Ce que me dit ma boule de cristal pour 2015 – le point sur les Marchés américains et français

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Par les pouvoirs magiques qui me sont confiés par les dieux de l’investissement, je vais vous révéler la Vérité Ultime pour Vous Rendre Riche en 2015 !

Non, je ne plaisante pas, mais il va falloir lire l’article jusqu’au bout (ne trichez pas en regardant directement la fin !).

Bon, d’accord, j’avoue que je n’ai pas vraiment de pouvoirs magiques, et que si j’avais une boule de cristal, elle ressemblerait plutôt à celle qui est ci-dessus, toute noire et illisible.

Nul n’est devin, même pas l' »Oracle d’Omaha« , qui se défend d’ailleurs toujours de l’être.

La seule Vérité, vous allez la trouver par vous même.

Pour cela, il faut cependant investir.

Investir en vous dans un premier temps, en vous formant et en vous tenant à l’affût des opportunités et en parvenant à les identifier en tant que tel.

J’ai toujours été fasciné par le lien entre bourse et développement personnel. D’ailleurs, de nombreux investisseurs consacrent une partie de leur temps à ce développement personnel.

A chacun sa voie pour trouver les nœuds de blocage que nous avons tous et qui nous empêchent d’avancer aussi vite qu’on le souhaiterait.

Beaucoup de méthodes existent pour les identifier et les débloquer. Que ce soit à travers des méthodes, disons, « à l’américaine » (dans des ouvrages comme Rich Dad, Poor Dad par exemple) où on vous répète plus ou moins que pour être un winner, il faut avoir une mentalité de winner. Ou bien avec des méthodes plus centrées sur la psychologique personnelle, le développement intérieur où vous dit qu’il faut trouver la réponse en vous, au risque de vous perdre dans des divagations ésotériques à la sauce psychothérapique.

Comme dans tous les domaines, il faut trouver sa propre voie qui permet de forger les qualités nécessaires pour être un investisseur, ou tout simplement pour vivre plus heureux.

En ce qui me concerne, je l’ai déjà laissé entre-voir dans certains vieux articles, je pratique les arts martiaux à un certain niveau. Cela peut sembler éloigné au prime abord de l’univers boursier, mais en fait, c’est une excellente préparation mentale pour ne pas paniquer (en cas de retournement du Marché), être persévérant (dans l’application d’une stratégie) et combattif (ne pas abandonner à la première difficulté). Cela permet également de prendre du recul pour voir les mouvements du Marché comme les flux de chi qui circulent du yin au yang, et inversement.

Pas de panique, je ne vais pas vous entraîner dans un monde d’ésotérisme asiatique. Là encore, tout ceci n’est qu’une vision possible de la réalité, comme un graphique ou un indicateur technique peut donner du sens compréhensible par le cerveau humain de la réalité qu’ils décrivent. De plus pour investir, mieux vaut le faire sur le long terme (jusqu’à sa mort en fait), autant donc essayer de rester en meilleure santé possible en pratiquant des exercices physiques réguliers…

yin yang bourse

Mais revenons donc à la Bourse

Prenons par exemple le SP500, qui donne le la à toutes les places boursières mondiales.

S&P500 Index1950-2014lin

Vu ainsi, on se dit que décidément, la Bourse US s’est envolée. Oui, bien sûr, mais tout s’est amplifié. Les mouvements de capitaux sont plus importants que jamais, et on ne peut pas comparer un SP500 à 200 d’avant 1980 avec un SP500 à 2000 points actuellement sans prendre en compte les effets de l’inflation et surtout de la financiérisation mondiale qui a pris son importance depuis les années 80. Une zone importante de résistance se trouvait vers 1500/1600 points. Si on prend en compte la théorie selon laquelle une résistance enfoncée deviendra un support pour une correction, il est facile d’extrapoler que la zone 3000/3200 points offrirait un joli pic, avant une chute jusqu’à prochain gros support.

Autrement dit, l’indice peut encore progresser d’environ +30%,  pas forcément au rythme actuel ni en 2015, mais cela ne parait pas une hypothèse invraisemblable en soi.

Pour les esprits chagrins qui s’inquièteraient d’une éventuelle chute du système capitaliste et d’un méga-krach boursier mondial, regardez tout de même la même courbe en échelle logarithmique cette fois.

S&P500 Index 1950-2014

On voit bien que le SP500 progresse dans une vaste tendance haussière de très long terme (et encore, j’ai pris les années 50 en point de départ, mais on pourrait regarder le Dow Jones pour la période antérieure…) et qu’au final, les deux krachs de 2001 et 2008 ne sont que des petites corrections dans un marché haussier !

Encore une preuve que les graphiques ne montrent que ce que l’on veut bien voir et qu’il faut savoir relativiser…

Sans rentrer dans des analyses chartistes complexes et surtout incertaines, on peut facilement voir en étudiant les différentes phases de correction que l’indice perd à chaque fois environ 40/50% de sa valeur pré-krach.

