Je sais que je ne sais pas – CAC 40 en 2023

Pour ne pas plagier la célébre citation de SocrateJe sais que je ne sais rien”, j’ai recours à ma propre version de cette phrase pleine de sagesse… En effet, le sage est celui qui se rend compte qu’il ignore bien des choses.

Autrement dit, être trop sûr de ce qu’on croit savoir est une erreur.

Entre la bourse et la philosophie, il y a bien plus de points communs qu’on pourrait le croire de prime abord.

Au fil des années, à travers divers investissements, j’ai constaté une chose: l’erreur d’appréciation et bien plus fréquente que la justesse de son raisonnement.

En effet, non seulement l’art de l’investissement est très complexe, car la moindre décision d’achat et de vente s’appuie sur des miliers de facteurs hors du contrôle de l’investisseur. En effet, il suffit d’une phrase ou même d’un mot, sortant de la bouche d’un représentant de la Fed pour modifier profondément les flux monétaires.

Même un tweet d’Elon Musk peut avoir un certain impact sur les marchés.

Vous multipliez cela par toutes les personnes/entités influentes à travers le monde, mélangez cela à de nombreuses interprétations macroéconomiques différentes, des décisions d’entreprises concurrentes, des aléas climatiques, des actions terroristes, des guerres, etc. Et vous obtenez quelque chose de plus proche du chaos primordial que de faits rationnels et prévisibles…

En résumé, investir avec une méthode d’analyse ou avec une pièce jetée en l’air revient, sur la durée et pour peu quel’on soit diversifié, à peu de chose près à l’identique.

Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’il faille faire n’importe quoi. Miser sur une société endettée, mal gérée et sans croissance va probablement mener vers des pertes financières.

Ma stratégie globale d’investissement prend en compte ce paradigme: je ne sais pas ce qu’il va se passer, mais j’essaie de mettre les probabilités de mon côté.

A titre personnel, je m’appuie sur des représentations graphiques, car mon cerveau fonctionne sur des critères visuels. Ce qui ne m’empêche pas de tenter de regarder les aspects fondamentaux et économiques sous-jacents (avec toute la grande incertitude qui y est liée).

C’est d’ailleurs en raison de cette incertitude que j’apprécie les représentations graphiques: un enfant pourrait dire si un cours monte ou descend ou ne bouge pas trop en regardant un graphique boursier.

Indice CAC 40 représenté en fonction de la valeur du BX4 (indice CAC inversé en levier 2) 4/2/2023

Dans cet exemple, même sans comprendre ce que cela représente, n’importe qui dirait “ça monte, mais de temps en temps ça descend beaucoup, mais ça monte quand même !”

Logique, le CAC 40 a globalement progressé ces derniers années, malgré quelques crises. Et il a d’autant mieux performé contre le BX4 qui est un ETF avec un levier 2 inverse du CAC40 (avec des frais en plus et un beta slippage dû à sa construction). Voir à ce sujet un vieil article, toujours valable.

Ceci dit, on voit aussi que la valorisation actuelle du CAC 40 semble être dans une zone d’excès.

C’est exactement ce que je recherche: des zones d’excès (à la baisse de préférence sur des actions solides, ou des ETF indiciels).

Actuellement, nous sommes sur des plus hauts, dans des débuts de zones d’excès.

Les raisons de cet excès sont complexes à identifier. L’inflation en est un exemple.

Par exemple, si on prend le cas de la bourse turque (dont la lire a été très fortement dévaluée par rapport à l’euro), elle a grimpée en flèche !

C’est logique: mieux vaut posséder des bouts d’entreprises réelles, plutôt qu’une devise qui ne vaut pas grand chose !

Mais, est-ce que cela signifie pour autant que le marché turc surperformait ?

Si on l’exprime, corrigé par la valeur de la lire turque, c’est moins net:

Le marché turc a donc globalement stagné depuis 15 ans, avec de nombreuses fluctuations.

Pour en revenir à notre CAC 40, cela signifie qu’en cas d’inflation forte et durable, l’indice devrait monter.

