Pendant des années, l’investisseur français qui voulait « tout le monde » dans son PEA devait bricoler : un ETF MSCI World d’un côté, un ETF émergents de l’autre, et un petit tableur pour garder les proportions. Depuis juillet 2026, Amundi propose enfin un seul ETF qui fait les deux : le GPEA, alias Amundi PEA Global (MSCI ACWI).
Sur le papier, c’est le produit rêvé pour le particulier qui veut investir simplement, sans se prendre la tête, et pour très longtemps. Mais comme toujours, le diable se cache dans les détails : des frais un peu plus élevés que ses cousins, un encours encore modeste et surtout une réplication synthétique qui fait parfois peur (à tort ou à raison, on va en parler).
J’en ai acheté, et je garde aussi mes WPEA. Pourquoi ? Et bien, je vais vous l’expliquer…
GPEA : la fiche d’identité
GPEA réplique le MSCI ACWI, c’est-à-dire environ 2 500 entreprises de 47 pays : les 23 pays développés du MSCI World, plus 24 pays émergents (Chine, Taïwan, Inde, Brésil, Corée du Sud…).
Caractéristique
GPEA
Nom complet
Amundi PEA Global (MSCI ACWI) UCITS ETF Acc
Code ISIN
FR0014017NX3
Ticker
GPEA (Euronext Paris)
Société de gestion
Amundi Asset Management
Date de création
6 juillet 2026 (cotation le 15 juillet 2026)
Indice répliqué
MSCI AC World Daily Net Total Return
Méthode de réplication
Synthétique (swap non financé)
Frais de gestion
0,30 % par an
Encours
Environ 80 millions d’euros (14 octobre 2026)
Dividendes
Capitalisation (réinvestis)
Prix de la part
Environ 5 euros
Éligibilité
PEA, compte-titres, assurance-vie selon les contrats
Quelques points à garder en tête :
Les émergents ne pèsent qu’environ 11 à 12 % de l’indice. GPEA reste donc d’abord un ETF « pays riches », avec une touche d’émergents.
Les États-Unis représentent près de 64 % de l’ensemble, et la technologie environ 30 %. Nvidia, Apple et Microsoft restent en tête. Diversifié, oui. Neutre, certainement pas.
Le prix de la part (environ 5 euros) est parfait pour un investissement progressif avec de petites sommes : 50 euros par mois, ça fait 10 parts, pas besoin de fractions.
Un ETF tout neuf n’a pas d’historique. On ne connaît pas encore son écart de suivi réel par rapport à l’indice (la tracking difference). Il faudra attendre six mois à un an pour juger sur pièces. Mais ceci dit, il n’y a aucune raison de douter qu’Amundi ne fera pas aussi bien que d’habitude.
Comparaison avec les autres ETF éligibles au PEA
Pour être exposé au « monde » dans un PEA, on a aujourd’hui trois grandes familles : le MSCI World seul, le MSCI ACWI (GPEA), ou le bricolage World + émergents.
ETF
Ticker
Indice
Frais
Encours (environ)
Création
Amundi PEA Global
GPEA
MSCI ACWI
0,30 %
80 M€
2026
iShares MSCI World Swap PEA
WPEA
MSCI World
0,20 %
2,3 Md€
2024
Amundi PEA Monde
DCAM
MSCI World
0,20 %
1,2 Md€
2025
Amundi MSCI World Swap
CW8
MSCI World
0,38 %
6,5 Md€
2009
Amundi PEA Emergent ESG Transition
PAEEM
MSCI EM ESG Transition
0,30 %
270 M€
2019
Tous ces ETF sont capitalisants et tous utilisent un swap (on verra pourquoi plus bas). Les encours sont arrondis et datés de l’été ou de l’automne 2026 selon les sources.
Quelques remarques :
WPEA et DCAM sont les champions des frais sur le MSCI World (0,20 %). Ils laissent de côté les émergents.
CW8 est le doyen, avec le plus gros encours, mais ses 0,38 % ne se justifient plus pour de nouveaux versements. Son prix de part (près de 700 euros) n’aide pas non plus les petits budgets.
Le bricolage WPEA (88 %) + PAEEM (12 %) revient à environ 0,21 % de frais pondérés, soit 0,09 point de moins que GPEA. Mais PAEEM suit un indice filtré ESG, qui n’est pas exactement le MSCI Emerging Markets, et il faut rééquilibrer soi-même.
GPEA coûte 0,10 point de plus que WPEA. Sur 10 000 euros, cela fait 10 euros par an. Ce n’est pas rien sur trente ans, mais c’est le prix de la simplicité et des émergents « inclus ».
Pour mémoire, d’autres ETF PEA très utilisés, qui ne jouent pas dans la même catégorie :
ETF
Ticker
Indice
Frais
iShares S&P 500 Swap PEA
SPEA
S&P 500
0,10 %
Amundi PEA S&P 500
PSP5
S&P 500
0,12 %
BNP Paribas Easy S&P 500
ESE
S&P 500
0,14 %
Amundi PEA MSCI Europe
PCEU
MSCI Europe
0,15 %
Amundi PEA Nasdaq-100
PUST
Nasdaq-100
0,30 %
Ces ETF sont plus concentrés (un seul pays ou un seul secteur). Ils peuvent compléter un cœur de portefeuille « monde », mais pas le remplacer si l’objectif est la diversification. J’avais d’ailleurs consacré un article au PUST l’an dernier.
Physique ou synthétique : comment un ETF réplique son indice
Un ETF promet de faire « comme l’indice ». Il y a trois façons de tenir cette promesse, et aucune n’est parfaite.
1. La réplication physique complète
L’ETF achète réellement toutes les actions de l’indice, dans les mêmes proportions. C’est la méthode la plus intuitive : vous savez ce que vous possédez.
Ses limites :
Elle coûte cher sur les gros indices. Acheter et rééquilibrer 2 500 lignes, dont des petites valeurs émergentes peu liquides, génère des frais de transaction qui rongent la performance.
Le prêt de titres. Beaucoup d’ETF physiques prêtent leurs actions à des tiers pour gagner quelques points de base. Cela réintroduit… un risque de contrepartie, ce qu’on pensait justement éviter.
La fiscalité des dividendes étrangers. Un ETF physique subit les retenues à la source des pays où il investit, ce qui pèse sur la performance.
Elle est impossible dans un PEA pour un indice mondial, puisque le PEA exige au moins 75 % d’actions européennes.
2. La réplication physique par échantillonnage
L’ETF n’achète qu’une partie des titres, choisis pour reproduire au mieux le comportement de l’indice. C’est la solution courante pour les indices très larges (MSCI ACWI IMI, FTSE All-World…).
Sa limite principale : l’écart de suivi. En ne détenant pas tout, l’ETF peut s’écarter de l’indice, surtout lors des mouvements brutaux sur les petites valeurs.
3. La réplication synthétique (par swap)
C’est la méthode utilisée par GPEA, WPEA, DCAM, CW8 et quasiment tous les ETF « monde » du PEA. Le fonctionnement est un peu plus subtil :
L’ETF achète un panier de substitution, composé d’actions européennes liquides. C’est ce panier qui rend l’ETF éligible au PEA (au moins 75 % d’actions européennes).
Il signe un contrat d’échange (swap) avec une banque : l’ETF lui verse la performance de son panier, la banque lui verse la performance de l’indice visé (ici le MSCI ACWI).
Chaque jour, la valeur du swap est calculée. Si la banque doit de l’argent à l’ETF, cette dette est plafonnée à 10 % de l’actif par la réglementation européenne UCITS, et le swap est remis à zéro (reset) dès que ce seuil approche.
Dans le cas d’un swap non financé (celui de GPEA), l’ETF reste propriétaire de son panier d’actions. Dans un swap financé, l’ETF verse le cash à la banque, qui lui remet en échange des titres en garantie (le collatéral).
Les avantages sont réels : un suivi d’indice souvent très précis, des frais bas, et parfois un léger avantage fiscal sur les dividendes américains. Mais les limites existent aussi :
Le risque de contrepartie. Si la banque fait défaut, l’ETF peut perdre jusqu’à ce qu’elle lui doit, soit au maximum 10 % de l’actif. En pratique, le panier de substitution reste dans le fonds et il faudrait un scénario systémique pour en arriver là. Mais Lehman Brothers aussi, c’était « impossible »…
Ce que vous détenez n’est pas ce que vous suivez. Votre GPEA est rempli d’actions européennes, pas de Nvidia ni de TSMC. En temps normal, on s’en moque. En cas de crise de marché grave, on peut se poser des questions.
