« Cette fois, c’est différent » – Crise du Coronavirus & Investissement

https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6

Je viens de me rendre compte que j’ai mis de côté ce blog pendant très longtemps. Le dernier article date de fin 2018 !

Et nous voilà en pleine pandémie mondiale de Covid-19 !

J’aurais préféré un autre prétexte pour mettre à jour ce site, mais ainsi va la vie: on doit s’adapter.

1. L’aspect pandémique

Je ne suis ni médecin ni spécialiste, même si j’ai de bonnes connaissances en microbiologie, je me garderai bien de donner un avis, alors que visiblement les spécialistes se contredisent partout dans le monde. La seule chose qui me semble sensée en ce moment, c’est de respecter au mieux le confinement, de limiter au maximum les contacts, de respecter les règles d’hygiène et de se consacrer sur l’essentiel. Laissons faire la science en espérant que les politiques ne fassent pas trop n’importe quoi.

[MISE A JOUR AU 25/03/2020: Je vous conseille vivement cette synthèse, qui me semble très sérieuse et objective :

  Synthèse sur le Coronavirus (4,5 MiB, 42 hits)

(source: www.Quoidansmonassiette.fr – Thibault Fiolet )

En passant, je vous conseille vivement de regarder le film « Contagion » (2011) qui explique très bien ce qui se passe (avec évidemment un aspect plus catastrophiste, Hollywood oblige !).

Non, ce n’est pas la fin du monde. Peut-être la fin d’un monde trop globalisé, à flux tendu sans réels stocks, avec des politiques qui ne raisonnent qu’en terme de rentabilité et de coûts, peu soucieux du respect de la Nature, qui prône l’invulnérabilité de l’Occident, etc.

Quoiqu’il en soit, retenons plusieurs points importants:

  • ne pas prévoir entraîne des difficultés supplémentaires en cas de besoin immédiat
  • la discipline doit parfois être imposée, surtout à des populations qui ont oublié en grande partie la définition de ce terme
  • le cycle de la Nature veut que les plus faibles et les plus vieux meurent en premier
  • la médecine n’est pas une science exacte et les médecins ne sont pas omniscients
  • l’épidémie actuelle peut tuer une certaine proportion (très faible) de la population mondiale
  • l’épidémie peut devenir une endémie et revenir dans les années qui viennent, tout comme d’autres… Cela se fait depuis la préhistoire et les fléaux ont toujours affligé l’humanité.
  • tout cela reste « normal », même si en Occident, nous avons oublié que tout repose sur un équilibre précaire.

Autrement dit: non, ce n’est pas la fin du monde à cause d’un virus tueur.

2. L’aspect économique et boursier

Une pandémie mondiale n’est pas bonne pour le PIB planétaire, c’est certain.

Je ne suis ni économiste ni intéressé par faire des calculs et des extrapolations et je me contente de dégager des grandes hypothèses argumentées par des chiffres et des courbes exponentielles.

a) l’épidémie est enrayée « rapidement » (en 6-12 mois : médicaments, confinements enfin efficaces après quelques mois de galère…) et ne revient plus ou alors avec des cas sporadiques rapidement identifiés et isolés

Dans cette situation, la Bourse va remonter, probablement en flèche, mais quoiqu’il en soit, dans cette hypothèse toute action achetée avec un CAC entre 2500-3500 points finira par être une bonne affaire, et pour peu qu’on se diversifie un peu, il y a de quoi à pouvoir garder un porte-feuille très longtemps avec un excellent rendement…

Certes, les économies auront soufferts, les dettes explosées un peu plus, mais comme cela touche plus ou moins tout le monde de manière semblable, cela ne devrait pas trop être pénalisant sur le long terme.

Avant les crises environnementales (qui seront peut être repoussées avec une prise de conscience des peuples, mais je suis sans doute trop optimiste sur ce point). En attendant, business as usual.

b) L’épidémie est enrayée, mais avec des difficultés majeures en une ou plusieurs années (traitements peu efficaces, vagues saisonnières, vaccin qui peine à être trouvé en moins de deux ans, mortalités très élevées (rappel: 5% de 10 millions d’habitants, cela fait tout de même 500 000 morts) dans plusieurs pays majeurs car les systèmes de santé ont été dépassés pendant les pics épidémiques).

