Savoir garder la tête froide en Bourse

grozen buddha

Je profite des ces températures caniculaires en France pour parler un peu de fraîcheur…

Tous les investisseurs se sont déjà retrouvées dans une situation où ils ne savent plus très bien quoi penser ni faire.

Il se peut que la pépite repérée récemment, au lieu de s’envoler comme prévu, ne fait que plonger alors que la logique dit le contraire. Mais le Marché n’en a que faire !

Ou alors, une société que l’on croyait sûre se retrouve empêtrée dans un scandale financier et comptable.

Pire encore, une augmentation de capital « surprise » vient diluer fortement les actionnaires.

Il arrive aussi que les conditions du marché deviennent imprévisibles. Nous l’avons vu récemment avec la chute des prix du pétrole. Aucune grosse compagnie n’a prévu cela. Si on regarde les prévisions pour le dernier trimestre 2014, personne ne voyait venir la crise. Notez au passage que c’est presque toujours le cas. En effet, pour qu’un mouvement violent de prix se fasse, il faut nécessairement qu’il surprenne la majorité des intervenants. Une fois encore, le fait d’avoir une armée d’analystes à sa disposition ne change rien au résultat.

D’autres exemples existent: bien que les devises soient de plus en plus virtuelles, imprimées à tout va, endossées à des États sur-endettés, l’or baisse. Les terres rares ? Des pénuries sont annoncées dans les décennies à venir sur certains éléments essentiels à l’électronique moderne et aux aimants, la Chine verrouille le marché, pourtant le pic des prix de 2011 ne s’est encore pas reproduit.

L’esprit humain est sans cesse en proie au doute. Ai-je fais le bon choix dans mes études ? Dans ma vie sentimentale ? Dans l’achat de cette résidence principale/voiture/camping-car/terrain/chien/chat, etc. ? Est-ce que je ne devrais pas me remettre au sport ? A la marche ? A une nourriture « plus saine » ?

Aristote disait déjà que « le doute est le commencement de la sagesse« .

Certes, mais il est aussi la preuve d’un manque d’esprit de décision, d’une faiblesse de la volonté. Je préfère d’ailleurs Voltaire à ce sujet: « le doute est un état mental désagréable, mais la certitude est ridicule« .

En effet, dans tous les domaines, il n’y a pas de certitude absolue. Le cerveau humain semble d’ailleurs conçu pour faire face à l’imprévu. Quelle certitude pouvait avoir le chasseur de l’âge de pierre ? Si la nature des incertitudes a évolué au fil des millénaires, il n’en n’est rien de leur existence.

Cela tombe bien, notre cerveau est donc prévu pour faire face au doute.

Douter en investissement/en trading

Personnellement, je doute toujours de la moindre décision. Ne pas le faire serait d’ailleurs dangereux, puisque cela entraînerait tôt ou tard des prises de risques inconsidérées. En investissement (et donc encore plus rapidement en trading), la certitude est fatale !

De l’autre côté de la balance, on peut se retrouver à hésiter tellement longtemps que l’on ne prend pas de décision, ce qui revient à ne rien faire: « le Marché est trop cher, je vais attendre une prochaine correction. », « Les cours n’arrêtent pas de dévisser, je vais attendre que cela se calme un peu. » Ou bien, on prend si peu de risque que cela frôle l’inutilité. Si j’achète des actions d’un montant de 0,5 % de mon portefeuille, certes je calme mes doutes de subir des pertes, mais j’ai également la certitude de ne rien (ou presque) gagner…

Comme souvent dans notre vie, c’est l’équilibre qui apporte la solution.

Comment surmonter ses doutes ?

On peut se réfugier derrière des méthodes de trading/investissement.

Quelqu’un de convaincant/qui a démontré un succès vous explique une méthode, que vous n’avez qu’à suivre…

En effet, cela déplace le doute vers une fausse certitude donnée par quelqu’un d’autre. Je vous renvoie sur l’expérience de Milgram à ce sujet pour montrer les dérives potentielles. A partir du moment où l’on perd son libre arbitre à travers une confiance aveugle en quelqu’un, on devient incapable de faire la part des choses et de prendre du recul. En ce qui me concerne, je ne fais confiance qu’à moi sur le sujet de mes décisions financières. Cela ne veut pas dire qu’il faut rester sourd à des conseils éclairés, mais cela demande de faire l’effort de s’approprier ces conseils et de ne pas se contenter de les ingurgiter stupidement.

Une méthode éprouvée permet donc de se rassurer dans les moments difficiles. Et en investissement, les moments difficiles sont légions. Si vous achetez une action et que le lendemain, le cours dévisse de 5% (pour des raisons extérieures ou non), vous êtes déjà dans un moment difficile. La panique étant mauvaise conseillère, il vaut mieux s’accrocher à une méthode logique.

Vous est-il déjà arrivé de regarder un film d’horreur en disant « mais qu’est qu’il/elle est idiot(e), il ne fallait surtout pas faire cela » en vous énervant devant le mauvais choix des actions des personnages, avec une issue évidemment fatale pour eux ? Dans les moments de stress, on ne prend que rarement la décision la plus rationnelle, que l’on aurait sans problème prise à froid.

