S’évertuer à appliquer réellement une stratégie de trading et/ou d’investissement

hypocrite

La difficulté en Bourse, ce n’est pas de trouver une méthode qui fonctionne, mais de l’appliquer.

Choisir une stratégie d’investissement

Si j’utilise une méthode basée sur l’analyse technique en utilisant des indicateurs farfelus, et que j’applique une stratégie claire, je peux tout de même être rentable sur le long terme.

Par exemple, si j’achète un portefeuille en prenant les conditions suivantes:
– je choisi  valeurs « sûres »: Coca-Cola, Total, Colgate-Palmolive, Sanofi et Unibail-Rodamco (ce ne ont que des exemples…)
– je me limite à 25% dans mon portefeuille pour chacune de ces valeurs
– je prend la date de fondation de chacune de ces entreprises et je regarde l’horoscope du mois pour chacune d’entre elle sur le premier site astrologique venu
– j’achète celle dont les prévisions « finances » sont les plus optimistes
– en cas de doute ou de difficultés à les départager, j’achète celle dont le RSI(14) est le plus faible
– je fais mon achat le jour boursier qui suit chaque pleine lune

Je fais ça pendant quelques années, et je regarde mon portefeuille grossir.

astrologie


Mon propos n’est évidemment pas ici de vous conseiller une telle méthode d’investissement (!!!), mais de mettre en lumière le fait que même si on peut estimer que l’analyse technique ne sert à rien, elle a au moins le mérite d’aider à la décision.

Maintenant, si en plus, on pense que l’analyse technique a un réel fondement, lorsqu’on part de chartisme, de niveaux de résistances, etc, elle donne certainement un avantage, à condition d’être utilisée avec une stratégie cohérente.

Sans revenir sur le débat analyse technique vs analyse fondamentale, on peut raisonnablement affirmer que bon nombre de méthodes d’investissement sont efficaces.

N’importe qui, ayant passé quelques années sur les marchés, et qui applique une stratégie cohérente, peut donc être rentable.

Même des stratégies ultra simplistes peuvent être rentables à long terme. Imaginons par exemple, une stratégie consistant à acheter tous les mois une somme fixe de trackers sur le CAC40 avec comme seule règle:

– si la bougie mensuelle du tracker est baissière et si mon PRU est supérieur au cours actuelle, alors j’achète !

Même sur un indice globalement baissier depuis 20 ans comme le Nikkei, cette stratégie serait rentable.

Je ne parle pas ici du risque lié à l’émetteur, qui demanderait un minimum de diversification dans le choix des trackers (ou d’actions « sûres »)

Mais combien de particuliers (et je ne parle pas ici des professionnels qui sont d’une part soumis à d’autres contraintes et qui ont d’autre part des objectifs différents) parviennent à être réellement rentables sur le long terme ?

Combien de boursicoteurs amateurs feraient mieux de placer leur argent sur un livret ou une bête assurance vie avec fond en euros ?

La raison est simple: il est très difficile d’appliquer réellement une stratégie.

Pourquoi ?

La réponse est évidemment encore une fois à chercher dans la psychologie humaine.

Plusieurs facteurs interviennent:

l’égo, qui nous pousse à vouloir faire toujours mieux. Si je parviens à un rendement de 8%, j’ai envie de faire 10% la prochaine fois, puis 15%, puis 20%, etc. Je commence donc à « améliorer » ma stratégie qui finie par disparaître totalement.

l’inconstance. Nous sommes sans cesse soumis à de nouvelles offres, de nouvelles idées. Regardez donc tous ces sites boursiers qui proposent leur nouvelle méthode (de préférence avec un abonnement payant en passant). Lisez donc ce que proposent les autres sur des forums. Ecoutez vos amis « bien informés ». Même s’il y a certainement bon nombre de bon conseils dans tout ceci, le fait d’adopter de nouvelles méthodes va tuer les anciennes. Je dirais même que l’inconstance a augmenté sur tous les plans. Tout va plus vite maintenant. On veut de plus en plus tout essayer, tout voir, tout faire.

les « accidents » de la vie. Un mariage, un divorce, une naissance, un décès d’un proche, un changement d’emploi. Tout ceci influe à la fois votre état d’esprit et vos revenus et donc votre épargne et vos investissements. Si vous utilisez une stratégie gourmande en temps ou en argent, il est probable que vous ne pourrez pas la tenir sur la durée.

