L’Amérique, l’Amérique…

Je suis tombé par hasard sur un article du Wall Street Journal sur les « Food Stamps », qui sont des tickets repas pour les plus démunis.

Les chiffres m’ont interpellés, même s’ils ne m’ont pas surpris.

En février dernier, il y a eu 44,2 millions d’américains (soit 14,3 % de la population, un américain sur sept !) qui ont bénéficié de ce programme fédéral.

Il faut savoir que pour accéder à ces food stamps, il ne faut pas posséder plus de 2000 $ (moins de 1400 €) sur ses comptes, bien matériels compris (y compris véhicule personnel, mais la résidence personnelle est exclue). Je n’ai pas creusé le détail du calcul, car il y a de nombreuses exceptions (personnes âgées, handicapées, véhicule utilisé professionnellement…), mais tout de même cela ne fait pas lourd.

Ce programme de food stamps a connu un pic avec la montée du chômage et les pertes de revenus conséquentes. Le nombre de bénéficiaires semble se  stabiliser ces derniers mois mais, de février 2010 à février 2011, il est toujours en augmentation de 11,6%.

Quand on pense que l’état fédéral finance ces food stamps avec l’aide de billets fraîchement sortis du QE2, avec un déficit budgétaire de plus de 10% depuis 2009 (et ce n’est pas prêt de s’arrêter quand on pense que la limite légale de dette publique a déjà été atteinte, et que l’administration américaine d’Obama a due faire des pirouettes pour voter une loi repoussant cette « limite » alors que nous sommes en mai seulement…).

Mais ce n’est pas grave, Ben Laden est mort (coût estimé de la traque en Afghanistan à plus de 400 milliards de dollars) donc tout va bien se passer…

Ceci dit, le SP500 se porte encore bien.

Tiens, jetons un petit coup d’oeil sur le rapport SP500 / dollar index.

Le RSI indique bien une zone de surachat avec un repli possible. Repli qui peut signifier deux choses:

– le SP500 baisse

– ou le dollar se renforce

Personnellement, j’aurai tendance à dire que si le QE2 prend fin en juin, le SP500 baissera (dans une correction bienvenue) ET le dollar se renforcera. S’il est reconduit dans un QE3, alors le SP500 grimpera ET le dollar faiblira encore davantage.

Comme je suis long sur le dollar, il serait donc logique que je sois court sur le SP500.

Cependant, le bon moment ne semble pas encore arrivé.

J’attends d’une part une confirmation sur le CAC40, après qu’il ait touché lui aussi la zone suracheté du RSI (qui sera pour moi un bon point d’entrée pour shorter les indices) et surtout quand il aura clôturé sous la ligne de tendance oblique (en rouge sur le graphique suivant).

N’oubliez cependant pas que:

– ce ne sont pas les graphiques qui décident où vont les cours, mais l’inverse !

il faut considérer chaque trade séparément pour éviter de se perdre dans des analyses contradictoires. Par exemple, je suis toujours long sur le dollar (voir mon analyse sur l’USD/CHF de février http://www.investisseur-particulier.fr/analyse-long-terme-sur-usdchf-fevrier-2011 qui reste valable pour moi, bien que le dollar ait continué à chuter, d’une part j’ai fais pas mal de gains sur mes hedges et d’autre part, il s’agit bien d’une analyse à long terme à échéance 2012 ou plus…)

il faut toujours avoir un rapport gain/risque correct (environ 2 au moins), ce qui permet de se tromper de nombreuses fois tout en restant gagnant sur le long terme.

6 Commentaires

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  1. Je viens de découvrir ton site et j’avoue que j’aime beaucoup. Tes articles et analyses sont très sympa. Concernant ton avis long terme sur le dollar je pense aussi qu’il va se renforcer. Je dirais même plus sur l’EURODOLLAR je vois bien un retournement dans très peu de temps en faveur du dollar.

    Je vois bien un retour vers les 1.30 à horizon 6 mois et 1.20 à 1 an. Peut être suis-je un peu trop optimiste sur le dollar. Surtout que l’Euro n’a pas dit son dernier mot ! Qu’en penses-tu ?

    1. Bonjour à toi et merci pour le compliment :o)
      En ce qui concerne ta question sur EUR/USD, et bien je répondrai simplement: je n’en sais rien ;o)
      En effet, quand on voit les prévisions à long terme des meilleurs analystes des banques (il n’y a qu’à voir ce que donnait le consensus en 2007/2008 sur le long terme pour se rendre compte qu’il vaut mieux consulter un astrologue qu’un analyste. Bon j’exagère un peu, quoique…)
      Par contre, oui, il « suffirait » que la crise de la dette européenne réapparaisse, que le QE2 ne soit pas reconduit pleinement, et le dollar grimpera mécaniquement… Par contre, l’inflation grimpe en Europe et la BCE devrait remonter ses taux et donc, renforcer l’euro… Et oui.. C’est pas si simple. Le mieux est sans doute de prendre des positions en fonctions de toutes les hypothèses majeures et de les déboucler une à une tout en se couvrant, ou alors de pratiquer le swing trading sur quelques jours en parallèle avec un système éprouvé et un money management efficace… En tout cas, c’est ainsi que je procède en période d’incertitude (c’est à dire à peu près tout le temps, n’ayant toujours pas remis les mains sur ma boule de cristal :o). Bon courage ;o)

  2. Salut,

    J’ai lu ton post de Février sur l’USD/CHF et je dois dire bravo pour faire des gains en étant à contre-tendance. Cela montre l’importance du money management et la gestion des risques.
    Faudrait que tu expliques dans un article comment tu fais du hedge, ça serait intéressant.

    Au plaisir 😉

    1. Salut à toi, confrère blogueur,

      En effet, tout est question de taille des positions et de gestion du risque. Un article sur le hedging est prévu, mais pour « plus tard » car cela nécessite d’autres concepts que j’aimerai développer auparavant. Mais grosso modo, le principe c’est simplement de prendre une position sur le long terme et de chercher des signaux opposés sur une échelle de temps inférieure tout en limitant le risque de l’ensemble. J’utilise aussi les corrélations entre les paires (par exemple faire des hedges long sur EUR/USD toute en étant long sur USD/CHF).
      D’où l’importance de bien poser ses hypothèses de travail. Dans mon article sur USD/CHF, je disais que la paire pouvait encore dégringoler vers 0.85, ce qu’elle a fait. Du coup, mes trades de hedge ont été faits dans cet esprit. Ce qui compte, c’est d’agir conformément à ses prévisions !

  3. Première confirmation du retournement Euro/Dollar après une configuration en tête d’épaule suivie d’un mouvement de prise de bénéfices massifs proche du double 0 (anticipation).

    EUR/USD à ………… 1.4577 (16H22) au plus bas aujourd’hui et au plus haut à 1.4898 (1.4898) soit 321 pips en 10 heures.

    1. Oui, c’est le genre de journée que j’apprécie. J’étais sur l’EUR/GBP, et j’ai réussi à le shorter à 0.9018 avec sortie sur 0.8875 soit 143 pips (qui sur cette paire compte 1.6 fois plus qu’un pip sur une paire dollar). C’est moins joli que l’EUR/USD mais ça fait toujours plaisir de prendre autant en si peu de temps.
      Ce genre de phénomène arrive souvent quand plusieurs paires importantes arrivent sur des chiffres « ronds » (0.90 pour l’EUR/GBP, 0.85 sur USD/CHF, 80 sur USD/JPY). Tiens, il faudrait que je vois ça de plus près, des fois qu’il y ait un système de trading à en tirer…

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