Pourquoi j’évite de trader les CFD

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Les CFDs (Contracts For Difference) sont des produits dérivés qui permettent de trader sur différents produits.

Les plus fréquents sont les indices, certaines matières premières et produits financiers. Il en existe bien d’autres, y compris des CFDs sur actions.

Les moins chers (comprenez par là, ceux qui demandent le moins de marge et de frais de la part du courtier, et qui possède les spreads les plus réduits) sont en général les CFDs sur les grands indices comme le CAC40, le DAX30 ou le SP500 pour ne citer que ceux là.

La cotation des CFDs:

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le contrat passé en achetant ou en vendant des CFDs se fait entre le client et le courtier. En comparaison, quand vous achetez des actions, vous payez des frais à votre courtier pour qu’il les achète à votre place, mais ce sont bien vos actions par la suite. Quand vous achetez un CFD sur une action (ou sur un indice, etc), vous passez un contrat avec votre courtier qui s’engage de caler le cours de son CFD sur le cours de l’action.

D’une part, la cotation peut être décalée par rapport au sous-jacent, notamment lors d’une forte volatilité et d’autre part, la cotation peut se poursuivre alors que le sous-jacent ne côte plus. Par exemple, le CAC40 arrête de coter au fixing de clôture à 17h35 alors que le CFD qui suit ce cours s’arrête de coter à 22h en ce moment !  Comment est déterminé le cours ? Et bien, il dépend de l’évolution des marchés américains. Comment exactement ? Et bien, je n’en sais rien. Et c’est justement ce qui m’inquiète.

Prenons par exemple les conditions d’un courtier spécialisé en CFD, IG qui est un courtier régulé, à priori sérieux et qui offre même des stop loss garantis (en échange d’un spread plus grand payé à l’ouverture de la position toutefois).

Pour les ordres Risque Limité, la prime est facturée à l’ouverture de la position. Les positions a risque limité sont clôturées si le cours d’achat ou de vente atteint le niveau de stop spécifié. Il est possible qu’il n’y ait aucun point de comparaison à la cotation qui a déclenché le stop, notamment lorsque les marchés sous-jacents sont fermés.

Si le cours d’un CFD atteint le niveau de stop garanti déterminé par un client et que sa position est clôturée, cette exécution peut influencer notre cotation, et déclencher alors un ordre stop instruit par un autre client.

 Autrement dit, cela veut dire que le cours peut se balader librement, et déclencher un stop, sans rapport avec le sous-jacent. Autrement dit encore, le courtier fixe ses propres cotations.

Et là, je parle bien d’un courtier sérieux qui ne fait que se couvrir et gérer son propre risque.

Imaginez un courtier un peu plus limite…

Je parlais ici de stop loss garanti. Dans les autres cas, le stop loss n’est exécuté qu’au mieux… Comme pour les actions me direz vous. Rien d’alarmant, mais tout de même. Cela veut dire que s’il y a un fort mouvement, vous pouvez très bien voir vos ordres être exécutés avec un fort décalage. Donc si vous utilisiez un gros levier, ça peut vite faire des dégâts.

Les gaps de fin de journée:

Un gap correspond à un « saut » dans la cotation avec des valeurs qui n’existent pas dans les cours. On les observe souvent à l’ouverture des marchés, lorsqu’il y a eu un événement ou une annonce particulière après la clôture.

Prenons l’exemple suivant. Le graphique (cliquez dessus pour l’agrandir) représente l’Euro Bund allemand, qui correspond à l’obligation allemande à 10 ans. Il s’agit d’un CFD dont le sous-jacent est le Future sur l’obligation allemande (ça commence à devenir compliqué, n’est-ce pas ?).

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il s’agit d’un CFD qui en principe n’est pas trop volatile (par rapport au pétrole ou au cuivre pour ne citer que ceux-là). En effet, le Bund allemand est un peu une valeur refuge.

Imaginons une tendance haussière, avec une phase de correction. Une stratégie de trading pourrait consister en l’hypothèse de poursuite de la hausse dès que la ligne de tendance est brisée à la hausse. En plus, la MME50 tente de franchir à la hausse la MM200. Tout cela pourrait constituer un bon signal d’entrée quelque part dans la zone verte. On pourrait placer un premier stop loss (gros rectangle rouge) sous les derniers plus bas.