Or, c’est bien ce qu’il fait…

Cependant, en ce qui concerne notre indice national, il est plus difficile de prendre en compte la dévalorisation éventuelle de l’euro. Certes, on peut comparer au dollar, mais ce dernier a le même problème d’inflation…

Autrement dit, il est difficile de voir pourquoi le CAC (ou un autre indice) augmente si on n’a pas d’autres hypothèses sous la main… Il est donc tout aussi difficile de voir s’il est sous ou surévalué. Et oui, sinon on pourrait facilement prévoir les moments où il vaut mieux acheter ou vendre !

On en revient donc à une représentation graphique, qui permet, même à un enfant de 5 ans, de savoir si “ça monte”, ou si “ça descend”.

Comme je ne sais pas prévoir le moment précis où cela va corriger, je me contente de lisser ce moment dans le temps à travers un investissement progressif.

Mon hypothèse d’investissement est: “dans les deux prochaines années (maximum), le CAC devrait corriger à des valeurs plus basses, et grâce à une stratégie de DCA, je devrais être en gain”.

(Je ne parle même pas de la réaction potentielle des marchés si on apprenait prochainement que l’armée ukrainienne reculait, ou que l’une des nombreuses potentielles crises géopolitiques éclatait…)

Comme nous l’avons vu plus haut, le BX4 n’est pas un bon vecteur d’investissement à long terme. Deux ans, c’est déjà beaucoup et cela va forcément grignoter une partie des éventuels gains. Mais deux ans est mon maximum raisonnable dans mon hypothèse. Je mise plutôt sur “à un moment en 2023”.

Ceci dit, les autres alternatives “simples” sont les options type PXA (mais l’utilisation d’options demande de nombreux calculs et de bien comprendre l’influence du temps et de la volatilité) ou des CFDs sur Futures CAC40 (mais il y a des frais de swap overnight qui peuvent s’accumuler). Je pourrais ajouter des Turbos à faible levier à la liste.

Au final, le BX4 (ou d’autres ETFs équivalents) ne sont pas de si mauvais produits, car ils restent relativement simples à comprendre et à utiliser. Il faut bien garder en tête que lorsqu’on veut se couvrir à la baisse, on passe forcément par des produits dérivés, qui rajoutent des risques et des frais d’intermédiaires.

Personnellement, je préfère me “couvrir” à la baisse d’une manière très simple: je vend des actions et j’accumule plus de cash (ce qui, d’une certaine manière, revient à shorter une action sans levier)…

Cependant, il y a des cas où on pense qu’il y aura une correction “imminente” et globale, sans pour autant casser une tendance haussière de plus long terme. Quelle que soit la méthode choisie (BX4, PXA ou CFDs), il faut juste faire comme pour tout le reste: se fixer un objectif, calculer son risque et prendre une décision quant à la manière d’entrée en position.

Une autre raison pour laquelle je cherche à investir à la baisse, c’est que mes principaux repères sont en (fortes) hausses:

  • l’or
  • le marché crypto et surtout le bitcoin
  • le marché action
  • (même les obligations type US bonds à 10 ans sont élevées, y compris leurs taux !)

Et mon expérience me dit que quand tout grimpe vers valeurs élevées, il y a plusieurs types d’actifs qui finissent par chuter, si ce n’est l’ensemble.

Evidemment, encore une fois, la notion de “élevé” est complexe et relative. Mais je vous laisse regarder les graphiques des actifs cités ci-dessus:

L’or…

Les obligations US à 10 ans…

Il n’y a que le bitcoin qui, après la forte correction de 2022, est encore bas, mais si on prend du recul (sur dix ans), il reste néanmoins très élevé… Mais ceci dit, le bitcoin est un actif atypique dont la valorisation est particulièrement complexe à déterminer.

Vous l’aurez compris, j’entame un investissement progressif sur le BX4 dès la semaine qui s’annonce…

Ceci n’est évidemment pas un conseil en investissement, et le but de cet article n’est que de montrer que je sais que je ne sais pas… Mais que cela ne vous empêche pas d’essayer de savoir… !

Disclaimer: Tout ce qui est exprimé dans cet article ne reflète que l’avis personnel de son auteur et ne constitue en rien un conseil en investissement. Chacun est responsable de ses propres décisions dans la gestion de son patrimoine.

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