L’opacité. La composition du panier et l’identité de la contrepartie ne sont pas toujours mises en avant. Il faut aller les chercher dans la documentation de l’émetteur.
Le risque réglementaire, propre au PEA. L’éligibilité de ces ETF repose sur une règle (le panier européen) que l’État peut changer. On a eu un sérieux coup de chaud cet été.
Méthode
Ce que détient l’ETF
Point fort
Limite principale
Physique complète
Toutes les actions de l’indice
Transparence
Coûts sur les gros indices, impossible en PEA pour le monde
Physique par échantillonnage
Une partie des actions
Coûts réduits
Écart de suivi
Synthétique (swap)
Un panier de substitution + un swap
Suivi précis, éligible au PEA
Contrepartie, risque réglementaire
L’été où les ETF swappés ont failli quitter le PEA
Ce risque réglementaire n’a rien de théorique. Petit rappel de l’été 2026 :
Date
Événement
26 août 2026
Le ministre David Amiel annonce que le gouvernement ne proposera pas d’exclure les ETF swappés du PEA
25 août 2026
Question écrite du député Corentin Le Fur sur les intentions du gouvernement pour le budget 2027
24 juillet 2026
Note de quatre fédérations professionnelles (AFG, AMAFI, FBF, France Post-Marché) : la DG Trésor envisagerait de rendre ces fonds inéligibles
15 juillet 2026
GPEA arrive en bourse… en plein dans la tempête
14 mai 2026
Question écrite du sénateur Hervé Maurey demandant leur retrait du PEA
L’idée de Bercy était simple : le PEA a été créé pour financer les entreprises européennes, pas pour acheter le S&P 500 avec un avantage fiscal. On peut comprendre la logique. Mais pour des millions d’épargnants qui ont construit leur stratégie long terme sur ces ETF, le changement aurait été brutal, même avec une « clause du grand-père ».
Le gouvernement a donc reculé. Tant mieux. Mais je retiens surtout une leçon : ce que la loi donne, la loi peut le reprendre. Surtout en France, où la stabilité réglementaire n’est pas vraiment une tradition française (malheureusement). Le sujet reviendra sûrement un jour. C’est une raison de plus pour ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier… ni dans la même enveloppe.
Que fait l’investisseur (très) particulier ?
Ceci n’est évidemment pas un conseil en investissement, mais simplement ce qu’un simple particulier fait de son côté.
Je l’avais déjà écrit : je n’ai jamais été un grand fan des ETF, je préfère détenir les titres en direct, même si je reconnais l’efficacité et la simplicité de ces produits, et que j’augmente chaque année leur part dans mon portefeuille global . Mais de toute façon pour la partie « très long terme », en mode DCA permanent, de mon PEA, celle que je ne veux pas avoir à surveiller, l’ETF monde reste l’outil le plus raisonnable. Et là, j’utilise les deux.
1. WPEA reste mon socle. J’en détiens; il coûte 0,20 % par an, son encours dépasse les 2 milliards d’euros et ses écarts achat-vente sont serrés. Je n’ai aucune raison de le vendre. Je le garde, tout simplement. Avec un achat régulier (en Value Averaging pour ceux que ça intéresse).
2. GPEA reçoit mes nouveaux versements. Il m’apporte les émergents sans avoir à gérer une deuxième ligne ni à rééquilibrer. Et il évite PAEEM, dont l’indice filtré ESG ne me convainc pas pour cette poche. Avec une part à 5 euros, il se prête parfaitement à l’investissement progressif, que je pratique et défends sur ce site depuis 2011.
3. Deux émetteurs, deux structures, deux contreparties. WPEA est un fonds iShares (BlackRock) domicilié en Irlande. GPEA est un FCP français géré par Amundi. Les swaps ne sont pas signés avec les mêmes banques ni dans le même cadre juridique. Si l’un des deux rencontrait un problème (contrepartie, fermeture du fonds, changement de règle propre à un type de structure), l’autre ne serait pas forcément touché. C’est de la diversification… de la tuyauterie.
4. Le résultat est un « World légèrement émergent ». En combinant les deux, je suis un peu sous-pondéré en émergents par rapport au MSCI ACWI. C’est un choix assumé : je garde une petite exposition à ces marchés, sans en faire un pari. Mécaniquement, je vais favoriser le GPEA sur le long terme car j’y investi davantage que sur WPEA.
Et pour la partie que je veux vraiment « blinder », celle qui doit traverser toutes les crises, je reste fidèle à ce que j’écrivais au printemps 2025 : un ETF à réplication physique sur compte-titres, en complément du PEA. Pas parce que les ETF synthétiques sont dangereux, mais parce qu’un investisseur long terme doit pouvoir dormir tranquille même quand le monde ne l’est pas.
Pour finir, un mot sur le timing. Je ne cherche pas le point d’entrée parfait sur ce type d’ETF : je verse régulièrement, quelle que soit la météo boursière. Sur vingt ou trente ans, la discipline compte bien plus que le jour d’achat. Et comme disait Keynes, « à long terme, nous sommes tous morts »… raison de plus pour commencer tôt.
Avertissement et sources
Cet article ne constitue pas un conseil en investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et un ETF actions peut perdre une part importante de sa valeur. Mes chiffres sont arrêtés mi-octobre 2026, à vérifier sur les documents officiels des émetteurs avant tout investissement.
Avec une offre totale de 19,93 millions de bitcoins en circulation, un cours à 1 000 000 $ par BTC porterait la capitalisation de l’ensemble du réseau à 19 930 milliards de dollars (soit 19,93 billions de dollars). Ce seuil, longtemps jugé utopique, placerait Bitcoin parmi les mastodontes de la finance mondiale.
Le million, c’est tout un symbole comme le rappelait si bien les Inconnus. Allez, une petite relaxation avant de passer aux choses sérieuses !
Une valorisation historique
Atteindre la barre du million de dollars n’est pas qu’une victoire psychologique : c’est la reconnaissance d’un actif numérique à la rareté extrême. La formule est simple :Nombre total de BTC×Prix unitaire=19,93 millions×1 000 000 $=19,93 T$
Cette capitalisation dépasserait largement celle de nombreuses entreprises cotées : pour la comparer, elle représenterait par exemple près de deux fois la valeur actuelle de Microsoft ou d’Apple.
Actif
Taille approximative
Bitcoin à 1 000 000 $
19,93 T$
Or (haut de gamme des estimations)
28,787 T$
Marché actions mondial (fin Q3 2025)
144,8 T$
Marché Forex (volume quotidien d’échanges)
9,6 T$ par jour
Bitcoin versus l’or : un duel de titans
L’or reste la référence de la rareté matérielle. Selon les estimations, la valeur totale de l’or extrait et en circulation se situe entre 23 000 milliards et 34 500 milliards de dollars. À 1 000 000 $ par BTC, Bitcoin s’approcherait de la fourchette basse de l’or, à environ 19,9 T$ contre 28,8 T$ pour l’estimation la plus souvent citée. Il ne deviendrait pas le nouvel or, mais confirmerait sa place en tant qu’« or numérique ».
Le bitcoin exprimé en or ne dépasse pas ses plus hauts. Cela montre aussi que ce n’est certainement pas le bitcoin qui s’apprécie, mais bien le dollar (et autres monnaies) qui se déprécient. Le même raisonnement est bien sûr valable pour l’or.
Comparaison avec le marché actions mondial
Le marché des actions cotées affiche une valorisation record de 144,8 000 milliards de dollars fin du troisième trimestre 2025 (source: https://www.voronoiapp.com/markets/-Global-Stock-Market-Capitalization-Reaches-Record-145-Trillion-in-Q3-2025-5178 ), un poids colossal dominé par les géants technologiques et les grands indices mondiaux. Avec 19,93 T$, Bitcoin ne pèserait qu’environ 14% de ce total, ce qui souligne qu’il reste un marché de « niche », même à un million par unité !
Le Forex : le champion de la liquidité
La taille du marché des changes est rarement exprimée en capitalisation, mais en volume d’échanges. En avril 2025, la Banque des Règlements Internationaux estimait les transactions quotidiennes à 9 600 milliards de dollars. À titre de comparaison, Bitcoin à 1 000 000 $ représenterait plus de deux jours de transactions Forex, mais ne concurrencerait pas ce marché ultra-liquide dans son modèle de fonctionnement.