Le cours stage, la cassure ne se se développe pas réellement et les moyennes mobiles sont proches et plates. Cela commence mal, mais après la flèche verte, le mouvement prend enfin à nouveau le chemin de la hausse.

On pourrait se fixer une première cible de profit vers les derniers plus hauts et se fixer un second stop loss sur un plus bas récent (petit rectangle rouge) en se disant qu’on ne sait jamais, la tendance peut très bien s’inverser…

Le 27 mai au soir, on se dit que ça serait bête de sortir maintenant et que la tendance peut encore bien se développer le lendemain. Au pire, on a un stop loss qui limitera la perte.

Et on va se coucher tranquillement…

Le lendemain, à la reprise des cotations, l’horreur : le stop loss a été directement déclenché, et comme il y a eu un gros gap, il s’est déclenché beaucoup plus bas, même beaucoup plus bas que le premier stop loss large !

Et pour peut qu’on avait un peu trop de levier, la catastrophe est là et on ne peut plus rien y changer !

Et même si on utilisait un levier raisonnable, vu que le stop loss est largement dépassé, il est fort à parier que les pertes seront trop conséquentes pour rester négligeables !

Voilà, c’est pour cela que j’évite les CFDs ou alors avec un petit levier, sur de l’intra-day (mais ça ne m’arrive presque jamais car cela impliquerait trop de présence devant mes écrans) ou sur des périodicités d’au moins 4 H.

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En passant, tous les courtiers proposant des CFDs indiquent quelque part ce genre de chose:

« Le service d’exécution d’ordres sur CFD présente un risque élevé et peut aboutir à des pertes excédant votre investissement initial. La négociation sur CFD ne convient pas à tout type de client. Veuillez vous assurer que vous avez pris pleinement conscience des risques inhérents à ce type d’opérations. »

Sans être paniqué par cette phrase, il faut tout de même bien comprendre que cela implique deux choses :

– si vous subissez un décalage de cours et que votre ordre stop est exécuté plus loin que prévu, et que de ce fait votre compte explose, vous devez payer la différence. A moins de jouer avec de gros levier, cela ne peut pas arriver… Mais certains jouent justement avec le levier…

– les CFDs sont des produits à levier qui peuvent s’avérer dangereux à manipuler. Cela n’a rien à avoir avec l’achat pépère de quelques actions Total ou Sanofi (et encore, réalisé n’importe quand et comment, on peut y perdre pas mal d’argent, mais au moins votre courtier ne viendra pas vous présenter en plus une facture).

Les derniers jours de cotations:

Une autre faiblesse des CFDs (tout comme pour les Futures dont ils découlent en général), c’est qu’ils ne durent que quelques mois au plus. Après, le contrat est clôturé et on passe au suivant, avec éventuellement un décalage (effet contango ou backwardation) entre mes deux contrats.

Cela m’est déjà arrivé d’être sur un trade tout à fait gagnant sur le pétrole, mais par manque de temps, je me suis laissé surprendre par la fin d’un contrat. Et le temps de reprendre une position sur le nouveau contrat quelques heures plus tard, le cours avait déjà chuté et s’est rapidement retourné, me laissant avec une toute petite perte au lieu d’un gros gain.

Depuis ce jour, je vérifie systématiquement si la fin du contrat n’est pas trop proche avant d’entrer en position. Mais comme toutes ces vérifications prennent du temps (et comme évidemment rien n’est simple, chaque contrat ayant sa date de fin propre et souvent du type « le Xème jour ouvré avant la fin du mois du contrat »), j’ai résolu le problème en ne tradant  plus les CFDs sauf dans des cas où la configuration me saute par hasard tellement aux yeux que je pense que j’ai plus de 80% de chance de succès sur un trade donné ET que je sais que j’aurais du temps devant moi. Autrement dit, si je ne surveillais pas de temps à autre certains CFDs pour avoir une idée du « Marché », je ne prendrais jamais de position.