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Le stress et l’adrénaline n’aident pas à la réflexion. Sans rentrer dans les détails, plus on est stressé, et moins on réfléchit en s’aidant de son néocortex (la partie la plus évoluée du cerveau, siège de la réflexion) et plus on revient à ses instincts primaires (dans la partie dite « reptilienne » de notre cerveau). Or, si dans une pure situation de survie, ce qui compte c’est la vitesse, en investissement, il n’est pas forcément judicieux d’agir à l’instinct. D’ailleurs, si on se place dans le point de vue de l’évolution, le fait d’avoir gardé ces capacités instinctives donne une chance statistique de s’en sortir même en cas de catastrophe. Je vais prendre l’exemple simple d’un camion qui fonce sur vous. Peut-être que l’action réflexe à prime abord totalement stupide de se cacher le visage vous permettra de survivre, car au dernier moment le conducteur a repris le contrôle pour vous éviter, alors que si vous vous étiez jeté sur le côté, peut-être que vous auriez été écrasé. Les actions irrationnelles donnent donc une chance de survie à des membres d’un grand groupe.

Autrement dit, faire une action « stupide » peut être favorable dans des situations imprévisibles.

Cela ne vous rappelle rien un domaine où la majorité, qui fait pourtant ce qu’elle considère rationnelle, a tort face à une minorité qui empoche tous les gains ?

Oui, le trading fonctionne ainsi: il ne peut y avoir de gains pour une minorité qu’uniquement parce qu’une majorité se trompe.

C’est d’ailleurs le principe de certaines stratégies, par exemple le trading/investissement contrarien.

Ceci dit, ce n’est pas parce que cela peut fonctionner qu’en moyenne cela fonctionnera. Par exemple, le meilleur moyen de rester en vie n’est certainement pas de traverser une autoroute à l’heure de pointe les yeux fermés en rampant au sol. Même si cela peut être un avantage décisif sur le piéton prudent, restant au bord de la route à une borne d’arrêt d’urgence, dans le cas où un camion bourré de produits inflammables percutait un autre..

Autrement dit, en investissement, sur la durée, il vaut mieux choisir le choix majoritaire que d’essayer de s’y opposer. Cela s’appelle du suivie de tendance.

Ces deux stratégies peuvent fonctionner, à mon avis, le mieux est de combiner les deux (l’équilibre encore une fois…).

En effet, si on parvient à aller contre la foule au bon moment (dans la panique ou dans l’euphorie), et qu’on la suit le reste du temps (lorsque le Marché est calme), on augmente ses chances…

Mais  comment faire pour parvenir à un tel exploit ?

La solution est à la fois simple et difficile à mettre en œuvre: il faut de l’expérience et un plan de trading/une méthodologie écrite.

Pour obtenir de l’expérience, il n’y a que deux solutions: profiter de l’expérience des autres (à travers un mentor – mais attention qu’il ne devienne pas un gourou, ou des livres/hypertextes) et s’entraîner par la pratique (le plus tôt possible et le plus longtemps possible).

Pour obtenir une méthodologie, il faut se donner la peine d’en adapter/développer une.

Autrement dit, il faut consacrer du temps et de l’énergie.

Et oui, ceux qui croient dans les méthodes miracles qu’il suffit de suivre bêtement, de préférence en 5 minutes le week-end risquent d’avoir des mauvaises surprises (et je ne parlerais même pas du trading automatisé fait par des « robots » développés par d’autres…)

Attention, cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas des méthodes peut gourmandes en temps et tout à fait efficaces, mais les adopter et les appliquer réellement peuvent demander des années…

Se remettre en question

Le doute a ceci de bien qu’il permet également de se poser parfois les bonnes questions. Est-ce utile de persévérer dans une voie ?

C’est à chacun de trouver sa réponse, mais en matière d’investissement, il y a un magnifique indicateur: le pourcentage de gains/ou de perte. Si vous vous décarcassez pour gagner quelques pourcents par an, est-ce que cela vaut bien le coup ? Mieux vaut alors changer de stratégie/ faire évoluer sa méthode.

En ce qui me concerne, j’ai abandonné les méthodes de trading à court terme sur Forex car au final, cela demande trop de temps et ne rapporte pas plus que le trading long terme, que l’on peut donc qualifier d’investissement. Cela ne m’empêche cependant pas de conserver des comptes de trading Forex, à la fois pour garder une réserve disponible en cas de besoin et pour me diversifier en devises (au-delà des mes actions étrangères évidemment) par des positions à très faible levier.

Cela est sans doute une question de personnalité et de psychologie individuelle, mais je ne connais pas de particuliers gagnant sur le court terme et qui durent, ne serait-ce que parce que cela demanderait une présence incompatible avec une vie professionnelle normale.

Mais là encore, il faut du recul, car peut-être qu’une méthode donnée était très efficace, sauf pendant une ou deux années. On revient donc au besoin de temps.

Un bon investisseur(/trader) est un investisseur qui dure (et ce n’est pas Warren Buffet qui dira le contraire…)

Petite remarque en passant sur cette thématique de la durée. Je suis moins actif sur mon site ces derniers mois pour trois grandes raisons:

– des imprévus familiaux couteux en temps

– je mène d’autres projets en parallèle.

– j’ai déjà dis beaucoup de choses sur ce site, et si quelqu’un lisait tous les 170 articles et essayait de s’en inspirer pour son propre trading, je pense qu’il aurait déjà de nombreuses clés à sa disposition

Mais ne vous inquiétez pas, je vais poursuivre ce blog, au gré des vents…

 

 

 

 

2 Réponses à “Savoir garder la tête froide en Bourse”

  1. Jean dit :

    Que pensez des traders comme Kerviel ? Ceux qui ont un jour laisser l’appât du gain prendre le dessus sur la raison

    Je suis tombé sur ça récemment :
    http://www.pret-dunion.fr/plus-grosses-pertes-trading/

    J’en viens à me demander comment il est possible que de tel personnes ne se remettent pas en question sur justement le ratio gain/perte !

  2. stephane dit :

    Bonjour,et merci pour tout votre travail trés trés précieux.

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