Le spread betting

En ce moment, une nouvelle manière de « trader » se développe depuis quelques années déjà outre-Manche.

Le spread betting nous vient directement des paris sportifs, où l’on peut parier sur le nombre de corner d’un match de foot, le nombre d’aces au tennis ou tout ce que peut imaginer un courtier.

Il existe donc également des sites permettant de parier sur les évolution des indices, des actions, des devises, des matières premières avec toutes les variantes et combinaisons  possibles (tel niveau est atteint/non atteint, le cours clôture à telle date plus haut que telle autre, etc).

Le principe consiste à « acheter » la réalisation d’un scénario, ou de « vendre » sa non-réalisation.

Le prix d’achat est évident différent du prix de vente, ce qui permet au courtier de faire du bénéfice, sachant que lui-même a intérêt à se couvrir de manière à ce que les paris pris soient neutres pour lui.

Jusqu’à la, cela ressemble beaucoup au fonctionnement des courtiers « market makers » sur forex et CFD.

L’intérêt de ce type de produit tient essentiellement à la législation sur les jeux au Royaume-Uni: les gains ne sont pas taxés.

Un autre avantage consiste en la vaste diversité des produits offerts et des situations de trading offertes.

Quels sont les inconvénients du spread betting ?

Je précise que je n’ai jamais pratiqué le spread betting. Je ne donne ici que mon avis personnel.

1 – la formule de gain possible par rapport au pertes donne un rapport gain/risque inférieur à 1, ce qui signifie qu’il faut avoir raison souvent pour espérer gagner quelque chose… Or, avoir « raison » mettons 70% du temps pour des spéculations qui tiennent plus du pile ou face me semble difficile.

2 – en principe, la loi française interdit ce type de paris. Autrement dit, il ne faudra pas déclarer vos comptes en Angleterre. Ca peut ne pas être un grand problème, mais personnellement ça me gêne.

3- les courtiers ne sont pas des courtiers financiers au sens classiques du terme. Cela veut dire que les cotations qu’ils fournissent pour leurs paris me semblent dépendre avant tout de leur honnêteté. Là aussi, ça me gêne beaucoup.

4 – Les formules utilisées pour calculer les gains et les pertes peuvent entraîner une perte supérieure au capital possédé. Tout comme les CFD me direz vous, c’est vrai, mais pour ces derniers, on peut contrôler rigoureusement l’effet de levier (voir ne pas en utiliser), ce qui limite grandement les risques pour peu que l’on soit prudent.

5 – Le levier minimal semble élevé, ce qui n’est pas forcément un avantage pour durer en « trading ».

6 – On est clairement dans un esprit de paris en ligne. Certains me diront que la Bourse, le Forex, les turbos et au finalement même les actions au SRD ne sont qu’une forme de paris en ligne de nos jours. Certes, mais psychologiquement, on peut faire nettement la différence entre un investissement en action par exemple et un paris sur l’évolution d’une action. La nuance peut sembler subtile, mais elle me parait au contraire énorme. Rappelez-vous que le trading/l’investissement à long terme repose avant tout sur la composante psychologique.

(lisez en passant ce petit article sur le jeu compulsif dont vient cette image: http://www.tastout.ulg.ac.be/pages/jeu/comm19.htm )

En tant qu’investisseur particulier, je déconseille ce genre de pseudo-trading pour deux raisons essentielles:

– les courtiers sont suffisamment douteux pour que je n’ai pas envie de leur confier durablement des sommes non négligeables. Or sans un minimum d’investissement, je ne vois pas la différence avec le fait d’aller jouer au loto ou au tiercé toutes les semaines.

– ce n’est pas du trading mais du gambling. Comment espérer être profitable sur la durée avec ce type de raisonnement qui forge un esprit de parieur et non d’investisseur ?

 

Si vous avez fait des expériences dans ce domaine, bonnes ou mauvaises, n’hésitez pas à donner votre avis. Cela pourra toujours servir à d’autres !

(6 commentaires)

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  1. Merci pour cet article qui répond à mes précédentes questions sur un autre blog 😉

    Je ne suis malheureusement pas d’accord avec toi sur de nombreux inconvénients que tu listes ici.