Enjeux et perspectives
Rareté et attrait institutionnel : pour atteindre un tel prix, Bitcoin devrait attirer des flux massifs d’investisseurs institutionnels et voir son utilisation comme réserve de valeur considérablement renforcée.
Impact sur la finance traditionnelle : une capitalisation de près de 20 000 milliards repositionnerait Bitcoin non plus comme un actif alternatif, mais comme un pilier à part entière de la finance mondiale.
Risques de volatilité : plus la valorisation grimpe, plus l’actif devient sensible aux chocs macroéconomiques et aux régulations.
Atteindre 1 000 000 $ par Bitcoin n’est pas une fin en soi, mais un jalon symbolique qui témoignerait de l’adoption croissante de la cryptomonnaie. Pour l’investisseur particulier, il s’agit d’un champ d’observation majeur : comprendre les dynamiques d’offre et de demande, les décisions réglementaires et les grandes tendances économiques qui pourraient propulser, ou freiner, cette trajectoire hors norme.
Autrement dit, ce fameux million n’est pas un nombre totalement utopique. Evidemment, rien n’est certain et surtout pas la date à laquelle cette valeur symbolique serait atteinte.
En ce qui concerne l’Investisseur(très)Particulier. J’ai pris une bonne part de bénéfices sur le cycle actuel, et le reste, je l’ai mis en ETF avec mon portefeuille boursier. En effet, garder un montant conséquent de bitcoin en direct est beaucoup trop risqué pour un simple particulier. Sans parler des problématiques de la succession. Un compte-titre est tout de même beaucoup plus simple à gérer, non ? Mais ceci est un autre débat !
Disclaimer:
Les informations fournies dans cet article sont à titre informatif et ne constituent en aucun cas un conseil en investissement ou une recommandation d’achat ou de vente de produits financiers. Avant toute décision d’investissement, il est fortement recommandé de consulter un conseiller financier indépendant et de prendre en compte votre situation personnelle, votre profil de risque et vos objectifs. Investir comporte des risques, y compris la perte partielle ou totale du capital.
Depuis septembre 2025, Trade Republic fait sensation en proposant l’accès au private equity dès 1€, en partenariat avec les géants Apollo et EQT. Une révolution pour les particuliers ou un coup marketing potentiellement dangereux pour l’investisseur (très) particulier ? Analysons les risques…
L’offre qui fait trembler la gestion traditionnelle
Trade Republic bouscule les codes en rendant accessible une classe d’actifs historiquement réservée aux investisseurs institutionnels et aux ultra-riches. Avec un ticket d’entrée symbolique de 1€ et la promesse d’un objectif de rendement à 12% par an, l’offre séduit. Mais comme souvent dans la finance, le diable se cache dans les détails.
Ce que Trade Republic promet
Accessibilité maximale : ticket minimum de 1€ contre plusieurs dizaines de milliers d’euros traditionnellement
Liquidité améliorée : possibilité de rachat mensuel sans période de blocage
Diversification : accès à 9 fonds sélectionnés par Apollo et EQT
Objectif de performance : 12% de rendement annuel cible
Source: Trade Republic
Les risques cachés derrière les (belles) promesses
1. Des frais qui plombent la performance
Les frais « cachés » : Une analyse approfondie révèle que les fonds proposés comportent des frais de gestion annuels pouvant atteindre 2,6% à 4,5%, auxquels s’ajoutent des commissions de performance de 1,7% et des frais de sortie jusqu’à 5%.
Ces frais, souvent qualifiés de « cachés », ne sont pas clairement communiqués avant investissement. Sur 5 ans, ils peuvent représenter jusqu’à la moitié des sommes investies, réduisant drastiquement les rendements nets.
2. Un objectif de 12% non garanti et peu réaliste
Performance hypothétique : L’objectif de 12% annoncé par Trade Republic n’est aucunement garanti. Les données historiques du private equity français montrent un TRI net moyen de 11,3% depuis 1987 (source: France Invest), mais avec une dispersion énorme des performances. Sans parler que nous sommes tout de même plutôt en haut de cycle sur les indices ces derniers temps…
La réalité des chiffres : Environ 25% des fonds de private equity affichent des performances négatives ou très faibles. Même avec une diversification sur 9 fonds, le risque de perte permanente de capital peut atteindre près de 1%.
3. Une liquidité en trompe-l’œil
Illiquidité structurelle : Malgré les promesses de rachats mensuels, la liquidité des fonds de private equity reste fondamentalement contrainte par la nature illiquide des actifs sous-jacents. Les rachats dépendent entièrement des conditions de liquidité disponibles du fonds.
Durée d’engagement réelle : Le private equity nécessite traditionnellement des engagements de 5 à 10 ans minimum. Les particuliers doivent être préparés à immobiliser leurs capitaux sur de longues périodes, malgré la flexibilité annoncée.
4. La complexité des produits ELTIF
Véhicules sophistiqués : Les fonds proposés sont structurés sous forme d’ELTIF (European Long Term Investment Funds), avec des règles complexes et des contraintes réglementaires que les investisseurs particuliers maîtrisent rarement.
Absence d’avantages fiscaux : Contrairement aux FCPR traditionnels, ces fonds ne bénéficient pas d’avantages fiscaux spécifiques comme l’exonération d’impôt sur les plus-values après 5 ans.
Les risques de marché spécifiques au private equity
Les entreprises non cotées présentent des difficultés de valorisation accrues, avec des estimations parfois approximatives par rapport aux marchés cotés. Cette opacité peut masquer des risques importants.
Échec entrepreneurial
Il faut garder à l’esprit que 30% des entreprises financées par du capital-risque échouent, et que les performances passées ne présagent pas des résultats futurs.
Que fait l’investisseur (très) particulier ?
Ma position personnelle
À titre personnel, je reste très sceptique sur cette offre. Le private equity est une classe d’actifs complexe qui nécessite une expertise et une capacité d’analyse que la plupart des particuliers n’ont pas. Le ticket d’entrée faible peut créer une illusion de simplicité dangereuse.
Mes recommandations si vous souhaitez malgré tout investir
Allocation limitée : Ne jamais investir plus de 5-10% de son patrimoine total dans cette classe d’actifs
Compréhension des mécanismes : S’assurer de bien comprendre les frais réels et les mécanismes de sortie
Horizon d’investissement long : Être préparé à un engagement de 7-10 ans minimum
Diversification préalable : S’assurer d’avoir déjà un portefeuille diversifié avant d’envisager le private equity
Alternative plus sage (et probablement plus rentable à long terme) : les ETF
Pour une exposition au dynamisme entrepreneurial avec plus de transparence et de liquidité, je préfère personnellement les ETF spécialisés sur les petites et moyennes capitalisations, les secteurs innovants ou simplement un indice large tel que le MSCI World par exemple. Ils offrent une diversification similaire avec des frais incomparablement plus bas et une liquidité quotidienne.
Le verdict de l’investisseur (très) particulier
L’offre de Trade Republic démocratise certes l’accès au private equity, mais les risques inhérents à cette classe d’actifs restent entiers. Pire, la facilité d’accès peut inciter les particuliers à sous-estimer ces risques.
Cette offre me rappelle les promesses des crypto-actifs ou des OPCVM structurés : beaucoup de marketing, des rendements mirobolants annoncés, mais au final des risques disproportionnés pour l’investisseur lambda.
Mon conseil : Avant de succomber à la mode du private equity « démocratisé », assurez-vous d’abord d’avoir optimisé vos placements traditionnels (PEA rempli, assurance-vie diversifiée, compte-titres avec des ETF larges et peu chers). Le private equity, même accessible à 1€, reste un placement de diversification pour investisseurs avertis, pas un placement de base.
Gardez en tête que dans l’investissement, ce qui semble trop beau pour être vrai l’est généralement !
Cela n’empêche en rien d’avoir un compte chez Trade Republic, qui présente aussi un certain intérêt (je vous laisse voir mon ancien article à ce sujet):
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Disclaimer: Je n’ai aucun lien commercial avec Trade Republic, si ce n’est la position de client et utilisateur de leur services. Faites vos propres recherches ! Chacun est responsable de ses propres investissments !
Le contenu de cet article n’exprime qu’une opinion personnelle et montre, à titre informatif, les risques associés à un investissement. Ceci ne correspond en aucun cas à un conseil en investissement. Chacun est responsable de ses propres décisions en investissement !
Lorsqu’on est un investisseur français lambda, on cherche avant tout à remplir son PEA.
