Choisir ses indicateurs en trading

(source: AFP.com/Eric Piermont)

 

Ah les indicateurs… Il y en a pour tous les goûts. Des indicateurs linéaires, en histogrammes, en point, chiffrés, avec des couleurs, sur le graphique du cours, sous le graphique, sur le graphique, à côté du graphique, des indicateurs fixes, des indicateurs qui « repeignent » en fonction des cotations ultérieures, des indicateurs qui s’appliquent sur d’autres indicateurs…

En plus, on peut en programmer soi même sur la plupart des plate-formes de trading, pour peu qu’on ait envie d’apprendre un langage de programmation plus ou moins complexe !

Beaucoup de gens qui débutent en trading (surtout sur Forex, où la plate-forme MT4, très répandue, est un véritable paradis pour les indicateurs), recherchent l’indicateur ultime. Celui qui va prédire les cours, à coup sûr, on au moins la plupart du temps.

Si un tel indicateur existait, pensez-bien que tout le monde l’utiliserait pour gagner « à coup sûr » ! Et du coup, comme tout le monde « gagnerait », les cruelles lois mathématiques de l’offre et de la demande feront en sorte que plus personne ne gagne et l’indicateur sera à jeter avec les autres…

Mais alors pourquoi utiliser des indicateurs ?

Parce qu’ils… Je n’ose pas l’écrire tellement c’est évident !… Parce qu’ils indiquent des choses qu’on a du mal à voir autrement !

Attention, non pas qu’ils prédisent des cours. Non, ils nous montrent d’une autre manière ce qui apparait déjà sur un graphique.

Et oui. Le cerveau humain est ainsi fait. Il ne voit pas toujours clairement ce que ses yeux lui transmettent.

Pensez aux illusions d’optiques… Sur le premier dessin, vous croyez voir des points noirs ? Et bien, il n’y en a pas !

Et sur le deuxième dessin, le visage du vieil homme n’est qu’une création de votre esprit…

 

Bref, parfois il suffit d’aider un peu notre cerveau « à mieux voir », sans tomber dans le piège inverse, à savoir lui faire voir ce qui finalement n’est qu’une illusion.

Les indicateurs ne servent donc qu’à aider à voir ce qu’un graphique cache… D’ailleurs, un graphique est lui même déjà un indicateur des prix chiffrés. Il en existe d’ailleurs une grande variété (en ligne, en barres, en bougies, en Heiken Ashi, et j’en passe !)

Je considère que l’évolution des cours est déjà tellement complexe à interpréter qu’il faut utiliser les indicateurs les plus simples possibles. A commencer donc simplement par un graphique des prix.

Personnellement, j’utilise surtout trois indicateurs:

– un graphique en bougies japonaises

– une bande de Bollinger, réglée par défaut (20 périodes, écart-type de 2)

– un RSI (14)

En fait, pour être précis, je regarde avant tout les cours représentés par des bougies.

Le reste, je ne le regarde que pour confirmer des informations:

– divergence entre RSI et prix

– prix touchant les bandes de Bollinger

Bien sûr, je regarde aussi d’autres indicateurs à l’occasion, quand je veux voir quelque chose de particulier. L’OBV (sur les actions) pour repérer des divergences, le CCI (mon premier amour), le MACD et bien sûr les moyennes mobiles « classiques » (50 et 200 surtout)… Mais cela reste pour moi des outils complémentaires, notamment pour me fixer des objectifs de sortie (par exemple, un rebond sur une moyenne mobile est souvent une bonne cible…).  Je les utilise surtout quand je me sens d’humeur « analytique » (c’est à dire quand j’ai besoin de me fixer une hypothèse de travail dans un sens ou dans l’autre) ou quand je suis indécis sur une prise de position. Dans ce dernière cas, je fini généralement par ne rien faire vu que le simple fait d’être indécis prouve souvent que mon signal n’est pas très propre, et autant attendre tranquillement le suivant.

Bref, il ne faut JAMAIS oublier que les indicateurs ne font que représenter la courbe des prix, donc je pars toujours de cette dernière pour prendre une décision.

