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S’adapter aux conditions de marché ou comment investir en cas de crise

Les « meilleurs traders du monde » (ou du moins ceux qui sont reconnus comme tel, avec des salaires en conséquence) peinent en ce moment.

https://www.bloomberg.com/news/articles/2020-04-16/hedge-fund-hotshots-suffer-humbling-losses-in-coronavirus-chaos

Donc que peut faire un particulier ?

Se lancer dans l’investissement et le trading ? Parce que forcément, il va s’en sortir mieux ?

https://www.latribune.fr/bourse/bourse-en-pleine-crise-le-courtage-en-ligne-bat-des-records-historiques-844172.html

Oui. Il faut se lancer. Le plus tôt est le mieux. Mais pas n’importe comment.

On apprend mieux pendant les crises. Moi même, j’ai commencé à trader sérieusement pile en 2008/2009 et j’ai donc très rapidement compris ce que le mot volatilité signifiait vraiment. J’ai eu la chance d’avoir déjà une certaine prudence et mes pertes étaient très limitées.

Sans une stratégie dûment réfléchie et testée, on court à la catastrophe. Au mieux, en suivant une méthode cohérente comme pratiquer un investissement progressif et diversifié par exemple, on peut s’en sortir sur le moyen/long terme. Mais cela demande d’être capable de suivre une stratégie réellement et régulièrement. Et ça, croyez-moi, ce n’est pas une capacité donnée à tout le monde.

Je ne suis pas un investisseur particulier, je suis un investisseur très particulier. J’entends par là que je suis un passionné du fonctionnement des marchés et de l’économie en général et que j’ai de l’expérience (une vingtaine d’années dont environ douze de manière réellement active). D’autre part, par mes différentes activités professionnelles et autres, j’ai acquis un certain nombre de connaissances utiles, à commencer par la connaissance de soi, qui me semble être le point fondamental pour réussir durablement en Bourse & co.

La volatilité est élevée en ce moment…

Que fais-je en ce moment ?

Depuis début février/mars, j’ai complètement arrêté d’investir en Bourse. J’étais déjà fortement exposé en BX4 (trackers short du CAC40). J’ai réduit la voilure sur mon portefeuille actions, en vendant une part de mes positions en bénéfice et j’ai commencé à augmenter mon compte de trading.

Actuellement, je ne pratique plus que du day trading tant la volatilité est grande et l’incertitude de la reprise énorme.

Je vois beaucoup trop de signaux contradictoire pour penser réellement que les plus bas ont été atteints. Certes, la Fed et les autres banques centrales mettent le paquet à un degré inédit et cela pourrait suffire. Ou pas. Les dégâts économiques sont énormes (et pas encore quantifiés) et les cours de Bourse, qui rappelons le, ont grimpé en flèche depuis une dizaine d’années, me semblent surévalués.

Notez que je n’ai toujours pas de boule de cristal et donc ce n’est qu’une opinion.

De toute façon, entre le confinement et la volatilité, nous sommes clairement dans un marché de traders.

Cela tombe bien car j’ai à la fois du temps et les compétences pour cela. Si je n’ai pas choisi de passer ma vie au day trading, c’est parce que j’apprécie aussi de faire autre chose que de rester des heures devant des graphiques. L’autre raison, c’est que pour en vivre correctement, il faudrait que je modifie tellement mes habitudes de vie que cela ne m’a pas encore tenté suffisamment. On oublie souvent la tension psychologique qui accompagne des « gros » comptes. Quand on voit les centaines et milliers d’euros défiler en gain ou en perte en quelques minutes, il faut avoir le cœur bien accroché.

C’est pour cela que je préfère la Bourse classique, avec du swing trading sur plusieurs semaines ou mois, parfois même quelques années, le tout couplé avec un investissement progressif et diversifié. C’est beaucoup moins chronophage et plus reposant psychologiquement. De plus, l’expérience m’a prouvé que je ne pouvais être réellement rentable que lorsque j’étais bien dans ma tête et donc dans ma vie. Ce qui est le cas actuellement, mais ce qui ne l’a pas toujours été (comme tout le monde me direz vous).

J’ai cependant toujours gardé un côté trader qui est sans doute un mélange inhabituel entre des styles d’investissement diamétralement opposés. Mais j’ai toujours eu un fonctionnement polyvalent dans tous les domaines, donc… A chacun sa psychologie !