Le Forex, parmi toutes les difficultés qu’il implique, a au moins la qualité de ne pas connaître de gap surprise, puisqu’il cote en continu (sauf les week-end, et encore, même avec un avion qui se fait exploser dans une tour à New-York, les mouvement restent contenus, pour peu qu’on n’exagère pas sur le levier).

Pour conclure, l’investisseur particulier devrait éviter les CFDs et préférer le Forex à faible levier ou les actions avec une stratégie dûment réfléchie et testée.

Bien évidemment, chacun a ses affinités, et on peut très bien s’en sortir avec des CFDs pour peut qu’on accepte leurs contraintes et que l’on adapte un money management approprié avec une stratégie cohérente.

A chacun de trouver son style et son (ses) produit(s)…

8 Réponses à “Pourquoi j’évite de trader les CFD”

  1. bonjour

    merci pour cet article très intéressant pour comprendre la puissance des réseaux sociaux

    ludovic

  2. Jess dit :

    Bonjour

    je n’ai jamais vu un article qui donnait autant de contre vérités !!! je me pose SERIEUSEMENT la question :  » est ce que l’auteur s’y connait un peu ?? »
    Je ne vois pas en quoi le Forex a petit levier serait mieux que le CFD qu on peut prendre à petit levier …quoi qu il en soit y a pas de produits pire que d’autres (à part les actions car il y a la TFF (taxe) a payer si on garde OVN)

    Je ne releve pas toutes les erreurs il y en a trop !

    …Quoi qu’il en soit il n’y a jamais de « mauvais produits » ça depend de la personnalité, personnelement je ne trade QUE sur CFD, j’evite donc les actions pour eviter la taxe de 0.2%, mais aussi les produits de types options…

    le pompom c’est le 1er commentaire : « merci pour cet article très intéressant pour comprendre la puissance des réseaux sociaux »

    Il a pas du bien lire l’article !LOL

    • L'Investisseur (très) Particulier dit :

      Bonjour,

      Vous ne relevez pas toutes les erreurs, car il y en a trop. Justement, n’hésitez pas à en relever, ne serait-ce même qu’une seule; histoire d’argumenter plutôt que d’avancer des choses gratuitement…
      J’ai utilisé des CFD depuis 2008, donc ce que je dis vient de mon expérience personnelle (comme tout ce que j’avance dans ce blog). Je ne prétends nullement être un grand trader, mais j’ai mon petit vécu qui me permet d’affirmer des choses que j’ai pu vérifier…
      Au niveau de votre commentaire, il se peut que vous aussi n’ayez pas bien lu l’article, puisqu’il me semble bien que je terminais par « A chacun de trouver son style et son (ses) produit(s) ».
      Personnellement, j’évite les CFD pour toutes les (bonnes) raisons citées dans l’article. Après, je ne dis pas que certains y trouveront leur compte.

  3. Leclerc dit :

    lorsque l on ose trader les cfd, on ne fait que cela. La tête sur les écrans et le « stop » c’est ton doigt.
    Voila

  4. kero dit :

    Les CFD sur le CAC40 suivent les futures CAC après la clôture du jour.

  5. Particle dit :

    Oui les futures côtent de 8h à 22h GMT, les brokers CFD se servent de ces cours là..

    Tu dis à la fin de ton article qu’il serait préférable d’éviter les CFD pour le forex…. Tu prouve à ce moment là que tu ne connais absolument pas ton sujet.
    Le trader en compte propre n’a pas accès au vrai forex, il n’a accès qu’au CFD sur forex.
    Renseigne toi

    • L'Investisseur (très) Particulier dit :

      Il s’agit d’une simplification, car le Forex (et donc les CFDs sur Forex, nous sommes bien d’accord) ne fonctionnent pas de la même manière au final, car sur le Forex, il n’y a pas le problème d’horaires de cotations et d’échéances, qui sont deux choses qui me gênent particulièrement avec les CFD.

  6. C’est pour ces raisons que le gouvernement français autorise le trading de CFD protégé avec stop loss garanti depuis avril 2017. Les effets de levier sont limités aussi je crois.

    Une bonne chose je trouve.

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