L’art de choisir (et de limiter) les indicateurs que l’on veut utiliser:

Pour moi, un indicateur doit m’aider à répondre à trois questions:

1 – est-ce que les cours ont connus récemment une variation « extrême » pouvant indiquer une correction ?

2 – est-ce que une tendance en cours est entrain de s’essouffler ?

3 – si nous sommes en tendance, est-ce que la correction actuelle est suffisamment importante pour reprendre une position dans le sens de la tendance ?

Les bandes de Bollinger aident à répondre aux questions 1 et 3.

Le RSI (et sa divergence éventuelle avec les prix) peut être une aide pour répondre à toutes ces questions.

Enfin, la forme et la couleur des bougies japonaises elles-mêmes nous donnent de précieuses indications quant au comportement prochain des prix.

Evidemment, de nombreux autres indicateurs peuvent nous renseigner sur les mêmes choses et c’est à chacun de trouver ce qu’il lui convient. Cependant, s’il est utile d’essayer de nombreux indicateurs pour trouver les siens, c’est une perte de temps à vouloir trouver l’indicateur « parfait ». Et souvent, les plus simples et les plus classiques fonctionnent très bien.

N’oubliez pas non plus qu’il faut toujours aller à la simplicité. Utiliser un indicateur qui donne la largeur de la bande de Bollinger ou la pente d’une moyenne mobile me parait inutile puisque il suffit de les regarder directement!

Si vous mettez dix indicateurs sur un graphique, vous finissez par ne plus voir les prix ! Or, les prix (d’achat et de vente) sont précisément ce qui va vous faire gagner ou perdre de l’argent !

De même, plutôt que de chercher à pousser toutes les interprétations possibles d’un indicateur, il vaut mieux se limiter à ses propriétés les plus évidentes et simples dans son trading. Par exemple, il existe de très nombreuses interprétations aux bougies japonaises. Personnellement, je ne regarde quasiment que la longueur (ou l’absence) des mèches et la taille des bougies et je laisse les motifs complexes à d’autres. De même, John Bollinger a certes écrit un ouvrage très intéressant sur le sujet, mais finalement ce qui m’intéresse surtout c’est de repérer la largeur relative des bandes et leur position par rapport au prix.

Il ne faut pas confondre analyse technique de base pour trading et analyse technique pour recherche en économie !

D’autre part, même s’il y a de nombreux points communs, chaque trader a un autre cerveau que son voisin. Nous ne percevons pas les choses exactement de la même manière. Certains seront à l’aise avec des indicateurs particuliers qui donneront mal au crâne à d’autres !

Vous devez découvrir votre fonctionnement et trouver les indicateurs qui vous sont les plus adaptés. Cela ne se fait pas en trois jours et il faut des années pour que votre cerveau puisse enregistrer les millions de motifs, de variations, qui apparaissent sur vos graphiques, de manière à pouvoir en tirer un système de trading efficace et gagnant.

Enfin, le fait que les traders pro (de banques, de hedge funds…) soient pratiquement tous des matheux de très haut niveau vient surtout du fait que la plupart d’entre eux ne tradent pas pour faire de l’argent avec leurs trades, mais tradent pour faire de l’argent avec l’argent de leur clients (par exemple, les traders qui gèrent un tracker short sur le CAC 40 doivent surtout à réussir à ce que le tracker qu’ils vendent à leurs clients respecte bien l’évolution inverse du CAC, malgré les contraintes comme l’interdiction de la vente à découvert de certaines actions, etc). Je ne parle pas de ceux qui gèrent les warrants et autres CDS ! Le tout avec des contraintes de porte-feuille, de gestion des risques corrélés à d’autres actifs de l’organisme pour lequel ils travaillent et de rentabilité que n’ont pas les particuliers.

Pourquoi vouloir travailler comme un professionnel qui n’a pas les mêmes contraintes ni les mêmes connaissances qu’un particulier ?

Bref, restez simples dans votre trading !

 

 

2 Commentaires

3 pings

    • loic sur 24 septembre 2011 à 16 h 12 min

    bravo pour ce site,vraiment pédagogique…bravo

    1. Merci.. J’essaie de répondre aux questions que je me posais à mes débuts :o)

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