Si je vous explique cela, ce n’est pas pour vous conseiller de vous mettre au trading. Cette activité est un grand piège pour les particuliers. Il n’y a qu’à voir les statistiques des brokers pour s’en rendre compte… En moyenne, plus de 70% des clients sont perdants… Et encore, parmi ceux-là, combien gagnent réellement une somme significative ? Logique, il faut bien que les (quelques) gagnants récupèrent leur argent quelque part…

C’est d’autant plus un piège si on s’y met en ce moment, parce qu’on a le temps… Faire du day trading sans expérience, en confinement, je ne parle même pas du cas où on doit gérer compagne(on) et enfants, est une garantie d’échec. Un échec qui peut être certes constructif et formateur, mais un échec tout de même. Si vous voulez vous y mettre, alors faites le d’abord avec un micro-compte de quelques centaines d’euros. Vous verrez bien si vous arrivez à terminer le mois avec +10% de gains. Si oui, rajoutez un dixième de votre salaire et refaites le tant que vous terminez avec +10% mensuels. Vous verrez qu’au bout de l’année, vous aurez perdu votre argent, mais gagné de l’expérience.

Je ne vais pas renommer mon site en « le trader (très) particulier », même si c’est le cas en ce moment, mais je voulais simplement vous dire que nous sommes actuellement dans un marché de court terme. Le reste, c’est un pari risqué (à moins de voir les choses à très long terme, mais il y a sans doute un meilleur point d’entrée).

Je vous rappelle que je ne donne ici aucun conseil en investissement et que je me contente de vous faire réfléchir avec des exemples pédagogiques.

Soyez prudents !

PS: Je teste à la fois une stratégie de day trading (Forex & CFDs) et Telegram, qui me semble être un réseau social intéressant. Vous pouvez me suivre ici depuis quelques jours:

https://t.me/journaldetrading_investissement

C’est un canal publique, où je poste en temps réel (enfin, le temps d’écrire les trades que je viens d’effectuer) toutes mes activités liées à une stratégie en test final, qui a été justement pensé pour ce genre de situations.

Je me sert surtout de ce canal Telegram comme d’un journal de trading plus simple et facile à utiliser que mon habituel tableau Excel (que je n’abandonne pas pour autant, mais je fais des copier/coller du fil Telegram). Mais c’est plus intéressant d’avoir du public. N’hésitez d’ailleurs pas à faire des remarques ou poser des questions ici en commentaires. Je sais que j’ai mis de côté ce blog depuis trop longtemps, et même s’il est encore très suivie si j’en crois les statistiques de consultations, j’aimerai le redynamiser quelque peu.

« Be Water My Friend… »… Tout est dit.

« Cette fois, c’est différent » – Crise du Coronavirus & Investissement

https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6

Je viens de me rendre compte que j’ai mis de côté ce blog pendant très longtemps. Le dernier article date de fin 2018 !

Et nous voilà en pleine pandémie mondiale de Covid-19 !

J’aurais préféré un autre prétexte pour mettre à jour ce site, mais ainsi va la vie: on doit s’adapter.

1. L’aspect pandémique

Je ne suis ni médecin ni spécialiste, même si j’ai de bonnes connaissances en microbiologie, je me garderai bien de donner un avis, alors que visiblement les spécialistes se contredisent partout dans le monde. La seule chose qui me semble sensée en ce moment, c’est de respecter au mieux le confinement, de limiter au maximum les contacts, de respecter les règles d’hygiène et de se consacrer sur l’essentiel. Laissons faire la science en espérant que les politiques ne fassent pas trop n’importe quoi.

[MISE A JOUR AU 25/03/2020: Je vous conseille vivement cette synthèse, qui me semble très sérieuse et objective :

  Synthèse sur le Coronavirus (4,5 MiB, 382 hits)

(source: www.Quoidansmonassiette.fr – Thibault Fiolet )

En passant, je vous conseille vivement de regarder le film « Contagion » (2011) qui explique très bien ce qui se passe (avec évidemment un aspect plus catastrophiste, Hollywood oblige !).

Non, ce n’est pas la fin du monde. Peut-être la fin d’un monde trop globalisé, à flux tendu sans réels stocks, avec des politiques qui ne raisonnent qu’en terme de rentabilité et de coûts, peu soucieux du respect de la Nature, qui prône l’invulnérabilité de l’Occident, etc.

Quoiqu’il en soit, retenons plusieurs points importants:

  • ne pas prévoir entraîne des difficultés supplémentaires en cas de besoin immédiat
  • la discipline doit parfois être imposée, surtout à des populations qui ont oublié en grande partie la définition de ce terme
  • le cycle de la Nature veut que les plus faibles et les plus vieux meurent en premier
  • la médecine n’est pas une science exacte et les médecins ne sont pas omniscients
  • l’épidémie actuelle peut tuer une certaine proportion (très faible) de la population mondiale
  • l’épidémie peut devenir une endémie et revenir dans les années qui viennent, tout comme d’autres… Cela se fait depuis la préhistoire et les fléaux ont toujours affligé l’humanité.
  • tout cela reste « normal », même si en Occident, nous avons oublié que tout repose sur un équilibre précaire.