Par contre, on peut vouloir se diversifier géographiquement et sectoriellement. Certes, la France compte de belles entreprises de la tech, mais soyons réaliste, le NASDAQ l’emporte haut et fort sur ce créneau.
Un exemple d’ETF sur le Nasdaq compatible avec un PEA: Amundi PEA Nasdaq-100 (PUST)
L’ETF Amundi PEA Nasdaq-100 (PUST) se distingue comme le principal ETF français permettant aux investisseurs d’accéder au Nasdaq 100 via une enveloppe PEA, avec des performances historiques impressionnantes (+154,9% sur 5 ans), en cohérence avec l’exceptionnelle progression du Nasdaq.
Malgré sa réplication synthétique qui introduit un risque de contrepartie, ses frais modérés (0,30%) et sa liquidité satisfaisante en font un véhicule d’investissement simple et attractif pour une exposition au secteur technologique américain.
L’ETF Amundi PEA Nasdaq-100 UCITS ETF Acc (PUST) est un fonds indiciel coté qui permet aux investisseurs français d’accéder à la performance des 100 plus grandes entreprises non financières cotées sur le Nasdaq. Créé le 20 mai 2014, cet ETF présente plusieurs caractéristiques qui le distinguent.
Encours sous gestion : Environ 568 millions d’euros
Politique de dividendes : Capitalisation (les dividendes sont réinvestis)
Éligibilité PEA. Coté en euros.
La particularité principale de cet ETF est son éligibilité au Plan d’Épargne en Actions (PEA), qui offre un cadre fiscal avantageux pour les investisseurs français.
Performances historiques L’ETF PUST a affiché des performances aussi remarquables que son indice de référence au fil des années :
Performance sur 1 an : +5,81% (au 31 mars 2025)
Performance sur 3 ans : +35,24%
Performance sur 5 ans : +154,9%
Performance sur 10 ans : +364,43%
Les performances annuelles sur les dernières années montrent une forte volatilité, caractéristique des investissements centrés sur le secteur technologique :
Ces mesures indiquent que l’ETF suit de près son indice de référence (R² élevé et Beta proche de 1) tout en générant un léger alpha positif, signe d’une bonne gestion de la réplication.
Comparaison avec ses principaux concurrents
ETF éligibles au PEA:
L’ETF PUST fait face à une concurrence limitée dans l’univers des ETF PEA répliquant le Nasdaq 100 :
Nom de l’ETF
Code ISIN
Encours
Frais
Réplication
Performance 5 ans
Amundi PEA Nasdaq-100 UCITS ETF Acc
FR0011871110
568-605 M€
0,30%
Synthétique
+154,54%
Amundi PEA US Tech ESG UCITS ETF
FR0013412269
420-430 M€
0,30%
Synthétique
+156,24%
Amundi Nasdaq-100 Daily (2X) Lev UCITS ETF
FR0010342592
954 M€
0,60%
Synthétique
N/A
Le principal concurrent direct est l’Amundi PEA US Tech ESG, qui suit un indice différent (Solactive ESG US Tech 100) mais offre une exposition similaire, avec une légère surperformance sur 5 ans. La différence principale réside dans les critères ESG appliqués à la sélection des titres, ce qui entraîne une concentration plus importante sur certaines valeurs.
Remarque: Le LQQ (Amundi Nasdaq-100 Daily (2X) Lev UCITS ETF) est un produit à levier qui n’a pas réellement d’intérêt pour l’investisseur à long terme. Le risque est supérieur pour un rendement semblable comme le montre la comparaison entre les deux ci-dessous.
Comparaison avec des ETF Nasdaq 100 non-PEA:
Si on élargit la comparaison aux ETF Nasdaq 100 non éligibles au PEA, d’autres alternatives existent :
Nom de l’ETF
Encours (M€)
Frais
Réplication
iShares Nasdaq 100 UCITS ETF (Acc)
13 292
0,30%
Physique
Invesco EQQQ Nasdaq-100 UCITS ETF
6 618
0,30%
Physique
Amundi Nasdaq-100 II UCITS ETF Acc
3 313
0,22%
Synthétique
Ces ETF non-PEA présentent généralement des encours plus importants et parfois des frais légèrement inférieurs (comme l’Amundi Nasdaq-100 II avec 0,22%). Certains utilisent également une réplication physique plutôt que synthétique, ce qui peut réduire le risque de contrepartie.
Les risques:
Evidemment, il y a le risque de marché, car rien ne dit que le Nasdaq va continuer de performer à l’avenir, mais si vous souhaitez investir dans cet indice, c’est que vous pensez le contraire !
Risque de change
Pour les ETF comme PUST qui investissent sur des marchés étrangers (ici les États-Unis), les fluctuations des taux de change entre l’euro et le dollar peuvent affecter la performance. Cet ETF n’est pas couvert en change. Ce n’est pas forcément un problème, il faut juste en avoir conscience et le prendre en compte dans sa diversification en devises.
Risque de contrepartie
Spécifique aux ETF à réplication synthétique comme PUST, ce risque provient de l’utilisation de swaps. Si la contrepartie du swap (ici BNP Paribas) fait défaut, l’ETF pourrait ne pas répliquer correctement la performance de l’indice. Evidemment, il y a d’autres garanties prises par la contrepartie et il faudrait tout de même des conditions systémiques pour qu’on en arrive là… Ceci dit, cela s’est déjà vu avec des plus acteurs plus gros que la BNP !
Risques liés aux produits dérivés
Pour les ETF synthétiques comme PUST, l’utilisation de produits dérivés ajoute une couche de complexité et potentiellement de risque. Ces instruments peuvent introduire une opacité sur la composition réelle du portefeuille et amplifier certains risques en cas de conditions de marché extrêmes.
Or justement, l’investisseur long terme veut se sécuriser lorsqu’il y a justement des conditions extrêmes !
Que fait l’investisseur (très) particulier ?
A titre personnel, j’envisage l’ETF PUST pour le placer dans mon PEA. Sur du long terme en mode « buy & hold », je prendrai plutôt un ETF à réplication physique sur compte-titre. Mais chacun sa vision sur le sujet. A moins d’un scénario « fin du monde », je ne pense pas qu’il y ait un véritable risque avec les ETF synthétiques pour les PEA (j’ai d’ailleurs du WPEA en portefeuille « très long terme »). Je n’ai jamais vraiment apprécié les ETF, préférant la détention directe des titres.
Graphiquement, le « krach Trump » n’est peut-être pas fini, mais en tout cas, il représente une correction équivalente à celui provoqué par le Covid en 2020, ce qui suggère un niveau d’entrée acceptable, soit environ -30% par rapport aux plus hauts. Le RSI hebdomadaire est à l’achat et on a frôlé la MM200 hebdo, ce qui sur le Nasdaq est rare.
Evidemment, cela implique de penser que les techs américaines vont continuer à performer dans l’avenir…
En ce qui me concerne, j’utiliserai l’ETF PUST pour un long swing trade (rebond d’au moins 50% avant une prise de bénéfices) ou, ce que je fais réellement sur mon propre portefeuille, une stratégie de Value Averaging à long terme (car au final, le risque spécifique de l’ETF est dilué dans ma diversification d’actifs). Mais bien sûr, à chacun sa stratégie.
Rappelons que les stratégies sur les ETF indiciels sont en général plus performantes que le stock-picking, c’est d’ailleurs pour cette raison que je leur accorde une place de plus en plus importantes dans mon porte-feuille global.
Disclaimer: Le contenu de cet article n’exprime qu’une opinion personnelle et montre, à titre informatif, les risques associés à un investissement. Ceci ne correspond en aucun cas à un conseil en investissement. Chacun est responsable de ses propres décisions en investissement !
Novo Nordisk, le géant danois de la santé, est une entreprise qui ne cesse de faire parler d’elle, notamment grâce à ses traitements « révolutionnaires » contre le diabète et l’obésité.
Le cœur battant de Novo Nordisk
Novo Nordisk génère ses revenus principalement à travers deux segments clés :
Diabète et soins contre l’obésité : Ce segment inclut des produits phares comme l’insuline, les agonistes GLP-1 (Ozempic, Wegovy), ainsi que des médicaments oraux contre le diabète. Ces traitements représentent plus de 57 % des ventes aux États-Unis, un marché crucial pour l’entreprise.
Biopharmaceutiques : Ce segment couvre les traitements pour l’hémophilie, les troubles de croissance et les thérapies hormonales. Bien que moins dominant, il reste essentiel pour diversifier les revenus.