– la déception et un manque de volonté. Si une stratégie ne fonctionne pas si bien que ça ou pire encore, si elle passe par une période de perte, on a tendance à l’abandonner, alors que bien souvent, c’est justement à ce moment qu’elle va entrer dans une période gagnante. Si vous partez pour une stratégie qui a toutes les raisons d’être rentable, après l’avoir bien pensé évidemment (même si elle est aussi simple que ci-dessus avec l’exemple sur trackers…), il ne faut pas s’inquiéter si elle a de mauvaises performances pendant un certain temps (quelqu’un qui l’aurait débuté sur Nikkei  à la fin des années 90 risquait de ne pas revoir de profit avant des années), tant que celles-ci sont logiques et prévisibles dans l’énoncé même de la stratégie.

psychologie 2

Comment parvenir à appliquer une stratégie ?

Chacun doit trouver sa réponse, car chacun a sa psychologie propre.

Je ne peux que vous fournir la mienne:

mettre par écrit la stratégie que l’on utilise pour pouvoir la relire à chaque fois que l’on doute ou que l’on est entrain de la changer

prendre son temps pour développer une stratégie en notant ses limites et conditions d’applications. Si une stratégie est très risquée, mais qu’elle peut s’avérer très rentable, il faut le prendre en compte pour ne pas s’étonner qu’elle soit perdante pendant un certain temps. Le mieux est bien entendu d’éviter le risque excessif, mais encore faut-il être capable de l’identifier !

utiliser plusieurs stratégies (quelques une seulement, pour ne pas s’éparpiller) avec des échéances fixes. Par exemple, j’utilise la stratégie A pendant 5 ans. Au bout de cette période, je regarde son rendement et ses contraintes. Soit j’en suis satisfait et je repars pour X années, soit je l’adapte ou je l’abandonne complètement. Je travaille par des cycles avec des objectifs précis.

Vous remarquerez que je me place du point de vue de l‘investisseur, avec donc une vision sur plusieurs années au minimum.

Pour les hyperactifs du trading, on peut évidemment réduire la fréquence de remise en question d’une stratégie à quelques mois ou quelques semaines.

Ceci dit, au risque de vraiment me répéter, le trading sur de courtes périodes est inadapté aux particuliers, car cela revient à faire un travail à plein temps…

Vous noterez que pour moi, utiliser plusieurs stratégies fait partie d’une méta-stratégie. D’une certaine manière, je pousse la diversification jusqu’aux méthodes utilisées.

Sans rentrer dans les détails, j’utilise:

– une stratégie long terme sur Forex (environ 30% de mon capital)

– une sous-stratégie spéculative sur Forex (environ 10% de mon capital)

– une approche value sur actions décotées (environ 40% de mon capital)

– une approche growth sur actions (environ 20% de mon capital)

Vous allez me dire que ça commence à faire beaucoup, et vous aurez sans doute raison, mais il faut garder à l’esprit que l’essentiel de mes investissements se basent sur une périodicité mensuelle ou hebdomadaire. Cela ne me prend donc pas beaucoup de temps (si j’exclue la tenue de ce blog bien évidemment !) et cela ajoute de la diversification.

Je n’encourage évidemment personne à utiliser de telles répartitions, mais le principe même de la diversification me semble sain pour n’importe quel investisseur.

A chacun sa méthode !

Bons investissements !

diversification

PS: je vous conseille tout de même de ne pas utiliser la première stratégie citée plus haut sur une part trop importante de votre portefeuille !

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