Autrement dit: non, ce n’est pas la fin du monde à cause d’un virus tueur.

2. L’aspect économique et boursier

Une pandémie mondiale n’est pas bonne pour le PIB planétaire, c’est certain.

Je ne suis ni économiste ni intéressé par faire des calculs et des extrapolations et je me contente de dégager des grandes hypothèses argumentées par des chiffres et des courbes exponentielles.

a) l’épidémie est enrayée « rapidement » (en 6-12 mois : médicaments, confinements enfin efficaces après quelques mois de galère…) et ne revient plus ou alors avec des cas sporadiques rapidement identifiés et isolés

Dans cette situation, la Bourse va remonter, probablement en flèche, mais quoiqu’il en soit, dans cette hypothèse toute action achetée avec un CAC entre 2500-3500 points finira par être une bonne affaire, et pour peu qu’on se diversifie un peu, il y a de quoi à pouvoir garder un porte-feuille très longtemps avec un excellent rendement…

Certes, les économies auront soufferts, les dettes explosées un peu plus, mais comme cela touche plus ou moins tout le monde de manière semblable, cela ne devrait pas trop être pénalisant sur le long terme.

Avant les crises environnementales (qui seront peut être repoussées avec une prise de conscience des peuples, mais je suis sans doute trop optimiste sur ce point). En attendant, business as usual.

b) L’épidémie est enrayée, mais avec des difficultés majeures en une ou plusieurs années (traitements peu efficaces, vagues saisonnières, vaccin qui peine à être trouvé en moins de deux ans, mortalités très élevées (rappel: 5% de 10 millions d’habitants, cela fait tout de même 500 000 morts) dans plusieurs pays majeurs car les systèmes de santé ont été dépassés pendant les pics épidémiques).

D’une part, la chute actuelle n’en sera qu’au mieux à la moitié et le CAC devrait logiquement se retrouver sous 3000, voir 2500 et qui sait ce qui peut se passer en cas de vraie panique – exagérée certes, mais imaginez l’effet psychologique si une personne sur 10 ou même sur 20 décédait en France et/ou aux USA par exemple ?

Il est fort à parier que dans cette situation, les économies mondiales vont souffrir énormément. Des faillites auront lieu en masse et la fin du monde s’approchera. Comme en 2009 par exemple, mais avec une autre cause. Mais… 5/10 % de la planète en moins, cela devrait plutôt être une bonne nouvelle sur le moyen/long terme. D’un point de vue purement rationnel, bien qu’avec une touche de cynisme, la disparition massive de personnes âgées/malades va soulager des systèmes sociaux déjà saturés. La pollution va diminuer bien davantage qu’avec des réunions du G20 ou des politiques « vertes ».

Nous devrions donc survivre, avec en conséquence un CAC qui finira par remonter, bien que péniblement, probablement avec des à coups, après avoir touchés des abysses.

Dans ce cas, tout dépend de l’ampleur de la chute. Si vous achetez sur un CAC entre 3500 et 4000 (donc maintenant), cela peut prendre des années avant d’y retourner, mais avec des actions diversifiées et solides, vous devriez vous en sortir gagnant à long terme. Evidemment, si vous vous lancez vers 3000, 2500 ou même moins, cela sera d’autant plus rapide et sécurisant…

c) L’épidémie devient une endémie à répétions avec des mutations complexes du virus et d’autres troubles éclatent en raison de la situation catastrophique de certains pays (guerres de territoires stratégiques, guerres commerciales, cyberattaques mondiales…)

Le monde entrera dans un âge (vraiment) sombre. Notre structure économique peut s’écrouler et ne plus se relever avant longtemps.

Le CAC pourra descendre très très bas et des niveaux de 4000 points peuvent ne plus être atteints avant très longtemps, ou à des échéances trop lointaines pour un investisseur.

En fonction du niveau d’achat, vos investissements seront dans le rouge très longtemps, sans parler qu’un bon nombre, y compris parmi des sociétés solides, feront faillite et afficheront un -100% dans votre portefeuille.

Vous aurez sans doute d’autres problèmes prioritaires que la Bourse (les Etats peuvent devenir totalitaires, spoliations pour la défense de la Nation, etc). Mais dans le cas le moins grave, vous serez content d’avoir quelques actions qui dateront de « la Grande CoronaCrise ».

d) Même chose, mais les Chinois attaquent les Russes qui attaquent l’Europe qui attaquent les USA qui attaquent… Bref, c’est la fin du monde. Quelle qu’en soit la cause exacte, on ne se relèvera pas et… Cette fois, c’était vraiment différent.