Pendant que j’y suis, regardons le CAC40 depuis sa création en 1987, on voit que la situation est moins bonne (mais cela vous étonne-t-il ?).

Cela n’empêche cependant pas que le CAC puisse atteindre encore la zone des 5000 points avant une correction d’ampleur. Il peut aussi s’affranchir allégrement de la résistance baissière datant de 2001 et s’envoler ! Évidemment, cela demanderait que les entreprises françaises puissent gagner en compétitivité et en marge, ou alors que la Banque Centrale Européenne imite la Fed à outrance… Si la première solution me parait complexe à mettre en place sans véritable bouleversement politique (droite ou gauche, peu importe, je parle plutôt d’un leader capable de faire passer avec efficacité des réformes intelligentes), la seconde offre une solution de facilité envisageable.

CAC 40_1989-2014

Même si la période considérée est moins longue que dans l’exemple du marché américain, j’ajoute également le graphique en échelle logarithmique qui montre mieux que nous sommes malgré tout dans une tendance haussière, mais qui a été interrompue quand à elle par la crise de 2008, mais aussi par celle de la dette et de l’euro en 2011. Cela plaide pour un éventuel changement de tendance de fond. Ce qui est logique, car si rien n’est fait, je vais placer à terme encore davantage mes avoirs en dollars…

CAC 40_1989-2014log

 

Je vais tout de même essayer de vous livrer le fond de ma pensée…

Si vous pensez trouver une liste détaillée d’actions à acheter, vous allez être déçu.

J’ai toujours préféré l’approche contrarienne et l’investissement dans des entreprises qui ont une véritable valeur, ce qui se traduit par des ratios financiers de qualité. Autrement dit, j’aime bien l’idée d’acheter des entreprises rentables qui sont actuellement délaissées par le Marché pour des raisons qui leur sont extérieures.

Par exemple, si le Marché dans son ensemble dévisse (lors d’un krach, comme en 2008/2009 par exemple), il est évident qu’on peut récupérer d’excellentes entreprises à des prix bas causées par la panique des intervenants et non par l’absence de perspectives pour les entreprises concernées.

Un autre exemple de ce genre de situation se retrouve quand un secteur entier connait une baisse, c’est le cas actuellement pour l’industrie pétrolière qui dévisse en raison de la chute du prix du baril. On pourrait citer les minières également. Dans ce cas, il faut néanmoins se poser la question si la situation va durer ou n’est que transitoire.

Enfin, un dernier exemple se retrouve dans les entreprises qui cotent sous leur valeur en cash. Généralement, il s’agit de small ou de microcaps, qui sont délaissées par les gros intervenants du Marché. Ce genre d’entreprises, que d’aucun aiment à appeler des « mégots », car elles ne demandent qu’un peu d’air pour être rallumées encore au moins quelques temps. Ce genre d’investissement est par nature plus risqué, mais en diversifiant correctement, on doit pouvoir s’en sortir…

Dans cet esprit, je ferais quelques remarques:

– le pétrole ne peut pas rester indéfiniment à un prix trop bas pour l’économie de nombreux pays et entreprises internationales. Cela tient de la géopolitique, mais aussi de la loi de l’offre et de la demande. La demande est en berne, mais l’offre peine à suivre à bon prix. Je ne vais pas faire une analyse complète du secteur, mais il me semble probable que les prix vont remonter. Si ce n’est pas en 2015, cela sera un peu plus tard, mais nous sommes donc dans une période intéressante pour investir dans quelques bonnes entreprises aux reins solides, et aussi dans quelques entreprises liées au  pétrole, mais qui ont d’autres cartes à jouer (transports vers les plateformes, locations off-shores, équipementiers, etc)

– l’or (et à l’argent): la Bourse monte, l’or descend. La Bourse descend, l’or grimpe. Tout cela dans un contexte de bilans explosés des banques centrales. Acheter des valeurs solides liées à l’or me parait être également une bonne idée, en se diversifiant, et en attendant que l’orage passe (ou revienne, c’est selon le point de vue). Un peu de physique en plus d’ETF ou d’entreprises basés sur les métaux précieux ne peut pas faire de mal non plus.

– Le SP500 a beaucoup, beaucoup grimpé… Si une correction ne vient pas, une pause semble cependant nécessaire tôt ou tard. En 2015 ? Si le SP500 grimpe, le CAC peut grimper, mais pas forcément avec vigueur (c’est d’ailleurs ce qui s’est passé dernièrement). Si le SP500 chute, le CAC chutera également. Acheter des valeurs US sans une véritable décote sectorielle (pétrole par exemple) me parait vraiment risqué aux niveaux actuels.

– Les obligations ont toujours un marché faussé par l’action des banques centrales. Les taux sont au plus bas, les valeurs nominales au plus haut. Ce n’est certainement pas le moment d’en prendre (ce qui vaut donc également pour les fonds euro des assurances-vie).

– Les devises: il y a toujours quelque chose à gagner sur le Forex pour qui sait mesurer son effet de levier. Mais, sans rien n’y connaître, mieux vaut se diversifier à l’international avec des actions achetées sur des places cotant dans d’autres devises.