La demande pour les médicaments contre l’obésité (notamment Wegovy) a explosé ces dernières années, doublant les ventes en 2024. Cependant, cette croissance rapide a entraîné des contraintes d’approvisionnement que Novo s’efforce de résoudre grâce à des investissements massifs dans ses capacités de production.
Cours boursier : montagnes russes, couteau qui tombe ou ascension durable ?
Le cours boursier de Novo Nordisk a connu une volatilité importante.
Novo Nordisk, en données hedbomadaires. En passant, je vous laisse mon point d’entrée et mon PRU actuel. Ceci n’est pas un conseil en investissement !
L’action a atteint un sommet à plus de 1000 DKK en juin 2024 avant de chuter de plus de 50 % depuis cette période.
En avril 2025, l’action se négocie autour de 400 DKK, marquant une baisse significative par rapport à son apogée.
Malgré cette chute, l’entreprise conserve un « moat économique » solide grâce à ses actifs intangibles dans les maladies cardiométaboliques et ses capacités d’innovation. Les analystes estiment que Novo pourrait capturer jusqu’à 75 milliards USD du marché mondial des GLP-1 d’ici 2031 (voir par exemple https://www.morningstar.com/stocks/is-novo-nordisk-stock-buy-after-its-collapse ).
Que nous réserve Novo Nordisk d’ici 2035 ?
Les perspectives à long terme pour Novo Nordisk sont prometteuses :
Croissance des revenus : Les ventes devraient atteindre 567 milliards DKK en 2030, soit une augmentation impressionnante par rapport aux 355 milliards DKK prévus en 2025. Si on considère le passé, on ne peut que constater une croissance continue, même si les marges ont baissé.
Expansion du marché : La demande mondiale pour les traitements contre l’obésité et le diabète devrait croître rapidement. Cependant, la concurrence féroce avec Eli Lilly pourrait limiter la domination totale de Novo Nordisk.
Risques : L’entreprise devra faire face à des pressions réglementaires (notamment aux États-Unis, où l’administration Trump ne va certainement pas faire de cadeaux à des entreprises non-américaines) et à des défis liés à la production. De plus, la dépendance aux GLP-1 expose Novo à des risques liés aux brevets expirant en 2032.
La concurrence et les pressions sur les prix jouent un rôle central dans les prévisions de Novo Nordisk, en particulier dans le marché des médicaments contre l’obésité et le diabète, où l’entreprise est un acteur dominant.
Depuis 2017, le cours d’Eli Lilly semble l’emporter face à Novo Nordisk (ici cotations dollars à N-Y)
Novo Nordisk fait face à une concurrence virulente, notamment d’Eli Lilly, qui a lancé des alternatives puissantes comme Mounjaro (tirzepatide) et Zepbound. Ces produits ont rapidement gagné des parts de marché grâce à leur efficacité et à des résultats cliniques impressionnants. Par exemple, le nouveau médicament d’Eli Lilly, retatrutide, a montré une perte de poids moyenne de 24,4 % en 48 semaines, dépassant légèrement les 22 % obtenus par Novo Nordisk avec Amycretin.
Cette montée en puissance des concurrents exerce une pression sur Novo pour innover et maintenir sa position dominante. Bien que le marché de l’obésité soit en forte croissance (estimé à plus de 100 milliards USD dans les années à venir), il devient évident qu’il y a de la place pour plusieurs acteurs majeurs. Cependant, chaque part de marché perdue pourrait affecter significativement les revenus futurs de Novo Nordisk.
Les pressions sur les prix proviennent de plusieurs fronts !
Pour rester compétitif face à Eli Lilly et d’autres acteurs émergents, Novo Nordisk a annoncé des baisses importantes du prix de Wegovy via son initiative NovoCare. Ce programme propose des réductions allant jusqu’à 50 % pour attirer davantage de patients.
Ces pressions tarifaires affectent directement la marge bénéficiaire de Novo Nordisk et limitent sa capacité à investir dans la recherche et le développement.
Novo Nordisk s’efforce de diversifier son portefeuille avec des médicaments prometteurs comme CagriSema, dont l’approbation réglementaire est prévue en 2026. Cependant, certains essais cliniques récents ont déçu les attentes, ce qui pourrait ralentir cette stratégie.
Malgré la pression actuelle, le potentiel du marché mondial reste énorme grâce à l’augmentation du nombre de patients souffrant d’obésité et de diabète.
Investir ou patienter ?
Novo Nordisk ressemble un peu à un sprinter qui se prépare pour un marathon. Avec ses médicaments vedettes comme Ozempic et Wegovy, elle court vite… mais attention au souffle ! Entre une concurrence acharnée et des défis logistiques, l’entreprise devra maintenir son rythme sans trébucher.
Pour les investisseurs particuliers, Novo Nordisk pourrait être une opportunité intéressante si vous êtes prêt à supporter quelques turbulences. Après tout, qui n’aime pas une bonne dose d’adrénaline sur le marché boursier ?
Attention cependant à ne pas essayer d’attraper un couteau qui tombe. Même si l’analyse technique a ses limites, on ne peut que noter que le RSI hebdomadaire n’est passé sous 20 que deux fois (une fois en 2002 et une fois en 2017) et cela représentait à chaque fois d’excellents points d’entrée.
Certes, la concurrence est présente, mais c’était également le cas ces 20 dernières années. Novo Nordisk a toujours su s’adapter jusqu’à présent et très souvent, les cycles d’innovations sont décalés entre des concurrents, l’un prenant l’avantage pendant quelques années sur l’autre, et vis-versa.
En ce qui me concerne, j’ai commencé à un DCA « aggressif » car le prix peut encore baisser grandement, ne serait-ce qu’en raison du contexte global, mais je veux profiter de cette correction pour me constituer une petite poche d’actions Novo.
Mes propres règles de diversification m’indiquent que je cible 2 à 3 % de mon portefeuille global.
Disclaimer: Le contenu de cet article n’exprime qu’une opinion personnelle et montre, à titre informatif, un exemple d’ analyse d’une entreprise. Ceci ne correspond en aucun cas à un conseil en investissement. Chacun est responsable de ses propres décisions en investissement !
Le Forex est à la mode ces derniers temps. Qui n’en a pas vu une des nombreuses publicités sur internet ou en spam dans sa boîte mail ?
Comme toujours, la publicité vante les qualités de ce produit: facile, peu d’investissement, rendement assuré, voir revenus réguliers et importants !
Tout cela est vrai. Si si ! Je vous l’assure. C’est vrai, pour une infime minorité des personnes ! Le chiffre de 5% de gagnants pour 95% de perdants sur le long terme (période qui intéresse un investisseur particulier) circule depuis longtemps. Récemment, l’évolution de la réglementation américaine des courtiers forex les oblige à publier leurs chiffres. Il apparait des chiffres trimestriels plus proche de 30% de « gagnants » (en comptant ceux qui gagnent 1 cent sur le trimestre et ceux qui vont tout perdre le trimestre suivant!).
Si c’était aussi facile que cela que de gagner, je connais beaucoup de gens qui ne feraient plus que ça tout en s’achetant une nouvelle voiture tous les 6 mois !
Quoiqu’il en soit, ce qui est sûr, c’est que le marché des particuliers se développe pour les courtiers spécialisés Forex ! Il y a d’ailleurs eu récemment une introduction en bourse de la société FXCM (un des plus gros courtiers Forex américain), pour preuve de la vigueur de ce marché.
En tant qu’investisseur particulier, j’apprécie le Forex pour diverses raisons que j’ai déjà évoquées précédemment .
Le problème de ce marché est l’immense effet de levier qu’il procure (pouvant aller jusqu’à 1 pour 500 chez certains courtiers, à comparer avec 1 pour 5 sur le SRD pour les actions !). Cela veut dire qu’avec un levier disons de 1:100, lorsqu’on se trompe de 1%, on perd 100% de son capital. Évidement, l’argument de vente inverse est également valable, à savoir que l’on double (+100%) son capital pour une progression de la valeur d’une monnaie par rapport à une autre de seulement 1%.
On comprend aisément que la tentation est grande d’abuser du levier.
Les courtiers, en offrant des comptes de démonstration, encouragent souvent cette attitude. En effet, rien de plus facile que de « risquer » 5000 ou 100 000 € d’argent virtuel et de se dire « mince alors, j’ai gagné 2000 € en 1 h ! C’est vrai que c’est facile ». Très facile, de… Griller dans le même temps son compte réel ouvert avec des vrais sous qu’on a plus ou moins durement gagné !