Pas de chance. Espérons que les Pangolins mutants irradiés du futur bâtiront un monde meilleur.

Je ne considère pas cette dernière hypothèse, car mon site et internet aura de toute façon disparu.

e) Quelque chose d’imprévu se passe

Le virus mute en augmentant son danger, mais avec une répartition géographique inégale, des petites guerres locales éclatent, certains pays importants souffrent plus que d’autres qui s’en sortent plus ou moins, un médicament est trouvé, mais on se rend compte dans quelques années qu’il y avait des effets secondaires majeurs, etc.

Le CAC va faire du yo-yo et la situation va être comme en b) ou c) mais avec des conséquences globales « modérées ».

3. Que peut faire l’investisseur particulier ?

Tout d’abord, il me semble que l’on doive prendre en compte les 3 hypothèses a,b ou c énoncées plus haut, en espérant éviter la d et on se disant que la e peut venir mettre du chaos dans nos jolis plans…

Personnellement, je pense que nous serons quelque part entre a et b, et plus proche du b que a. Mais je n’exclu pas c et e…

Les vrais problèmes n’ont pas encore commencé aux USA ni chez les leaders européens… Même s’ils vont être maîtrisés, la psychologie des foules va faire plonger les cours, banques centrales ou pas…

En ce qui me concerne, j’ai adopté la stratégie suivante:

  • Depuis le printemps 2019, j’ai fortement ralenti l’acquisition/renforcement de nouvelles actions à long terme: seulement du swing trading sur quelques semaines/mois.
  • en janvier/ février, j’ai vendu une partie de mes actions qui étaient en bénéfices, car j’estimais qu’un point haut avait été atteint, indépendamment du coronavirus. Courant février, j’ai considéré la possibilité d’une panique irraisonnée à cause de l’épidémie, comme un prétexte pour revenir à des valorisations plus raisonnables des actions américaines notamment. Je ne pensais personnellement pas à la possibilité d’une pandémie !
  • début mars, j’ai vendu d’autres actions sur des stop loss sur les prix d’entrée, tant pis pour la plus-valu ratée, ainsi que certaines que je comptais garder (Sanofi par exemple) mais qui étaient toujours en bénéfice important (j’avais un PRU de 66 dans cet exemple), car je sentais venir la chute: le Cygne Noir était bien là.
  • grosse position BX4 de 20% de mon portefeuille, malheureusement commencée trop tôt (en 2019). Mon plan est de l’alléger de 30% avec un CAC à 4000 (ce qui est déjà fait donc), 20% à 3500, 20% à 3000, les 30% restants vers 2500.
  • j’ai basculé 20% de mon cash sur du trading de CFD (je ne trade plus que le CAC et le DAX + Crude Oil + Forex: EUR/USD + EUR/GBP) en raison de la forte volatilité. Je fais du day trading avec un fort levier de 10-15, mais avec un plan de trading et des risques maîtrisés, avec stop loss et take profit. Je ne recommande absolument pas cela, c’est un piège pour les particuliers. J’ai commencé le trading en 2009, donc j’ai compris beaucoup de choses qu’on ne peut comprendre que dans le feu de l’action !
  • 40% de cash
  • 20% en actions : tout est évidemment dans le rouge, mais ce n’est pas si grave au final sur le portefeuille dans son ensemble.

Mon hypothèse est un CAC entre 2500 et 3000 points au pire de la crise.

Pour moi, nous sommes en phase 6/7…

Tant que le CAC n’est pas à 3000, je reste cash à part quelques achats très faibles pour lisser le PRU de certaines de mes actions en portefeuille qui ont décrochées.

A partir de ce niveau, j’investirais progressivement mon cash (dont les fonds dégagés par la vente de BX4) sur des actions de qualité (j’essaierai de publier la liste ici si je n’oublie pas de le faire) et de rendement, avec quelques coups spéculatifs minoritaires (je suis avec attention Beyond Meat par exemple).

Avec cette stratégie, mes BX4 se solderont au pire (au mieux en vérité, car cela signifiera que nous serons dans l’hypothèse a) sur leur PRU me dégageant du cash.

Comme je suis bien incapable de deviner le point bas, il me semble qu’un CAC sous 3000 ne présente pas trop de risques à long terme. Si le CAC ne descend pas nettement sous ce niveau, je me retrouve avec du cash que j’utiliserai sur du swing trading et du lissage de PRU de mes actions encore en portefeuille.

Je donne ma stratégie à titre d’exemple pédagogique, je ne conseille rien du tout ici. C’est une stratégie multiple très personnelle qui correspond à ma psychologie propre et à mon expérience des marchés. Je ne suis pas un adepte du buy & hold, mais du swing trading (dont certaines positions que je garde pendant plusieurs années).