D’une part, la chute actuelle n’en sera qu’au mieux à la moitié et le CAC devrait logiquement se retrouver sous 3000, voir 2500 et qui sait ce qui peut se passer en cas de vraie panique – exagérée certes, mais imaginez l’effet psychologique si une personne sur 10 ou même sur 20 décédait en France et/ou aux USA par exemple ?

Il est fort à parier que dans cette situation, les économies mondiales vont souffrir énormément. Des faillites auront lieu en masse et la fin du monde s’approchera. Comme en 2009 par exemple, mais avec une autre cause. Mais… 5/10 % de la planète en moins, cela devrait plutôt être une bonne nouvelle sur le moyen/long terme. D’un point de vue purement rationnel, bien qu’avec une touche de cynisme, la disparition massive de personnes âgées/malades va soulager des systèmes sociaux déjà saturés. La pollution va diminuer bien davantage qu’avec des réunions du G20 ou des politiques « vertes ».

Nous devrions donc survivre, avec en conséquence un CAC qui finira par remonter, bien que péniblement, probablement avec des à coups, après avoir touchés des abysses.

Dans ce cas, tout dépend de l’ampleur de la chute. Si vous achetez sur un CAC entre 3500 et 4000 (donc maintenant), cela peut prendre des années avant d’y retourner, mais avec des actions diversifiées et solides, vous devriez vous en sortir gagnant à long terme. Evidemment, si vous vous lancez vers 3000, 2500 ou même moins, cela sera d’autant plus rapide et sécurisant…

c) L’épidémie devient une endémie à répétions avec des mutations complexes du virus et d’autres troubles éclatent en raison de la situation catastrophique de certains pays (guerres de territoires stratégiques, guerres commerciales, cyberattaques mondiales…)

Le monde entrera dans un âge (vraiment) sombre. Notre structure économique peut s’écrouler et ne plus se relever avant longtemps.

Le CAC pourra descendre très très bas et des niveaux de 4000 points peuvent ne plus être atteints avant très longtemps, ou à des échéances trop lointaines pour un investisseur.

En fonction du niveau d’achat, vos investissements seront dans le rouge très longtemps, sans parler qu’un bon nombre, y compris parmi des sociétés solides, feront faillite et afficheront un -100% dans votre portefeuille.

Vous aurez sans doute d’autres problèmes prioritaires que la Bourse (les Etats peuvent devenir totalitaires, spoliations pour la défense de la Nation, etc). Mais dans le cas le moins grave, vous serez content d’avoir quelques actions qui dateront de « la Grande CoronaCrise ».

d) Même chose, mais les Chinois attaquent les Russes qui attaquent l’Europe qui attaquent les USA qui attaquent… Bref, c’est la fin du monde. Quelle qu’en soit la cause exacte, on ne se relèvera pas et… Cette fois, c’était vraiment différent.

Pas de chance. Espérons que les Pangolins mutants irradiés du futur bâtiront un monde meilleur.

Je ne considère pas cette dernière hypothèse, car mon site et internet aura de toute façon disparu.

e) Quelque chose d’imprévu se passe

Le virus mute en augmentant son danger, mais avec une répartition géographique inégale, des petites guerres locales éclatent, certains pays importants souffrent plus que d’autres qui s’en sortent plus ou moins, un médicament est trouvé, mais on se rend compte dans quelques années qu’il y avait des effets secondaires majeurs, etc.

Le CAC va faire du yo-yo et la situation va être comme en b) ou c) mais avec des conséquences globales « modérées ».