Bref, le forex a tout de même un sacré air d’attrape-gogos. Cependant, à conditions de respecter quelques règles élémentaires, il s’agit d’un investissement qui peut s’avérer très intéressant, d’autant plus qu’il peut être « neutre au marché, à savoir être rentable quel que soit le comportement de la Bourse « classique ».
Les règles INCONTOURNABLES pour devenir rentable en spéculant sur le Forex:
– choisir un courtier régulé et sérieux. Ne vous laissez pas appâter par des courtiers miracles venus de paradis fiscaux !
– apprendre le marché et la plate-forme de son courtier pendant au moins quelques mois
– apprendre et comprendre les bases techniques (indicateurs de base, gestion des trades, risques…)
-développer une méthode rigoureuse donnant un signal d’entrée, un signal de sortie et une gestion du risque sérieuse. Cette méthode doit être adaptée à sa psychologie et à son emploi du temps.
– ne pas utiliser de levier et n’investir qu’une petite somme (1 000 € par exemple) pendant au moins un an. TOUT le monde fait des erreurs au début, et autant qu’elles ne coûtent pas grand chose…
– n’utiliser qu’un petit effet de levier (en fonction de sa méthode, mais jamais plus de 5 ou 10 !) une fois qu’on a passé une année à être profitable.
– éviter les périodes de temps courtes (disons sur des graphiques de moins d’une heure, les traders pro sont très avantagés et peuvent « faire sauter les stops » des particuliers assez facilement). Le scalping est une méthode de spécialistes !
Ces conseils DOIVENT être suivis A LA LETTRE si on veut espérer être rentable sur la durée ! Quoi que vous pensiez, vous N’ETES PAS le petit génie du forex qui va faire mieux que les meilleurs traders des banques, même si vous croyez avoir trouvé la méthode miracle qui marche un certain temps (vous avez plus de chance de devenir multi-milionnaire au loto que d’être cette perle rare et ça vous coûtera moins cher de remplir une grille de loterie que d’essayer de prouver que vous avez un don exceptionnel pour le trading !).
Si vous n’arrivez pas à respecter ces règles, vous n’êtes pas fait pour ce marché. Ce n’est pas grave, il n’y a pas de déshonneur à cela, il n’y a rien à prouver, mais investissez autrement ! Mieux vaut gagner moins avec une assurance-vie par exemple que de perdre votre argent avec un marché inadapté à votre psychologie !
Si vous respectez ces règles, je vous GARANTIS que vous allez être rentable et surtout, peu importe dans quel sens va le marché action !
Il existe des livrets A proposés sous d’autres appellations: par exemple Livret Bleu au Crédit Mutuel, mais la réglementation est la même pour ces produits.
Dans tous les cas, on ne peut avoir qu’un seul livret A à la fois (y compris ses variantes plus intéressantes, mais réservées certaines populations: livret jeune et livre d’épargne populaire).
Il est la référence des autres placements. Par exemple, le Livret Epargne Populaire (dont le taux est celui du livret A + 0.5%), est un livret A amélioré, mais réservé aux personnes ayant peu de revenus.
Le taux de rémunération du livret A est sensé suivre l’inflation et le taux Euribor (qui est le taux auquel les banques se prêtent mutuellement de l’argent).
Il est considéré comme un placement sans risque, et en conséquence, offre donc une très faible rémunération.
S’il est toujours utile à un particulier d’avoir un livret A, il sert sans doute davantage à constituer une réserve d’argent de précaution qu’à placer son argent en tant qu’investisseur.
En tant qu’investisseur particulier, il est sans doute sage de disposer de l’équivalent de 6 mois de revenus sur son livret A, mais il y a certainement mieux à faire pour rentabiliser ses placements !
Le LDD (livret de développement durable):
Version moderne du CODEVI, il a les mêmes caractéristiques que les livrets A, notamment sa défiscalisation, si ce n’est un dépôt maximal plus faible (6 000 €).
On peut cumuler un livret A et un LDD.
L’investisseur particulier peut utiliser le LDD comme réserve d’argent pour réguler les fluctuations de son compte courant, pour faire face à une dépense exceptionnelle (machine à laver qui tombe en panne ou réparations automobile d’urgence par exemple).
On peut aussi l’affecter à un projet précis (achat futur d’une nouvelle voiture, vacances lointaines, travaux d’aménagement…).
Cependant, tout comme le livret A, il n’a pas de réel intérêt pour un investisseur.
Le Plan Epargne Logement (PEL):
Les PEL permettent d’épargner en vue de constituer un apport de base pour obtenir un prêt immobilier à un taux « avantageux » (4,20 % hors assurance).
En période de taux d’intérêt bas, comme en ce moment, ils n’ont pratiquement aucun intérêt si ce n’est de bloquer l’épargne pour éviter d’être tenté de l’utiliser pour autre chose.
De plus, leur rémunération est très basse (2,50% ou 3,50% avec une prime d’Etat de 1% au bout de 4 ans à condition de faire un prêt).
Il y a également d’autres contraintes: sommes versées bloquées à moins de résilier le PEL en perdant tous ses avantages, durée minimale d’épargne de 4 ans, versement minimal de 540 € par an, versements limités à 10 ans et à un maximum de 61 200 €, soumis à cotisations sociales…
Bref, pour l’investisseur particulier, les PEL ne constituent pas un placement très intéressant. Il vaut mieux utiliser d’autres produits offrants une meilleures rentabilité, d’autant plus que sa durée d’au moins 4 ans permet une certaine marge pour des produits boursiers par exemple, puis négocier un prêt à un taux pouvant être plus intéressant.
Le Compte Epargne Logement (CEL):
Il s’agit d’un produit semblable au PEL, avec quelques différences:
– versement ou retrait d’au moins 75 €, mais pas de minimum annuel
– dépôts limités à 15 300 €
– rémunération de 1,25 % (2/3 du livret A arrondi au quart de point le plus proche)
– crédit au taux du CEL + 1,50 %, à un maximum de 23 000 €
– soumis aux cotisations sociales
– durée minimum de détention pour obtenir un crédit : 18 mois, pas de durée maximale de détention.
A part en période de taux d’intérêts élevés, le CEL n’a pas plus d’intérêt pour l’investisseur particulier que le PEL, même s’il est un peu plus souple (versements non bloqués).
Il y a mieux à faire avec son argent !
En conclusion, les livrets réglementés les plus flexibles et exonérés d’impôts (livret A et LDD) sont intéressants comme épargne de précaution, mais certainement pas comme placement.
Les « Superlivrets »:
Ils sont proposés notamment par les banques en ligne et misent sur un rendement brut attractif.
Ils ont un plafond très élevé (jusqu’à plusieurs millions d’euros, en fonction des banques) et sont extrêmement faciles (et gratuits) à ouvrir, utiliser et clôturer.
Malheureusement, ils sont soumis à imposition ce qui fait qu’ils offrent presque toujours un rendement net proche voir légèrement inférieur au livret A, sauf en période de promotion (où les taux peuvent atteindre 5% bruts).
Certaines personnes s’amusent à faire la chasse aux offres promotionnelles, en ouvrant des super livrets un peu partout et en transférant ses avoirs vers la meilleure offre du moment. Si effectivement, il s’agit d’un moyen sans risque de faire fructifier son capital, le temps passé à faire ces transferts n’est pas du tout rentable. En effet, vous gagnerez tout au plus quelques dizaines d’euros, même avec une grosse somme.
Dans tous les cas, le rendement net, après impôts, reste très faible et à moins de disposer de sommes énormes de plusieurs centaines de milliers d’euros dont on ne sait que faire et qu’on veut garder pour un projet proche (achat immobilier par exemple), ils ne présentent que peu d’intérêt pour l’investisseur particulier, si ce n’est de « compartimenter » son budget en appliquant le principe des enveloppes à des comptes bancaires.
L’épargne, pour quoi faire ?
En conclusion générale, nous avons vu que les livrets d’épargne n’ont d’intérêt que pour deux choses : constituer une épargne de précaution ou en prévision d’un achat exceptionnel.
Ceci dit, ne pensez-vous pas que ces deux objectifs sont la clé de voûte de tout investisseur sérieux ? Comment peut-on espérer faire des placements rentables sans, au minimum, s’assurer d’une marge de manœuvre suffisante pour faire face aux petits imprévus du quotidien ?
Le Forex (Foreign Exchange) est le plus gros marché mondial en volume (4000 milliards de dollars par jour en 2010 !). Il s’agit d’un marché de gré à gré, c’est à dire non centralisé autour d’une bourse. Les banques s’échangent directement les devises.