Une stratégie bien plus sûre et adaptée aux investisseurs particuliers me semble être l’investissement (très) progressif sur un portefeuille diversifié.

En ce moment, n’oubliez pas l’essentiel: nos proches, la vie, la vie et la vie !

Soyez prudents !

Une petite stratégie d’investissement en bourse sur des ETF pas trop fatigante… [BILAN RAPIDE]

(suite à l’article: http://www.investisseur-particulier.fr/une-petite-strategie-dinvestissement-en-bourse-sur-des-etf-pas-trop-fatigante )?

Pour parler de bilan, il est plutôt  est amusant de voir qu’en cette veille de Noël, le screener place GDX a la tête du classement des meilleurs rendements à court terme, avec un cours à 20,44 $.

 

En ce qui me concerne, je suis sorti sur 21 $ car il y avait une variation de plus de 8% à ce moment là, ce qui correspond à un bon pic de volatilité par rapport à la moyenne de cet ETF. Certes, je n’ai pas suivi strictement ma stratégie (qui, je le rappelle, n’est que pédagogique), mais je voulais boucler rapidement cette micro-position pour ne pas l’oublier.

Ceci dit, avec la baisse de EUR/USD, cela a mangé une grosse part des gains et c’est d’ailleurs une limite (ou un avantage lorsqu’on parle de diversification en devises) de cette stratégie basée sur des ETF libellés en dollars.

J’en profite pour rappeler encore une fois que ce n’est qu’une piste de réflexion pour que vous développiez vos propres stratégies d’investissements, mais que souvent, il ne faut pas aller chercher trop loin.

A titre personnel, j’utilise plusieurs stratégies ayant des logiques différentes en parallèle, ce qui limite le risque global selon moi.

Remarquez en passant, qu’à ce jour, ce sont les actions US qui gagnent la place du plus mauvais du moment. Logique, mais cela signifie aussi que, logiquement, d’ici quelques mois, cela devrait bien se passer…

A moins que nous ne soyons entrés dans un bear market violent ? Mais en investissant régulièrement, on devrait pouvoir s’en sortir. A moins que… Cette fois, cela ne soit différent ? Mais comme je l’ai déjà dit, s’il faut prévoir le pire, il ne faut pas sombrer dans le pessimisme car jusqu’à nouvel ordre, la fin du monde n’est pas encore pour tout suite, et si tel était le cas, ce ne sont pas quelques actions de plus ou de moins qui changeraient la donne…

Sur ce, je vous souhaite de joyeuses fêtes de fin d’année, et n’oubliez pas que l’essentiel est de profiter de la vie, d’être avec ses proches et ceux que l’on aime, le reste n’est que divertissement !

Joyeuses fêtes à tous et à toutes !

 

Bilan septembre 2018 – Stratégie de retour à la moyenne sur ETF

Je vous propose ici un suivi d’une stratégie « pas trop fatigante » utilisant des ETF et un screener gratuit.

Cette stratégie est basée sur le retour à la moyenne, en achetant des gros ETF ayant fortement baissé ces derniers mois.

Le but ici est purement pédagogique, pour vous montrer:

  • comment suivre une stratégie sans (trop) réfléchir
  • les limites et les avantages d’une stratégie, avec des cas concrets

J’en profite également pour faire un petit point mensuel sur le marché. Attention, je n’ai pas de boule de cristal et je ne vous livre que des faits ici.

Ce suivi contribue également à faire vivre un peu ce site, toujours très consulté, notamment par des « débutants ». Mon idée est de faire quelques bilans mensuels sur une année par exemple.

 

Pour un premier bilan, on peut dire que le résultat est mitigé. Cela tombe bien, ici nous n’allons pas parler de méthodes miracles aux résultats « garantis » de +10% par mois, mais de la réalité de l’investissement…

Les cours de l’or ne sont pas en forme, et donc l’achat de l’ETF Market Vectors Gold Miners Equity Index (GDX) a forcément pâti de cela.

Remarquez qu’une stratégie de retour à la moyenne est par nature contrarienne et oblige donc à s’habituer à traîner des moins-values en portefeuille. Mais c’est bien là l’essence même de la méthode…

J’ai acheté l’ETF à 19,60 $ début septembre et en ce dernier jour boursier du mois, il est actuellement à 19,56 $.

En comptant les frais de transactions et l’évoluation négative pour un Européen de la parité EUR/USD, nous sommes actuellement à -3% sur la position, qui en dollars hors frais de transaction, est quasiment à l’équilibre. En passant, notez que cette stratégie est basée sur des ETF côtés en dollars, ce qu’il faut donc prendre en compte. Personnellement, je dois avoir en global environ 35% de dollars en portefeuille, ce que j’appelle une saine diversification.