3. Que peut faire l’investisseur particulier ?

Tout d’abord, il me semble que l’on doive prendre en compte les 3 hypothèses a,b ou c énoncées plus haut, en espérant éviter la d et on se disant que la e peut venir mettre du chaos dans nos jolis plans…

Personnellement, je pense que nous serons quelque part entre a et b, et plus proche du b que a. Mais je n’exclu pas c et e…

Les vrais problèmes n’ont pas encore commencé aux USA ni chez les leaders européens… Même s’ils vont être maîtrisés, la psychologie des foules va faire plonger les cours, banques centrales ou pas…

En ce qui me concerne, j’ai adopté la stratégie suivante:

  • Depuis le printemps 2019, j’ai fortement ralenti l’acquisition/renforcement de nouvelles actions à long terme: seulement du swing trading sur quelques semaines/mois.
  • en janvier/ février, j’ai vendu une partie de mes actions qui étaient en bénéfices, car j’estimais qu’un point haut avait été atteint, indépendamment du coronavirus. Courant février, j’ai considéré la possibilité d’une panique irraisonnée à cause de l’épidémie, comme un prétexte pour revenir à des valorisations plus raisonnables des actions américaines notamment. Je ne pensais personnellement pas à la possibilité d’une pandémie !
  • début mars, j’ai vendu d’autres actions sur des stop loss sur les prix d’entrée, tant pis pour la plus-valu ratée, ainsi que certaines que je comptais garder (Sanofi par exemple) mais qui étaient toujours en bénéfice important (j’avais un PRU de 66 dans cet exemple), car je sentais venir la chute: le Cygne Noir était bien là.
  • grosse position BX4 de 20% de mon portefeuille, malheureusement commencée trop tôt (en 2019). Mon plan est de l’alléger de 30% avec un CAC à 4000 (ce qui est déjà fait donc), 20% à 3500, 20% à 3000, les 30% restants vers 2500.
  • j’ai basculé 20% de mon cash sur du trading de CFD (je ne trade plus que le CAC et le DAX + Crude Oil + Forex: EUR/USD + EUR/GBP) en raison de la forte volatilité. Je fais du day trading avec un fort levier de 10-15, mais avec un plan de trading et des risques maîtrisés, avec stop loss et take profit. Je ne recommande absolument pas cela, c’est un piège pour les particuliers. J’ai commencé le trading en 2009, donc j’ai compris beaucoup de choses qu’on ne peut comprendre que dans le feu de l’action !
  • 40% de cash
  • 20% en actions : tout est évidemment dans le rouge, mais ce n’est pas si grave au final sur le portefeuille dans son ensemble.

Mon hypothèse est un CAC entre 2500 et 3000 points au pire de la crise.

Pour moi, nous sommes en phase 6/7…

Tant que le CAC n’est pas à 3000, je reste cash à part quelques achats très faibles pour lisser le PRU de certaines de mes actions en portefeuille qui ont décrochées.

A partir de ce niveau, j’investirais progressivement mon cash (dont les fonds dégagés par la vente de BX4) sur des actions de qualité (j’essaierai de publier la liste ici si je n’oublie pas de le faire) et de rendement, avec quelques coups spéculatifs minoritaires (je suis avec attention Beyond Meat par exemple).

Avec cette stratégie, mes BX4 se solderont au pire (au mieux en vérité, car cela signifiera que nous serons dans l’hypothèse a) sur leur PRU me dégageant du cash.

Comme je suis bien incapable de deviner le point bas, il me semble qu’un CAC sous 3000 ne présente pas trop de risques à long terme. Si le CAC ne descend pas nettement sous ce niveau, je me retrouve avec du cash que j’utiliserai sur du swing trading et du lissage de PRU de mes actions encore en portefeuille.

Je donne ma stratégie à titre d’exemple pédagogique, je ne conseille rien du tout ici. C’est une stratégie multiple très personnelle qui correspond à ma psychologie propre et à mon expérience des marchés. Je ne suis pas un adepte du buy & hold, mais du swing trading (dont certaines positions que je garde pendant plusieurs années).

Une stratégie bien plus sûre et adaptée aux investisseurs particuliers me semble être l’investissement (très) progressif sur un portefeuille diversifié.

En ce moment, n’oubliez pas l’essentiel: nos proches, la vie, la vie et la vie !

Soyez prudents !

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