Ce marché est en pleine expansion (augmentation du volume de 20% depuis 2007, selon le dernier rapport de la Banque de Règlement Internationale d’avril 2010) et s’adresse de plus en plus aux particuliers.
De manière simplifiée, on peut considérer que l’échange de devises à travers le monde est dû:
– aux échanges interbancaires (env.43%)
– aux échanges entre des organismes financiers et les banques (40%). Il peut s’agir de spéculations et d’opérations de couverture (par exemple, un fond situé en europe achetant des actions américaines en dollars qui veut se protéger contre les variations du dollar face à l’euro).
– entre des entreprises non-financières et les banques (17%). Il s’agit par exemple d’un contrat payé en dollars par une entreprise française qui va donc vouloir des euros en échange.
Vous avez peut-être reçu dans votre boîte mail des publicités vantant les gains incroyables que vous pourriez faire avec le Forex.
Cela parait si facile. « Gagnez 1000 € en deux heures », « arrêtez de travailler grâce au forex », etc. Personnellement, quand quelqu’un vient me dire qu’il suffit de se pencher pour ramasser des sous, j’ai plutôt tendance à me méfier de ses intentions envers moi quand je me baisse !
Pour un investisseur particulier, le Forex présente néanmoins de réels avantages:
– transactions possibles 24H/24, 5 jours/7. En effet, du lever du soleil sur Tokyo au coucher à New-York, il y a toujours des banques quelques part pour coter les devises. Cela signifie que quels que soient ses disponibilités personnelles, on peut négocier régulièrement sur le Forex (attention, nous verrons dans un prochain article que cette liberté ne signifie pas que l’on peut faire des bénéfices en achetant et en vendant des devises n’importe comment à n’importe quelle heure.
– peu de frais de négoce. Pour négocier 10 000 € par exemple, les frais sont de l’ordre d’1 ou 2 € selon les courtiers.
– possibilité d’apprentissage peu couteuses (si on respecte bien sûr une bonne gestion des risques !) car il est possible de négocier en micro-lots (1 000 €) chez certains courtiers. Ce qui signifie que sur une transaction partant mal, on ne risque tout au plus que quelques dizaines d’euros (et encore, ceci en s’autorisant une grande marge de manœuvre avant de clôturer à perte une transaction).
– volatilité peu élevée. Une devise ne va pas dégringoler du jour au lendemain (enfin, même si elle le fait, cette dégringolade ne sera que de quelques pour cents en une journée) , même avec une bonne raison, contrairement aux actions par exemple. Attention cependant, le Forex a la mauvaise réputation d’être très volatile, mais ceci est surtout dû à la possibilité d’utiliser un très fort effet de levier, ce qui est bien sûr une grande source de risque ! Cependant, on n’est pas obligé, et je vous déconseille fortement de le faire !
– argent placé disponible assez facilement. A moins d’utiliser des stratégies à long terme, d’utiliser un effet de levier trop important ou de ne pas savoir couper ses pertes à temps (ce qui est malheureusement beaucoup plus fréquent que l’on veut bien l’admettre !), on peut retirer ses avoirs beaucoup plus rapidement que pour les actions. En effet, votre compte forex est constitué d’une devise de référence (l’euro par exemple), que vous pouvez donc retirer très facilement (si vous avez un courtier sérieux évidemment), contrairement aux produits boursiers tels que des actions. Dans ce dernier cas, vous hésitez à vendre vos actions pour en retirer des liquidités, car soit vous êtes en perte actuellement, soit vous vous dites que si vous vendiez maintenant, vous allez rater une plus-value future. Bref, l’argent est donc « bloqué » chez votre courtier.
– protection de vos liquidités. A condition de choisir un courtier régulé et sérieux, qui offre les mêmes garantis pour vos fonds qu’une banque (il existe d’ailleurs des banques qui permettent des opérations sur le forex) et qui ne va pas vous exposer au risque de s’enfuir avec vos sous, vous pouvez vous couvrir en cas de gros problème. Imaginons un éclatement de la zone euro (ce n’est qu’un exemple de situation extrême), et bien vous pouvez tout simplement vendre une quantité équivalente à vos avoirs en euros sur le forex en échange d’une ou plusieurs devises « plus sûres » (francs suisses, couronnes norvégiennes, dollars américains ou canadiens par exemple). Comme ça, même si l’euro, dans cet exemple, dégringole et perd par exemple 50% de sa valeur, vous gagnerez une somme équivalente. En conclusion, vous aurez gagné beaucoup d’euros, mais ils vaudront moins qu’avant. Pour vous cela ne changera rien par rapport à votre « richesse » totale cependant.
– complémentarité avec les actions. Vous pouvez utiliser le forex comme les grandes sociétés d’investissement, à savoir pour vous couvrir contre des variations de devises. Par exemple, vous venez d’acheter une petite société de biotechnologies américaine prometteuse, en dollars donc. Vous voulez êtes sûr que vos gains correspondent bien à la valeur de la société et ne soient pas mangés par une baisse du dollar contre les euros qui vous ont permis d’acheter ces actions. Il vous suffit d’acheter une quantité équivalente de dollars en vendant des euros (ou des francs suisses ou canadiens par exemple !).
Ces raisons font que le Forex constitue un bon placement pour un investisseur particulier (à condition de bien comprendre qu’il ne s’agit pas d’une loterie, mais d’un placement sérieux qui demande une certaine connaissance et un courtier de qualité).
La Bourse, pour Mr.Toutlemonde, c’est là où sont côtés les actions des entreprises du CAC40.
A vrai dire, depuis les premiers titres échangeables (à Toulouse en 1250, les « Uchaux » divisées en 96 parts dont le prix variait), jusqu’aux fameux CDS (Credit Default Swaps) à l’origine de la dernière crise de 2008, les financiers n’ont cessé de créer de nouveaux produits plus ou moins échangeables, plus ou moins virtuels. Il est donc normal que Mr.Toutlemonde s’y perde un peu.
Il existe donc une multitude de produits financiers, plus ou moins régulés, plus ou moins complexes. N’oublions jamais que les banques vendent ces produits, et on comprend bien que tout bon vendeur se doit de proposer régulièrement à sa clientèle de nouveaux produits « meilleurs », « plus adaptés », « plus performants »…
Pour ne citer que les plus connus:
– les actions « classiques », cotées sur les différentes bourses à travers le monde. Elles représentent une part du capital d’une entreprise, ce qui revient à dire qu’en les achetant, on en devient partiellement propriétaire. Si l’entreprise prospère, sa valeur augmente, donc ses actions aussi (ça c’est la théorie, car les actions peuvent fluctuer à cause de la spéculation).
– les obligations, négociables en bourse. Elles sont des emprunts contractés par des Etats ou des entreprises. En échange de cette avance d’argent, elles paient régulièrement des intérêts pendant une durée fixée à l’avance (quelques années en général).
– les warrants. Il s’agit de produits dont la valeur dépend d’un sous-jacent (par exemple, une action ou un indice boursier comme le CAC40, ou encore une matière première comme le pétrole). Ils ont une échéance fixée à l’avance et possède un effet de levier important. Autrement dit, on peut perdre beaucoup, mais aussi gagner beaucoup et très rapidement. Ils donnent le droit d’acheter ou de vendre à un prix déterminé à l’avance, à la date d’échéance. Plus on s’approche cette date, et plus les warrants perdent de la valeur puisque leur sous-jacent a de moins en moins de chance d’atteindre la valeur espérée. Enfin, ils sont émis par des banques.
– les certificats. Ce sont des produits semblables aux warrants, à savoir des valeurs mobilières cotées en continu. Il en existe plusieurs types et permettent de jouer un scénario boursier particulier: hausse ou baisse du sous-jacent (certificats bull ou bear), hausse ou baisse modérée (certificats cappé ou flooré), stabilité (certificats discount). Ils sont également émis par des banques.
– les turbos. Ce sont des produits à fort effet de levier, cotées en continu, ayant ou non une échéance (appelée ici date de maturité). Ils sont désactivés (et perdent donc toute leur valeur) lorsque leur sous-jacent atteint un certain seuil. Ils sont aussi émis par des banques.
– les options. Ce sont des contrats permettant d’acheter ou de vendre un produit à une date définie à l’avance et à un prix fixé, en échange du paiement d’une prime. Remarquez que l’acheteur a le droit d’acheter, alors que le vendeur est obligé de vendre, en échange de la prime qu’il a reçu de l’acheteur. Les options sont cotées sur le marché, et peuvent donc être achetées ou vendues à tout moment, bien que leurs valeurs décroit à l’approche de l’échéance.