 

Bref, un mois pour rien, comme le résume ce graphique:

(c) https://www.etfreplay.com

Notre stratégie d’investissement indique: tant que la position n’est pas à -10%, pas d’action jusqu’au mois prochain.

En voilà une chose facile à faire !

Ceci dit, j’ai placé à ordre de vente à 22$ pour profiter d’un éventuel pic de volatilité. Ah mais voilà que je ne respecte déjà pas ma stratégie initiale qui parlait de 15%…

Pourquoi 22 $ ? Car d’une part cela correspond à la résistance récente et d’autre part, cela ferait plus de 12% en peu de temps, ce qui pour un investissement sur quelques mois est très correct.

Mais le fait de ne pas respecter la stratégie initiale est mal. Ceci dit, elle manquait surtout de précisions et je ne voulais pas commencer à parler de niveaux de supports/résistances pour ne pas compliqué inutilement.

Cependant, ici on voit bien que l’espérance de gain n’est guère plus grande que ces 12% si on regarde la volatilité moyenne.

Il faudrait donc ajouter dans la stratégie initiale « Placer des ordres de vente éloignés sur des niveaux représentatifs de résistance en prenant en compte la volatilité moyenne de l’ETF ». Là on entre tout de suite dans des considérations techniques, même si elles restent aussi simples et rapides que le tracé à main levé de cette magnifique ligne de résistance sur le graphique brut fourni par Degiro. Autant dire qu’on est très loin de l’analyse technique …

Remarquez que l’ETF tient mieux que le cours spot de l’or, mais encore une fois, la corrélation entre les deux n’est pas absolue, mais les mouvements sont semblables sur le long terme :

En passant, si on devait investir aujourd’hui en commençant cette stratégie, on obtiendrait l’iShares Barclays Long-Term Treasuary, autrement dit de la dette américaine qui présente peu d’intérêt car la volatilité est assez faible.

Ceci dit, c’est assez logique, puisque le marché action ne se porte pas trop mal et il logique de retrouver des obligations à la tête du classement inversé des rendements à court terme !

 

En attendant, nous verrons si au mois de novembre, les choses auront évoluées pour GDX et donc l’or !

Bon investissements, et n’oubliez pas que vous êtes responsable de votre propre argent et que la Bourse est fluctuante, agitée et imprévisible !

 

 

 

Une petite stratégie d’investissement en bourse sur des ETF pas trop fatigante…

Mon site continue à vivoter et être assez suivi, certains articles continuent à être très lus et cela me fait sincèrement plaisir de me dire que le temps investi sert à certains. J’espère pour éviter qu’ils ne se fassent trop avoir.

Donc pour fêter ce nouvel article semestriel, car c’est un peu le rythme de ces derniers temps, je l’avoue. Mea culpa !

Comme je le disais précédemment, j’ai l’impression d’avoir dit l’essentiel et ce site à vocation pédagogique doit être lu entre les lignes pour en tirer toutes les informations nécessaires pour devenir un bon investisseur.

Mais comme il faut de temps en temps quelques nouveaux articles et que le temps me manque, je vais proposer une petite méthode d’investissement en bourse, et faire un suivi régulier.

Évidemment, il suffit que vous vous abonniez pour la modique somme de 42 € par mois pour faire parti des élus qui pourront avoir l’immense chance de lire ma prose.

Ah non, c’est vrai que je suis complètement contre ce principe et que j’ai déjà assez de revenus pour ne pas chercher à en gagner plus (même si cela fait toujours plaisir, n’est-ce pas ?).

Donc cela restera gratuit et accessible à qui le veut bien.

Comme je n’ai guère de temps pour faire des suivis complexes et qu’il y en a certainement parmi vous qui êtes dans le même cas, je vous propose de réfléchir sur une petite méthode d’investissement en bourse qui ne demande que quelques dizaines de minutes par mois.

Comme toujours, ce n’est qu’une proposition destinée à faire réfléchir sur votre propre stratégie d’investissement qui vous est adaptée et dont vous assumez les risques (et les défauts).

Le principe:

Je suis contrarien de nature et j’ai horreur d’acheter des actions « chères ». J’apprécie par contre de ramasser des actions délaissées, mais de qualité, qui ont de bonnes chances de progresser.

Cela signifie également que cela ne me dérange absolument pas de traîner des moins-values en portefeuille, pendant des mois voir des années. Ce qui compte, c’est le rendement moyen à l’arrivée. Évidemment, c’est beaucoup mieux quand une action fait +30% en deux mois, ce qui arrive heureusement également de temps à autre.

