L’optimisation du temps de l’investisseur particulier

pluie qui ne mouille plus

(La pluie qui ne mouille plus – Rain Room par Random International Florian Ortkrass et Hannes Koch à Galerie Barbican arts de Londres)

Eviter le cumul de petits agacements

Outre les considérations d’ordre purement pratiques pour ceux qui utilisent Thunderbird, mon article précédent permet de lancer une réflexion pour améliorer sa vie quotidienne.

Combien de petits détails agaçants, mais suffisamment peu importants pour qu’on s’y habitue, empoisonnent petit à petit notre existence ?

Cette chasse d’eau qui coule un peu parfois, ce miroir fissuré qui demande à se pencher pour bien voir, cette vitesse qui passe mal mais n’empêche pas la voiture de rouler, cet écran de trading qui ne convient pas exactement à ses attentes, etc.

Les petits ruisseaux forment de grands fleuves, les nombreux grains de sable finissent par former une dune, les exemples où les petits détails finissent par s’accumuler suffisament pour provoquer une conséquence de plus grande importance sont infinis.

Lorsqu’on se laisse déborder par les petits détails, on fini par aller droit à l’accident. Que ce soit sur le plan physique, mental, environnemental ou  économique.

Il faut être capable de faire la part des choses.

Qu’est-ce que mon inaction va entraîner sur le long terme ?

Si je dois déménager d’ici quelques mois, il n’est pas judicieux de s’embêter à changer une chasse d’eau par exemple. Par contre, si je suis a priori encore dans le même habitat pour longtemps, autant le faire le plus vite possible puisque cela sera autant de mini-agacements futurs qui seront évités.

Les exemples sont multipliables à l’infini.

Le tout est de ne pas sombrer dans la tendance inverse, au point de devenir un maniaque de l’optimisation et de tout faire dans l’optique que cela sera rentable « plus tard ». C’est comme ça que l’on passe à côté de sa vie.

La recherche de l’équilibre, une fois encore, est la seule règle à suivre.

L’optimisation du temps de l’investisseur

Si on veut investir efficacement sur la durée, il faut s’organiser et optimiser les petites choses répétitives qui font perdre du temps.

A moins d’être gestionnaire de fortune professionnel ou semi-professionnel, un particulier n’a généralement que (trop) peu de temps à consacrer à ses investissements. Il a donc d’autant plus d’intérêt à s’organiser.

prise-de-notes

Par exemple (basé sur ma propre expérience, mais chacun est différent):

  • je mets systématiquement un fichier à jour après chaque achat/vente/dividende d’une action, grâce à un tableau Excel qui calcule automatiquement les totaux, le tout organisé par mois. D’une part, j’ai une vision d’ensemble de mes mouvements et d’autre part, lorsque vient le temps de remplir sa déclaration d’impôts, il est facile de s’y retrouver.
  • Pour chaque transaction de mon portefeuille boursier, je tiens un journal simplifié mentionnant la stratégie précise à adopter pour telle ou telle action (avec niveaux d’entrée et les raisons du choix de cette action; niveaux de sorties, ce qui pourrait me faire vendre l’action, etc). Ce journal est évolutif, mais permet de garder une trace de mon raisonnement.
  • pour mes opérations de trading à court terme, je tiens un journal de trading incluant les notions de ratio gain/perte, stop loss, take profit, ainsi qu’un graphique. En fait, je fais la même chose que pour mes investissements à moyen/long terme, mais je n’insiste pas sur les raisons du trade (qui sont la réalisation d’un signal précis, en dehors de toute considération macroéconomique)
  • J’utilise un logiciel très pratique nommé OneNote (il en existe d’autres) pour noter brièvement de nouvelles idées ou pistes d’investissement et faire le lien avec mes deux journaux de trading.
  • J’utilise un portefeuille Google Finance pour vérifier régulièrement l’actualité des titres que je détiens/surveille (dates de publications de résultats et autres événements), au moins une fois par jour très brièvement (sans perdre de temps, un peu comme on peut regarder la température affichée sur son thermomètre tous les matins).
  • Je consulte régulièrement quelques sites financiers sélectionnés pour m’informer

tempus fugit

Je me considère plutôt désorganisé et peu rigoureux, car je n’hésite pas à me couper d’internet pendant plusieurs jours ou davantage et de me consacrer à autre chose ou à ne pas trop me préoccuper de mes investissements pendant plusieurs semaines ou mois (sur des positions long terme avec des ordres stop et de prises de profits préétablis bien entendu !).

D’un autre côté, quand je vois mon entourage (personnel ou professionnel), j’ai plutôt l’impression d’être très organisé tant la plupart des gens vivent au jour le jour, ou plutôt au jour pour le lendemain en urgence !

Sans doute est-ce une question de personnalité, mais il me semble que la notion même d’investissement demande une certaine organisation à long terme.

Pour rester efficace, il me paraît important de dissocier l’investissement « loisir » et l’investissement « rentable ». En effet, ce n’est pas en lisant des dizaines d’articles, même intéressants ou en échangeant avec d’autres investisseurs (aussi pertinents soient ils) que l’on devient rentable.

ennui

(c) Mix & Remix

Non, au contraire, cette notion implique un certain automatisme, voir de l’ennui.

Quand j’applique mes règles et mes stratégies, je suis un même rituel: vérification-validation-exécution.

Rien de transcendant. C’est d’ailleurs pour cela (entre autre) que je tiens ce site à jour, et que je fais surtout une tonne d’autres choses hors investissement.

Cela ne m’empêche pas de lire régulièrement des ouvrages sur la Bourse ou d’autres publications avec plaisir, mais si cela me perfectionne en tant qu’investisseur, ce sont bien mes automatismes ennuyants qui me font être rentables…

 

Ajouter un commentaire