Pourquoi il faut éviter certains trackers à levier dans une stratégie de long terme

glissade

Le beta slipping (ou slippage) se définit par une perte progressive de sa valeur par rapport à l’indice de référence. Il s’agit donc d’une « erreur » de valorisation dont il faut prendre conscience.

Comme quelques images valent mieux qu’un long discours, voilà les graphiques en données hebdomadaires des 5 dernières années de cotations pour le CAC40 (PXI), le LVC (tracker à levier x2), et le BX4 (tracker short à levier x2).

cac40_pxi_weekly 5 ans 15 avril 2014 cac40_lvc_weekly 5 ans 15 avril 2014 cac40_bx4_weekly 5 ans 15 avril 2014

Prenons plusieurs dates:

Le 29/12/2008, au cœur de la crise:

CAC40 à 3349.69 points

LVC à 6.363

BX4 à 94.26

Quelques mois plus tard, le 28/6/2010:

Le CAC, après diverses fluctuations, est revenu quasiment au même niveau, à 3348.37 points pour être précis.

Le LVC est à 6.566, soit une augmentation de 3.19% (alors qu’il n’aurait pas dû bouger).

Le BX4 par contre n’est plus qu’à 56.90, soit une perte de 39.64% !

Encore plus tard, le 24/10/2011:

Le CAC est de nouveau à 3348.63 points.

Le LVC est à 6.309, soit une légère perte de 0.85%

Le BX4 est à 41.20, ce qui fait une perte de 56.29 % en presque 3 ans, alors que le CAC40 est toujours au même niveau, après quelques yoyos !

En peut donc en conclure que le beta slippage du LVC est négligeable, même s’il existe.

Le BX4 par contre perd une grande partie de sa valeur au fil du temps et il faut donc à tout prix éviter de le garder !

Prenons maintenant un cas concret

Quelqu’un qui aurait acheté du LVC en fin d’année 2012, au 31/12/2012 à 7.881 et qui l’aurait revendu un an plus tard à 10.538 le 30/12/2013 aurait donc fait un gain de 33.7%.

Pendant cette année, le CAC40 a lui gagné 13.9% (de 3730.02 à 4247.65).

Autrement dit, il aurait fait une très bonne affaire, car l’effet de levier x2 a même été dépassé (+33.7% au lieu de +27.8% théorique).

En ce qui concerne le BX4, celui-ci aurait perdu 34.1% (passant de 24.275 à 15.995). Là encore la variation théorique a été dépassée.

Si nous faisons le même raisonnement pour un achat fin 2011 et une revente fin 2012, qui était une période baissière pour le CAC 40, nous obtenons les variations suivantes:

CAC40 : -16.96 % (de 3804 à 3159)

LVC: -33.3% (de 8.278 à 5.525)

BX4: +5.08 %  (de 40.96 à 43.04)

Autrement dit, en période haussière, le BX4 perd bien plus du double de la variation du CAC40, mais en période baissière, il ne gagne presque rien sur le long terme.

J’ai fais ces quelques démonstrations en utilisant ces trackers Lyxor par commodité. Ils ne sont pas mieux ni moins bien que ceux de la concurrence. Le principe de calcul reste le même pour tous les trackers. Vous pouvez comparer vos trackers favoris à leurs indices de référence (n’hésitez d’ailleurs pas à partager vos résultats ici !).

En regardant l’évolution sur 5 ans du CAC40 (et du CAC40-GR, avec dividendes réinvestis), du LVC et du BX4, on voit clairement ce qu’est ce beta-slipping. Lorsque fin 2011, le CAC40 revient à son niveau de départ, on voit clairement qu’il y a une petite différence avec le LVC (qui est pourtant un tracker à effet de levier 2) et une grosse différence avec le BX4.

cac40_gr-bx4-lvc_17-04-2009 au 17-04-2014

En conclusion, les trackers à levier ne sont pas tous faits pour le long terme, notamment les trackers short. N’oubliez pas non plus que les émetteurs de ces trackers prennent des frais de gestion, certes moins importants que pour les SICAV/FCP, mais rien ne vaut une gestion directe d’un porte-feuilles d’actions d’entreprises ! A moins bien sûr que vous ne pouvez pas vous diversifier suffisamment, ou que vous n’avez vraiment pas le temps de vous en occuper, auquel cas un investissement progressif sur des trackers longs peut s’avérer intéressant et rentable sur le long terme…

Bons investissements !

(3 commentaires)

    • edouard on 8 décembre 2015 at 17 h 48 min
    • Répondre

    bonjour,

    Si on regarde les résultats finaux dans le dernier graph de comparaison, on remarque que le CAC a fait, sur 5 ans, +43.3%, et que le LVC a réalisé +84.1% au lieu de 86.6%, et le BX4 -85.5% au lieu de -86.6%. ces résultats ne semblent pas être si choquants. Je comprends bien que, sur une longue période haussière ou baissière, les résultats diffèrent, mais si nous investissons sur le (très) long terme, on remarque que l’on est pas loin du rendement attendu. Qu’en pensez-vous?

    Cordialement,

    • Nicolas on 13 janvier 2020 at 10 h 55 min
    • Répondre

    Edouard, qui s’attend à un rendement de -85%! ? Car c’est ce qu’il s’est passé avec le BX4. Et il ne rattrapera JAMAIS cette baisse, comme expliqué plus haut (le BX4 ne remonte que très peu alors même qu’il y a une baisse du CAC40). En revanche le LVC suit à peu près les variations du CAC, en les multipliant par deux.
    Peut-on savoir comment alors » jouer » une baisse du cac40 à long terme, puisque qu’avec le BX4 on est perdant?

    1. Le BX4 n’est pas fait pour du long terme, mais jouer à la baisse la Bourse sur du long terme n’est pas une très bonne idée. Garder du BX4 pendant un ou deux ans fait forcément perdre de l’argent, mais cela n’empêche pas qu’en cas de vraie crise comme en ce moment, il devienne rentable…
      Personnellement, j’utilise des CFDs à la baisse en temps de crise, mais ce n’est pas à recommander sans grosse expérience dans le domaine.

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