Je crois que j’ai assez répété ici que l’un des secrets de la réussite est la diversification, et j’utilise personnellement plusieurs stratégies, parfois contradictoires, ce qui limite les dégâts en cas de tempête boursière, d’événements imprévisibles qui arrivent néanmoins souvent, ou tout simplement d’erreur d’estimation de ma part. Et comme le capital d’ensemble progresse lentement, mais sûrement, cela me va très bien.

Si vous voulez tester cette stratégie, faites comme moi : utilisez une (toute) petite partie de vos investissements et voyez ce que cela donne.

Je vais donc prendre comme unité de test 200 €. Comme je m’adresse surtout à des débutants en bourse, cela me semble très raisonnable pour commencer et permet d’investir sans que les frais du courtier ne deviennent trop importants. En ce qui me concerne, 1% de frais par opération (achat ou vente) me semble une limite haute acceptable. Comme beaucoup de courtier tournent autour de 2€ pour ce genre de petits ordre, on arrive en gros à 200 €. Bref, c’est un bon chiffre (mais avec lequel vous ne deviendrez pas riche, mais cela permet néanmoins de mettre un pied dans le cambouis).

La stratégie en détail:

Elle est assez simple. Tous les débuts de mois, je regarde si les conditions sont remplies et j’agis en fonction de la stratégie.

Condition d’entrée: je règle le screener à 70% pour le ReturnA 3-months et 30% pour le ReturnB – 20 days (0% pour la volatilité), en inversant le classement de manière à obtenir l’ETF classé 100ème et dernier en premier, de la façon suivante donc:

Remarque: Ce screener est gratuit tant qu’on se limite aux 100 ETF les plus gros, ce qui me semble amplement suffisant et évite des petits ETF qui peuvent avoir un comportement erratique.

L’opération faite ce lundi donne l’ETF GDX, qui correspond à VanEck Vectors™ Gold Miners UCITS ETF | GDX le grand perdant (et donc le gagnant de cette stratégie contrarienne).

Cet ETF regroupe un panier de manières sur l’or, sensé refléter le NYSE Arca Gold Miners Index. Après une recherche des différentes places de cotations, mon choix s’est porté sur GDX.L (code Reuters) ISIN: IE00BQQP9F84, côté en dollars US à Londres. Il y avait d’autres places de cotations, mais comme je paie des frais par place de cotation différente, autant en prendre une où j’ai déjà d’autres actions en portefeuille.

Le fait que ce soit un tracker sur l’or qui est ressorti de ce modèle est logique, puisque l’or a bien baissé ces derniers temps. De plus une baisse de 16% est significative, ce qui laisse présager un « retour à la moyenne ».

En regardant de près la composition du tracker, on trouve beaucoup de grosses minières:

(données d’après Morningstar):

Le choix d’un ETF limite le risque sur une action précise. Imaginons le pire: l’or dégringole, certaines minières font faillites. Il y a peu de chance que ces grosses boites coulent toutes…

Surtout que la stratégie est basée sur un swing trading et n’a donc pas vocation à garder en portefeuille cet ETF trop longtemps.

Quand on regarde de plus près le comportement de cet ETF, on voit qu’il est souvent dans le rouge ces derniers temps (l’or stagne depuis un bout de temps vers 1200 $ l’once…), mais qu’il y a de beaux rebonds régulierement. On voit également que cela fait trois mois consécutifs que l’ETF est dans le rouge, ce qui est beaucoup. Il y a donc certaines chances qu’il y ait un rebond « prochainement ».

On constate également que les baisses de l’ordre de 10% sont fréquentes et qu’il s’agit là d’une variation significative.

On achète donc cet ETF pour une somme fixe (200 € environ dans cet exemple).

J’ai donc pris 12 ETF à 19,60$ (l’ouverture ce matin, je suis en retard, j’aurais dû le faire hier…), ce qui avec la conversion et les frais de courtage (2,03 € chez Degiro par exemple), nous fait un total de 207,72 €.

A chaque début de mois (donc octobre prochain pour cet exemple), je vérifie si ma position est en bénéfice. Si c’est le cas, je clôture. Dans le cas contraire, je renforce pour la même somme, à condition que la moins-valus est d’au-moins 10%.

