Pourquoi je ne crois pas en une chute abyssale et durable du CAC

 

Le CAC à 1000 points ! Retour aux années 80 ! La croissance des 20 dernières années était artificielle car basée sur la dette !

De ci de là, on entend des cris alarmistes.

Personnellement, je n’y crois pas (en tout cas pas d’ici 2020).

Pourquoi ?

On voit que ce n’est que depuis la fin des années 90 que le CAC a dépassé le seuil des 2000 points. Le seuil des 2400 points est d’ailleurs très fort depuis qu’il a été franchi en 1997, il a servit de support en 2003, et 2009 et peut-être encore une fois dans les mois qui viennent.

Certes, techniquement, son enfoncement ouvrirait la porte à une magnifique chute…

(CAC 40 en données trimestrielles, image en 1268X901 pixels, cliquez dessus pour agrandir)

 

Quand on s’intéresse aux USA, le SP 500 connait une progression depuis « toujours ». Après tout, le marché action US est l’épitomé de la Bourse: une croissance perpétuelle. Enfin, en tout cas, c’est la théorie…

On voit tout de même que l’accélération a eu lieu également à la fin des années 90 et que le point bas de 2009 sur le fameux chiffre du Diable à 666 points était vraiment bas, avec un retour de plus de 10 ans en arrière.

(SP 500 en données trimestrielles, image en 1274X909 pixels, cliquez-dessus pour agrandir)

 

L’indice japonais est quant à lui déjà revenu au milieu des années 80 après avoir connu son apogée en 1990 et non pas en 2000-2001, comme les indices précédents.

Cela nous donne un avenir possible pour le CAC par exemple: 20 longues années de récession boursière, avec un retour aux années 80.

Si on prend les mêmes paramètres, on obtiendrait une cible à 1000 points pour le CAC et de l’ordre de 200 pour le SP 500 !

 

(Nikkei en données trimestrielles, image en 276X903 pixels, cliquez-dessus pour agrandir)

 

L’inflation

Elle se définie par une baisse durable de la valeur de la monnaie. Nous n’allons pas étudier ici ses nombreux impacts, car il y a des gens très sérieux qui passent leur vie entière à le faire, ce qui risque d’être un peu lassant pour vous et moi. Cependant, il y a une chose à retenir: le CAC exprime la valorisation boursière des 40 plus grandes entreprises françaises. Cela signifie qu’il exprime indirectement la valeur monétaire de ces actions. Autrement dit, si la monnaie vaut moins, mais qu’une entreprise vaut toujours la même chose qu’avant (par ses produits, par son potentiel), mécaniquement sa valeur boursière va augmenter.

C’est un peu le même phénomène que l’augmentation du prix des matières premières. Comme elles sont libellées en dollars, et que le dollars par la magie de la planche à billet « vaut moins », alors que les matières premières représentent toujours « la même chose », mécaniquement cela pousse les prix à s’envoler. Bien sûr, il y a de nombreux autres facteurs comme les lois de l’offre et de la demande, mais en tout cas, la perte de la valeur de référence (le dollar) favorise l’augmentation du prix des matières premières.

Autrement dit, un CAC à 1000 points en 1988 équivaut à un CAC vers 1575 points en 2011, en prenant compte de l’inflation (près de 57% entre 1988 et 2011, voir le calculateur d’inflation ici : http://france-inflation.com/calculateur_inflation.php )

L’exemple japonais

Quand on regarde l’exemple japonais (désolé, je n’ai pas trouvé de calculateur aussi simple d’utilisation), on voit tout de même que l’inflation japonaise était très faible, parfois négative, depuis une vingtaine d’années. Ce qui veut dire que l’indice japonais est revenu actuellement au niveau où il était en 1980, voire en dessous si on considère l’inflation, certes faible, mais tout de même.

Ceux qui pensent que le modèle japonais est la voie que suivront les autres économies occidentales ont peut être raison, mais je vois personnellement quelques grosses différences:

– l’Europe n’est pas basée exclusivement sur un modèle économique d’exportation. Le ralentissement occidental a donc fait plus de dégâts sur le Japon.

– le Japon est lourdement en concurrence avec d’autres pays asiatiques exportateurs.

– le vieillissement de la population japonaise est beaucoup plus prononcé qu’en Europe.

– dans un monde de matières premières rares, le Japon est beaucoup moins bien placé que l’Occident (à travers ses multinationales).

