Les livrets d’épargne

Les livrets d’épargnes peuvent être :

– réglementés, c’est à dire ayant un taux de rémunération fixé par l’Etat, dont le célèbre livret A. Ils sont tous défiscalisés, au moins en partie.

– bancaires, également surnommés « superlivrets », dont les taux sont fixés par les banques qui les distribuent. Ils sont fiscalisés.

Les livrets réglementés:

Le livret A:

Caractéristiques: minimum d’ouverture 1,50 €, dépôt maximum: 15300 €, rémunération: 2 % (au 1/2/2011) net d’impôts.

Il existe des livrets A proposés sous d’autres appellations: par exemple Livret Bleu au Crédit Mutuel, mais la réglementation est la même pour ces produits.

Dans tous les cas, on ne peut avoir qu’un seul livret A à la fois (y compris ses variantes plus intéressantes, mais réservées certaines populations: livret jeune et livre d’épargne populaire).

Il est la référence des autres placements. Par exemple, le Livret Epargne Populaire (dont le taux est celui du livret A + 0.5%), est un livret A amélioré, mais réservé aux personnes ayant peu de revenus.

Le taux de rémunération du livret A est sensé suivre l’inflation et le taux Euribor (qui est le taux auquel les banques se prêtent mutuellement de l’argent).

Il est considéré comme un placement sans risque, et en conséquence, offre donc une très faible rémunération.

S’il est toujours utile à un particulier d’avoir un livret A, il sert sans doute davantage à constituer une réserve d’argent de précaution qu’à placer son argent en tant qu’investisseur.

En tant qu’investisseur particulier, il est sans doute sage de disposer de l’équivalent de 6 mois de revenus sur son livret A, mais il y a certainement mieux à faire pour rentabiliser ses placements  !

Le LDD (livret de développement durable):

Version moderne du CODEVI, il a les mêmes caractéristiques que les livrets A, notamment sa défiscalisation, si ce n’est un dépôt maximal plus faible (6 000 €).

On peut cumuler un livret A et un LDD.

L’investisseur particulier peut utiliser le LDD comme réserve d’argent pour réguler les fluctuations de son compte courant, pour faire face à une dépense exceptionnelle (machine à laver qui tombe en panne ou réparations automobile d’urgence par exemple).

On peut aussi l’affecter à un projet précis (achat futur d’une nouvelle voiture, vacances lointaines, travaux d’aménagement…).

Cependant, tout comme le livret A, il n’a pas de réel intérêt pour un investisseur.

Le Plan Epargne Logement (PEL):

Les PEL permettent d’épargner en vue de constituer un apport de base pour obtenir un prêt immobilier à un taux « avantageux » (4,20 % hors assurance).

En période de taux d’intérêt bas, comme en ce moment, ils n’ont pratiquement aucun intérêt si ce n’est de bloquer l’épargne pour éviter d’être tenté de l’utiliser pour autre chose.

De plus, leur rémunération est très basse (2,50% ou 3,50% avec une prime d’Etat de 1% au bout de 4 ans à condition de faire un prêt).

Il y a également d’autres contraintes: sommes versées bloquées à moins de résilier le PEL en perdant tous ses avantages, durée minimale d’épargne de 4 ans, versement minimal de 540 € par an, versements limités à 10 ans et à un maximum de 61 200 €, soumis à cotisations sociales…

Bref, pour l’investisseur particulier, les PEL ne constituent pas un placement très intéressant. Il vaut mieux utiliser d’autres produits offrants une meilleures rentabilité, d’autant plus que sa durée d’au moins 4 ans permet une certaine marge pour des produits boursiers par exemple, puis négocier un prêt à un taux pouvant être plus intéressant.

Le Compte Epargne Logement (CEL):

Il s’agit d’un produit semblable au PEL, avec quelques différences:

– versement ou retrait d’au moins 75 €, mais pas de minimum annuel

– dépôts limités à 15 300 €

– rémunération de 1,25 % (2/3 du livret A arrondi au quart de point le plus proche)

– crédit au taux du CEL + 1,50 %, à un maximum de  23 000 €

– soumis aux cotisations sociales

– durée minimum de détention pour obtenir un crédit : 18 mois, pas de durée maximale de détention.

A part en période de taux d’intérêts élevés, le CEL n’a pas plus d’intérêt pour l’investisseur particulier que le PEL, même s’il est un peu plus souple (versements non bloqués).

Il y a mieux à faire avec son argent !

En conclusion, les livrets réglementés les plus flexibles et exonérés d’impôts (livret A et LDD) sont intéressants comme épargne de précaution, mais certainement pas comme placement.

Les « Superlivrets »:

Ils sont proposés notamment par les banques en ligne et misent sur un rendement brut attractif.

Ils ont un plafond très élevé (jusqu’à plusieurs millions d’euros, en fonction des banques) et sont extrêmement faciles (et gratuits) à ouvrir, utiliser et clôturer.

Malheureusement, ils sont soumis à imposition ce qui fait qu’ils offrent presque toujours un rendement net proche voir légèrement inférieur au livret A, sauf en période de promotion (où les taux peuvent atteindre 5% bruts).

Certaines personnes s’amusent à faire la chasse aux offres promotionnelles, en ouvrant des super livrets un peu partout et en transférant ses avoirs vers la meilleure offre du moment. Si effectivement, il s’agit d’un moyen sans risque de faire fructifier son capital, le temps passé à faire ces transferts n’est pas du tout rentable. En effet, vous gagnerez tout au plus quelques dizaines d’euros, même avec une grosse somme.

Dans tous les cas, le rendement net, après impôts, reste très faible et à moins de disposer de sommes énormes de plusieurs centaines de milliers d’euros dont on ne sait que faire et qu’on veut garder pour un projet proche (achat immobilier par exemple), ils ne présentent que peu d’intérêt pour l’investisseur particulier, si ce n’est de « compartimenter » son budget en appliquant le principe des enveloppes à des comptes bancaires.

L’épargne, pour quoi faire ?

En conclusion générale, nous avons vu que les livrets d’épargne n’ont d’intérêt que pour deux choses : constituer une épargne de précaution ou en prévision d’un achat exceptionnel.

Ceci dit, ne pensez-vous pas que ces deux objectifs sont la clé de voûte de tout investisseur sérieux ? Comment peut-on espérer faire des placements rentables sans, au minimum, s’assurer d’une marge de manœuvre suffisante pour faire face aux petits imprévus du quotidien ?

Un réponse à “Les livrets d’épargne”

  1. Vraiment bien résumé j’ai trouvé ce que je cherchais.

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