Cette valeur est arbitraire, mais semble représentative compte tenue de la volatilité de cet ETF. Je pourrais choisir un autre chiffre, ou même renforcer systématiquement même en cas de faible moins-value, mais il faut se décider et s’y tenir. De plus, j’aime bien le chiffre de 10%, facile à retenir, et si par malheur la baisse continuait, je renforcerai tant que la moins-value globale est d’au-moins 10%. Même en cas de dévissage mondial des Bourses, avec un -70% par exemple au bout de plusieurs mois (crise systémique le retour, gros problème de politique internationnale…), on obtiendrait une position moyenne beaucoup moins en baisse (en valeur relative), car en moyennant avec une même somme, on achète mécaniquement de plus en plus d’ETF, ce qui donne une moyenne pondérée plus intéressante.

Si on choisit de renforcer systématiquement chaque mois tant qu’il y a une baisse de l’ETF, on risque de se retrouver avec des grosses positions si la baisse est lente et longue. Après, c’est un choix, mais une fois qu’il est fait, il ne faut pas revenir dessus et s’y tenir, car ne pas respecter une stratégie est certainement la pire des choses si on veut durer en Bourse…

Donc je résume: si plus-value (même très faible), on vend. C’est toujours ça de pris. 

Si moins-value globale de 10% ou  plus, on renforce.

 

Chaque début de mois, on fait cette vérification. Si on vend sa position, on refait tourner le modèle et on rachète pour 200 € de l’ETF classé dernier, etc.

En principe, on devrait se retrouver avec des petits gains régulièrement.

Les avantages de ce type de stratégie, c’est qu’au final, les risques sont mesurés d’une part, et d’autre part, il n’y a guère de grosse analyse et calculs à faire, ce qui en fait donc une méthode « pas trop fatigante ».

Notez que l’on peut évidemment investir plus, de manière à avoir également des gains plus conséquents, mais n’oubliez pas que vous pouvez être amenés à renforcer vos positions pendant de nombreux mois dans le pire des cas. Imaginez 10 mois de baisse, ou avec de faibles rebonds qui ne permettent pas d’être en plus-value… On aura investi 2000 €… Si on part de 1000 €, on se retrouverait à 10000 €.

 

Petite optimisation de la sortie:

Pour pouvoir profiter d’un pic de volatilité, je vais mettre un ordre conditionnel de vente sur disons +15% (ce qui en quelques mois est très intéressant…). Cela correspond à une grosse variation (n’oubliez pas que les rendements mensuels sont indiqués à la fin de chaque mois, ce qui n’empêche pas qu’il peut y avoir des pics plus grands durant le mois). La volatilité sur 12 mois est de 19.8%, donc 15% me semble une valeur adéquate. Notez donc que ce choix doit être adapté à chaque ETF.

 

Voilà, rendez-vous chaque mois pour voir ce que donne cette stratégie très simple.

[à suivre…]

Disclaimer: cet exemple a une vocation pédagogique est ne constitue pas des conseils d’investissement. Chacun est responsable de ses propres investissements.

 

 

 

 

 

Tempus Fugit (et quelques réflexions sur le long terme)

Je me suis rendu compte que les mises à jour de ce site commencent à dater un peu, vu que le dernier article a été écrit en février dernier…

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Deux ans et demi avec Degiro : le bilan

Cet article fait suite à celui-ci: http://www.investisseur-particulier.fr/de-giro-un-nouveau-venu-parmi-les-courtiers-en-ligne-low-cost-casse-les-prix

Après deux ans et demi, il m’a semblé être utile de faire un petit point, avec le recul permis par cette période de temps relativement conséquente.

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Investir dans le secteur bancaire en 2016 – les exemples du Crédit Agricole et de Nordea -(2ème partie: Nordea)

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Remarque importante: je comptais publier cet article dans la foulée de la première partie sur le Crédit Agricole. Je n’ai quasiment pas eu le temps de m’occuper de ce blog depuis l’été dernier, et il est passé à la trappe en restant inachevé, de peu, mais inachevé tout de même. 

Etant donné qu’il s’agit d’un article pédagogique sur la manière de voir l’investissement, j’ai décidé de le publier tout de même, du point de vue estival.

Connaissant l’évolution des cours depuis cette date, j’ai donc ajouté une partie sur l’évolution réelle.

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Investissement gagnant, investissement perdant : l’exemple de Tesco

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Quelle que soit la méthode d’investissement ou de trading que l’on suit, il y a forcément toujours des gagnants et des perdants.

A posteriori, on peut être tenter de dire « si j’avais su, j’aurais … »

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Investir dans le secteur bancaire en 2016 – les exemples du Crédit Agricole et de Nordea -(1ère partie: Crédit Agricole)

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Comme je vous le disais dans cet article  : http://www.investisseur-particulier.fr/investir-dans-le-secteur-bancaire-en-2016 , nous allons prendre l’exemple de deux banques pour voir s’il est judicieux d’y investir.

Après la forte chute du secteur bancaire suite au Brexit, nous avons même une très bonne occasion.

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