La mondialisation

L’un des effets positifs de la mondialisation est que nous sommes finalement tous dans le même bateau. Pas de consommateurs, moins de producteurs. Les économies émergentes subissent autant les crises, sinon parfois plus, que les marchés occidentaux.

Par exemple, si on regarde le rapport entre l’eurostoxx600 (indice européen large) et l’indice EEM (marchés émergents), on voit que depuis la crise européenne de cet été, les deux indices restent très corrélés. On pourrait même penser que les indices européens résistent mieux que les indices émergents !

(données quotidiennes, 850X660 pixels)

 

L’exemple de l’Allemagne:

Le DAX est encore très loin de ses niveaux des années 80. Les pessimistes me diront, tant mieux, ça laissera plus de place pour la chute. Les optimistes diront, quant à eux, que l’Allemagne dispose d’une économie performante, tournée vers l’exportation, avec un marché intérieur correct et qu’elle a toujours montré qu’elle était capable de s’adapter face aux crises, en prenant les mesures nécessaires, fussent-elles difficiles.

Une chute jusqu’à 4000 points est possible, ce qui équivaudrait grossièrement à un 2000 points sur le CAC (quelle coïncidence…).

Si l’Europe tient le choc de la crise actuelle, l’Allemagne se portera toujours mieux que les autres (comme actuellement d’ailleurs…). Si l’Europe s’effondre en mille morceaux, l’Allemagne subira certes le contre-coup, mais où vont donc aller les capitaux à votre avis ? Vers le Portugal, la Grèce, l’Italie, la France ou l’Allemagne ? Bref, même en terrain difficile, il vaut mieux parier sur le meilleur cheval, non ?

 

(DAX, en données mensuelles, graphique 1271×913 pixels, cliquez-dessus pour l’agrandir)

 

 Conclusion pour l’investisseur particulier:

Je pense que le CAC peut encore descendre vers 2300/2400 points en 2012.

Dans le pire des pires cas (éclatement de la zone Euro, récession mondiale, crise immobilière majeure, pourquoi pas guerres en Iran, etc…), je vois chuter le CAC jusqu’au niveau des 1500 points (ce qui correspond tout de même à du – 50% par rapport au niveau actuel !).

En ce qui me concerne, je suis passé en mode « accumulation progressive » tant que le CAC ne dépasse pas 3000 points, sur des valeurs solides, peu endettées, avec un marché porteur. Pour moi la première échéance se trouve en 2012-2013.

A long terme, nous sommes dans un creux, qui pourrait certes se creuser davantage, mais tous les puits ont un fond… Et lorsqu’on parvient à en sortir, aussi longtemps que cela puisse prendre, il y aura la lumière du jour pour nous éblouir.

Bien sûr, pendant ce temps, il peut être intéressant de jouer à plus court terme les chutes des indices (BX4 par exemple) ou d’appliquer une stratégie « neutre » sur le Forex.

Ce qui compte, c’est que vous maîtrisiez votre risque et que vous soyez sûr de votre (vos) stratégie(s), mais il faut savoir saisir les opportunités quand elles se présentent dans un marché baissier, car n’oubliez pas qu' »à long terme, nous serons tous morts« .

 

 

 

 

 

 

4 Commentaires

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    • loic sur 17 décembre 2011 à 22 h 35 min

    bravo,excellent article, bien plus probale a mes yeux que la plupart des scénarios catastrophe que l’on peut trouver sur le web actuellement. bon week end

    1. Merci. Ce qui me dérange le plus dans les scénarios « catastrophe », c’est justement le fait de faire des prévisions sur le pire. En période de crise, l’Histoire a toujours montré que le pire arrivait rarement et quand il arrivait, d’avoir vécu dans l’angoisse des années auparavant ne changeait pas grand chose à sa situation individuelle du moment. Ceci dit, le pire est toujours possible et s’il n’y a pas de réelle volonté politique, la fin de la décennie risque d’être tendue… Enfin, qui vivra verra ;o)

    • bateau sur 12 janvier 2012 à 12 h 14 min

    Ce site regorge d’article comme celui-ci. Possédez vous un flux RSS pour que l’on puisse suivre vos actualités directement? Merci !

    1. Bien sûr, vous trouverez tout en haut à droite de la page un petit logo RSS , il suffit de cliquer sur « S’abonner » et de choisir un des lecteurs proposés (personnellement, j’utilise google reader qui est très bien, mais je suppose que les autres fonctionnent également) !

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