardons un peu les fondamentaux…

Source: Financial Times

Credit Agricole_assets

La dette a explosé depuis 2012, et se stabilise tant bien que mal…

Cependant, rien d’exceptionnel pour une banque européenne.

Credit Agricole_cash

Cash flow négatif depuis deux ans. Notez cependant que le « tangible book value per share » est près du double de la valorisation actuelle… Ce paramètre représente ce que vaudrait les actifs tangibles si on les vendait en cas de faillite au prix du marché. Evidemment, en cas de faillite, on ne vend jamais au prix du marché et d’autres part, dans le secteur bancaire, cela ne veut pas dire grand chose…

 

Credit Agricole_revenues

Une marge de profit net de 6%, pour une banque, ce n’est pas grand chose… De même les ROA et ROE sont faibles. On note quand même un redressement des bénéfices depuis 2013. Mais avec un cash flow négatif…

Credit Agricole_cash flow

Credit Agricole_growth-dividend

Enfin, vu que l’on se place à long terme, un dividende élevé et stable peut être intéressant.

Cependant, on voit que non seulement le dividende n’est pas stable (la crise financière de 2009 est passée par là), mais avec un payout ratio acceptable de 50% (mais toujours avec un cash flow négatif). La banque aurait donc intérêt, pour les actionnaires à long terme, de réduire les dividendes pour revenir vers un cash flow positif, mais ça serait certainement perçu comme étant un signe de difficulté et, pour une banque, où tout repose sur la confiance, c’est très risqué.

Le rendement sur dividendes est de 7,82% au cours de ce jour (source: Bloomberg). Ce qui est confortable (mais avec les réserves émises plus haut).

Rajoutons à cela un bon ratio P/E de 7 cependant.

Conclusion pour l’investisseur particulier:

Entre des configurations graphiques peu favorables et des fondamentaux, qui sans être vraiment mauvais (pour une banque), sont loin d’être attractifs en ce qui me concerne, j’évite de rentrer sur cette valeur, en tout cas, au prix actuel.

 

Disclaimer: Cet article a une vocation entièrement pédagogique afin de montrer une manière structurée de raisonner. Ceci n’est pas un conseil pour investir ou non sur une valeur donnée. Chacun doit prendre ses propres décisions d’investissement.

(à suivre…)

Brexit, et alors ?

london-has-fallen

(source: film « London has fallen »)

 

Suspens. Surprises. Rebondissements. Sondages, estimations. Et finalement, en pleine nuit, on apprend que ça y est, les anglais ont choisi de sortir de l’UE.

Brexit

Evidemment, c’est le drame sur les indices asiatiques. Et un peu plus tard, rebelote sur les indices européens. A ne pas en douter, les USA vont faire la même chose cette après-midi, bien que certainement dans une moindre mesure.

L’image qui illustre l’entête de l’article est évidemment totalement exagérée (tout comme le film dont elle est issue en passant, que je ne recommanderai à personne, si ce n’est si vous voulez vous vider la tête et encore, seulement si vous avez une grande tolérance aux incohérences).

Certes, la paire EUR/GBP s’agite violemment.

EURGBPH1_Brexit

Encore qu’il n’y ait rien d’exceptionnel quand on se place à plus long terme, sur un graphique en données hebdomadaires.

EURGBPWeekly_Brexit

Ça y est, c’est le Brexit. Et alors ?

Personnellement, j’ai essayé d’accumuler un peu de cash ces derniers mois, j’ai aussi environ 7% de mon portefeuille en BX4.

Et ce matin, à l’ouverture, sur un ordre limite vers 90 €, j’ai enfin pu commencer à me faire une ligne d’Air Liquide à un prix correct, depuis le temps que je laisse passer des occasions.

Ceci dit, quand on regarde les futures, qui ont ouvert en fort gap, on voit bien qu’ils remontent tous.
La question est de savoir si c’était un point bas ou si c’est le début d’une dégringolade de plusieurs mois. Ça va encore bouger beaucoup ces prochains jours, voilà une chose sûre.

Ce qui m’inquiète le plus, c’est les nombreuses tentatives avortées depuis un an déjà de franchir les sommets sur le SP500.

Une petite dégringolade jusqu’à la zone des 1800, au minimum, reste possible.

Usa500Sep16Weekly_BREXIt

Le problème principal à mon avis n’est pas le Brexit en tant que tel. De toute façon, le Royaume-Uni avait déjà des privilèges, ne serait-ce que garder sa devise.

Ceux qui annoncent un Londres en flammes négligent sans doute qu’il y aura certainement des accords bilatéraux avec l’UE, comme c’est le cas de la Norvège ou de la Suisse. Deux pays, qui accessoirement, se portent dans l’ensemble plutôt bien.

S’il y aura des remous, le risque me parait plus être pour l’Europe que pour le R.U..

En effet, ça y est, c’est acté : il est possible de quitter l’Union.

Il ne manquerait plus que le Danemark se dise que finalement, ça se tente et que ça éviterait de payer pour les autres.

Il est alors évident que s’il ne reste plus que le « moteur » franco-allemand et les pays du sud et de l’est, cela risque de devenir compliqué, surtout en cas de crise forte…

 

En relativisant cependant, le fait que ce soit justement le R.U. qui quitte l’Europe est moins grave, dans le sens que les anglais ont toujours été plus ou moins opposés à cette idée.

Quoiqu’il en soit, je suis assez content qu’un peu plus d’un tiers de mon portefeuille soit libellé en dollars.

En ce qui me concerne, je me dis que dans le doute => cash+investissement progressif sur des valeurs choisies, y compris (voir surtout) anglaises, en diversifiant bien les zones économiques.

Bons investissements !

 

Disclaimer: Cet article n’est pas un conseil en investissement, mais un avis personnel argumenté. Chacun est responsable de ses propres investissements.

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