– trackers (appelés également les Exchange Traded Fund ou ETF): ils sont cotés en continu, tout comme les actions. Leur rôle est de répliquer le plus fidèlement possible un panier d’actions ou un indice. Par exemple, on peut acheter un tracker CAC40.
– lesOPCVM (Organismes de placement collectif en valeurs mobilières), formés par les SICAV (sociétés d’investissement à capital variable) et FCP (fonds communs de placement). La différence entre les deux est d’ordre juridique et ne change rien pour les particuliers. Ce sont des porte-feuilles composées d’autres produits boursiers (en général des actions, mais ils peuvent contenir des warrants,des trackers, des ETF…). En les achetant, on devient donc propriétaire d’une partie de ce porte-feuille. On peut les acheter (ou les revendre) à leur valeur liquidative, fixée quotidiennement (obligatoire pour les gros OPCVM à partir d’un certain seuil) ou à une autre fréquence plus longue. Ils sont gérés par un organisme (banque, société de gestion financière…) qui se rémunère avec des frais (de gestion, mais souvent aussi d’entrée et de sortie).
Cette liste n’est pas exhaustives, mais comprend les produits les plus courants, accessibles aux particuliers.
Personnellement, j’évite tous les produits complexes, dont le marché est tenu par des spécialistes et qui sont des créations des banques.
Je pense d’ailleurs que les problèmes actuels de crises à répétitions sont en partie dues à la multiplication de ces produits. L’idée qu’une entreprise qui prend de la valeur attire de nouveaux investisseurs, ce qui fait prendre encore plus de valeur à cette entreprise, est un concept simple à comprendre. Quand l’entreprise fait des erreurs ou perd de l’argent, et bien, la valeur de ses actions baisse, jusqu’à ce que de nouveaux investisseurs considèrent qu’elle « vaut son prix » et rachètent des actions. Ce qui fait regrimper sa valeur, etc.
Le fait que l’argent des investisseurs se dispersent entre une foule de produits n’est pas sain pour l’économie, car cela détourne cet argent de son but initial: permettre aux « bonnes » entreprises de se développer plus rapidement.
Pour en revenir aux investisseurs particuliers que nous sommes, il me semble que les seuls produits intéressants pour des particuliers doivent répondre aux critères suivants:
– être facilement négociables
– ne pasdemander des calculs trop complexes pour déterminer leur valeur actuelle et future
– avoir des frais raisonnables pour des petits ordres
Les seuls produits qui correspondent à ces critères sont:
– les actions, dont la valeur reste relativement simple et logique à déterminer (si l’action TOTAL, par exemple, vaut 40 € et bien, à moins d’un grave événement, elle ne vaudra ni 1 € dans 2 jours ni 400 € dans deux mois !)
– les trackers/ETF, qui sont finalement un ensemble d’actions et qui permettent de s’exposer directement aux matières premières.
– les OPCVM, qui permettent de se diversifier, notamment en achetant parts d’obligations (généralement trop chères à l’achat direct par des particuliers) ou des actions sur des marchés étrangers ayant trop de frais d’achat (essayez par exemple d’acheter directement pour 1000 € d’actions indiennes !)
Bien sur, il existe sans doute des particuliers qui gagnent avec des options ou des turbos, mais ne pensez-vous pas que les produits les plus simples sont déjà assez compliqués à utiliser, que « battre » le marché est déjà presque impossible pour la plupart des gens, et qu’il n’est donc pas nécessaire de se compliquer la vie davantage avec des produits financiers complexes ?
Il ne faut jamais perdre de vue que l’investisseur particulier se retrouve en concurrence avec les professionnels du monde entier et qu’il va donc lui falloir les battre de temps à autre à leur propre jeu. Alors, mieux rester le plus simple possible, non ?
Une banque est une entreprise dont l’activité consiste à vendre (ou louer) de l’argent. On peut y placer des capitaux qui seront placés sur des comptes plus ou moins risqués (compte titres, d’épargne…). Elle peut aussi prêter (ou plutôt louer) de l’argent en échange d’intérêts et de diverses commissions et frais.
On peut distinguer deux grands types de banques (que l’on pourrait encore subdiviser en catégories plus précises):
– les banques de détails, dont le but premier est de récupérer les économies de Mme Michu et de prêter cet argent, contre rétribution, à M.Michel.
– les banques d’investissement, dont le but est surtout de spéculer avec l’argent de ses clients et à proposer des produits « risqués » à plus fort rendement pour ces derniers.
Les banques sont soumises à une législation d’exercice et de contrôle. Elles assurent pour l’État la traçabilité des opérations financières (et donc à faciliter les contrôles fiscaux) et contribuent à la lutte contre les trafics.
Sans rentrer dans les détails, on voit tout de suite que le but premier d’une banque est de se faire de l’argent. Logique, car elle agit en ce sens comme n’importe quelle entreprise. Même votre pizzéria favorite existe surtout pour faire rentrer de l’argent dans ses caisses. Il ne s’agit donc pas de faire une analyse simpliste en disant que les banques ne sont qu’un ramassis de voleurs qui cherchent à glorifier le capitalisme. Bien sûr, avec les dernières crises financières, on a l’impression que c’est en partie vrai. D’ailleurs, ça doit certainement l’être en y pensant bien. Je vous conseille à ce propos de voir l’excellent vidéo de l’Argent dette de Paul Grignon (on peut ne pas être d’accord avec le parti pris évident de l’auteur contre les banques, mais toujours est-il qu’il explique plutôt bien leur principe général de fonctionnement).
Les banques sont placées entre deux activités contradictoires:
– conseiller leurs clients, en tant que professionnels des placements
– vendre leurs produits
On voit tout de suite qu’il peut y avoir conflit d’intérêt. C’est un peu comme si vous comptiez sur un vendeur de voiture sur le meilleur choix du modèle à acheter. Il ne pourra pas s’empêcher de penser aux consignes de vente qu’on lui a donné et à la marge qu’il va se faire. Ensuite seulement, il essaiera de vous conseiller au mieux pour vos intérêts. Inutile de vous dire que vous avez donc tout intérêt à vous renseigner ailleurs et d’aller chez ce vendeur que pour négocier au mieux la voiture que vous avez déjà choisi (en passant, c’est une méthodologie que je vous conseille d’appliquer pour n’importe quel achat, même une cafetière !)
D’autre part, les conseillers en clientèle des banques ne sont très généralement pas formés aux produits de la finance, mais à leur vente. Tout au plus, ils connaissent à peu près les prospectus de leurs propres produits. Essayez par exemple de parler de forex avec votre conseiller. Au « mieux », il vous dira que c’est un produit très risqué et qu’il ne vaut mieux pas y toucher, contrairement à la SICAV « sérénité/sécurité/rendement » justement proposé par son réseau bancaire ! Il n’a pas forcément tord,et effectivement cette SICAV peut s’avérer rentable, mais surtout pour son gestionnaire !
Est-ce que vous confieriez 10 000 € à votre concessionnaire auto en lui disant « qu’est-ce que vous me conseillez comme voiture ? » J’imagine (et j’espère!) que non. Pourquoi en serait-il autrement avec votre banque ?
Bienvenue sur le site de l’Investisseur (très) Particulier !
Ce site a pour vocation de partager mes expériences sur l’investissement à long terme, ou à court terme (également appelé « trading »), mais aussi de garder un œil critique sur l’actualité économique et social telle que les médias veulent bien nous la transmettre.
Et autant le signaler tout de suite, si j’ai acquis une certaine connaissance sur l’investissement, cela n’est pas encore le cas avec l’art du blogging. Je ne suis ni informaticien ni désireux de le devenir. Il se peut donc, qu’au moins dans un premier temps, des erreurs d’affichages et autres petits problèmes techniques persistent…
Bonne lecture, et n’hésitez pas à vous inscrire et à participer.
Arnaques / scam . Mise à jour d'une page qui a 15 ans, et rien n'a changé (ou en pire !) Réfléchissez, renseignez vous et apprenez pour éviter les pièges #scam
Livret A : le plafond pourrait passer de 22 950 à 30 000 €. Officiellement pour financer la transition écologique, mais en réalité le plafond n'a jamais suivi l'inflation depuis 2013 (+20 % selon l'INSEE). À prix constants,il devrait déjà être à 27 600 € https://share.google/xafZAzd0vq49ebEMN
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