– La Russie: les réelles conséquences de la guerre économique qui se livre actuellement ne sont pas encore toutes intégrées par le Marché. Par contre, en 2015, il pourrait y avoir de bonnes occasions de faire quelques investissements à fort caractères spéculatifs sur des gros gaziers/pétroliers/banques russes (mais je n’y mettrais pas plus de 5% de mon portefeuille).

– L’immobilier: en France, la correction a commencé. Pourquoi s’arrêterait-elle en si bon chemin ?

– Dans un esprit plus orienté vers le trading, tenter quelques shorts sur des niveaux clés des principaux index me parait être une stratégie viable. Attention cependant à ne pas faire n’importe quoi, ni avec le levier, ni avec des produits dérivés qui comportent beaucoup de frais cachés comme les trackers short qu’il ne faut surtout pas garder trop longtemps en portefeuille.

Plus que jamais, des stratégies simples à mettre en œuvre par un particulier me paraissent adaptées: investissement progressif, achats de sociétés décotées ayant de bons ratios financiers, gestion passive. Le tout est de lisser ses investissements, de se diversifier et d’éviter l’achat d’actions qui ont déjà beaucoup trop grimpées.

N’oublions pas non plus qu’il y aura bientôt de nouvelles élections américaines (2016). Or le Marché a toujours détesté les incertitudes. Et comme, il a beaucoup grimpé, quasiment en ligne droite depuis 6 ans, mais je me répète…

Dans mes stratégies personnelles, je m’oriente vers:

– renforcements progressives de mes positions faiblardes (minières par exemple).

– achats de valeurs bradées liés au pétrole

– traitement du marché à la baisse en ce qui concerne la petite partie spéculative de mon portefeuille (en passant, vu que les chutes sont toujours plus rapides que les montées en Bourse, autant spéculer sur des niveaux propices aux corrections quitte à spéculer). Là encore, il me parait sage de ne pas dépasser 10/15% d’un portefeuille dans ce genre de trading.

– retour progressif vers un Forex raisonné (que j’avais un peu abandonné avec les opportunités en Bourse) avec des stratégies avec peu de levier. J’assimile le Forex a du monétaire moderne. En effet, les taux étant artificiellement bas, le monétaire n’est plus du tout rentable. Le Forex permet d’investir en devises tout en améliorant un peu le rendement (si on évite le levier). Mieux vaut gagner une petite dizaine de pourcents par an par exemple, que d’investir pendant une chute du Marché en Bourse (je ne parle évidement pas ici de l’achat d’entreprises de qualité décotées…).

En me relisant, je semble pessimiste pour 2015. Je pourrais bien évidemment me tromper et voir le problème urkrainien se résoudre, le pétrole remonter (mais pas trop), le chômage en France baisser pendant qu’on y est ! Bref, voir les indices boursiers repartir vers de nouveaux sommets. Tout est possible dans un monde aux banques centrales omniprésentes. Le SP500 peut tout aussi bien continuer sa progression pour une huitième ou neuvième année et franchir les 3000 points !

C’est bien ce que je disais, ma boule de cristal est trop sombre pour y voir quoique ce soit clairement.

Mais je sais que je continuerais à investir en suivant mes stratégies. Tranquillement. Et cette connaissance de mon comportement à l’avenir, est déjà une belle démonstration de mes pouvoirs occultes…

Et vous, que savez vous de votre comportement futur ?

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4 Réponses à “Ce que me dit ma boule de cristal pour 2015 – le point sur les Marchés américains et français”

  1. loic dit :

    merci pour cet article et excellente année 2015.

  2. stef dit :

    bonjour,

    concernant les valeurs pétrolières bradées, si on se milite à un PEA le choix se réduit fortement.
    Statoil me semble parfaite, j’imagine que les pétrolières-gazières russes ne sont pas éligibles… pour d’autres lignes quelle action par exemple?

    • L'Investisseur (très) Particulier dit :

      Si on se limite à un PEA, on dispose tout de même de pas mal de valeurs éligibles… BP, Royal Dutch Shell, Total, Maurel & Prom, et bien sûr les équipementiers comme Technip.
      Il faut cependant bien analyser les perspectives de toutes ces sociétés, leurs ratios, etc.
      Rien n’interdit la possibilité d’un pétrole faible pendant plusieurs années. Il ne faut donc pas se laisser emporter par « les bonnes affaires », mais investir progressivement sur un petit panier de valeurs bien choisies… Ce qui n’empêche pas un coup spéculatif sur des petites capitalisations, mais en les limitant fortement, car elles peuvent connaître de vrais problèmes, ayant moins de ressources à dispositions que les majors….

      • stef dit :

        oui les parapétroliéres c’est plus risqué mais rémunérateur si on fait le bon choix, ma préférence va à vallourec personnellement.

        valeurs russes pour profiter de la chute du rouble?

        statoil éligible au PEA, sympa et protecteur contre un recul de l’euro. bon elle a déja repris 1euro mais je vais la surveiller

        merci de vos analyses

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