    1 .L’analogie avec le pile ou face est peut-être valable avec le binary trading, mais pas vraiment avec le spread betting. Le spread betting de ce côté-là fonctionne de la même manière qu’acheter une action. On peut effectivement considérer que le cours du sous-jacent a une chance sur deux de monter ou de descendre par contre.

    2 .Tu as tout à fait raison, le spread betting n’est pas autorisé aux résidents français. Dans mon cas particulier, je suis tranquille puisque je suis résident anglais. Ouf! 🙂

    3. Les courtiers en spread betting sont en fait des bookmakers, similaires à ceux qui offrent des cotes sur les paris sportifs. Concernant l’honnêteté de ces bookmakers, je reste sceptique sur les risques (comme expliqué par Robbie Burns dans “The Naked Trader’s Guide to Spread”). Une entreprise qui base son business model sur le fait de régulièrement arnaquer ses clients ne tient généralement pas longtemps. Le business model des entreprises de spread betting est basé sur les volumes et le hedging.

    4 et 5. L’effet de levier avec le spread betting peut être totalement contrôlé, et ne pas être utilisé du tout. Comme tu le dis, le levier existe avec les CFD et le SRD (l’immobilier aussi). L’aspect psychologique n’est pas différent entre le spread betting et les actions en direct. Les deux sont une forme de paris, comme n’importe quel type d’investissement à différents degrés. Et le spread betting ne s’adresse pas nécessairement à du court terme, mais peut être utilisé dans une optique à plus long terme.

    Je pense néanmoins qu’il y a des inconvénients au spread betting et aussi de nombreux avantages… J’en ai déjà listé aux travers de différents articles sur mon blog, mais je compte rédiger assez rapidement un article plus exhaustif à ce sujet.

    Ben

  2. Bonjour Ben,

    Pour le point 1. pourrais tu concrètement donner un exemple de « trade » ? c’est à dire avec le coût d’achat de revente, le scénario possible, le stop, la cible ? Comme je le disais, je ne pratique pas ce genre de spéculations, mais je serais très curieux de voir un exemple concret.

    3. C’est comme dans le Forex, il y a effectivement des sociétés qui ne sont pas sérieuses. La question est de savoir s’il est facile pour le particulier d’en trouver des sérieuses. Pour le forex/cfd, c’est simple pour peu qu’on recherche un peu. Les non sérieuses sont souvent justement celles qui sont impliquées également dans les paris en ligne… Ceci dit, je me place du point de vue d’un investisseur qui voudrait placer par exemple 10 000 ou 50 000 euros au moins, comme sur chez un courtier cfd/forex….

    4 et 5. Je demande à voir concrètement des exemples. D’après ce que j’ai pu voir comme exemples sur la toile, ce n’est pas très encourageant…

    6. pour l’aspect psy, je ne suis pas d’accord. L’investissement PEUT être considéré comme un pari bien sûr, mais un investisseur ne DOIT PAS ETRE un joueur. Je reconnais qu’il s’agit là de nuances, mais qui sont importantes à mes yeux.

    En tout cas, j’ai hâte de voir ton prochain article ;o)

  3. Ce que tu décris ici c’est des options binaires. Le spread betting consiste tout bêtement à attribuer la somme que le veut gagner ou perdre (qui s’ajoutera ou se soustrera du capital) lors,de la variation d’un point du sous-jacent.

    Exemple : spread betting sur l’eur/usd avec comme bet 10€ par point.
    Si j’achète à 1.2640 et que je revends à 1.2650. J’aurai gagné 100€.

    En fait ça permet de rendre le trading plus simple car ça supprime l’idée de levier. C’est un pari sur le spread.

    sauf que ça fait aussi oublier que 10€ par pips sur l’eurusd, c’est comme si on était exposé à hauteur de 127830$ !!

    1. Bonjour Stéphane,

      Prenons un particulier « lambda » qui a disons, décidé d’investir 3000 € sur le Forex. S’il trade sans levier, il peut prendre des positions de 3000 € (!!!).
      S’il était obligé de prendre au minimum une position de 127830 $ soit env. 100 000 €, c’est comme s’il utilisais un levier 33 !

      Dans le cas du spread betting (d’après ton exemple), si je risque disons 100 €, c’est comme si je me fixais un stop loss à environ 13 pips avec un levier 33 sur mon capital de trading.

      Donc ça ne supprime pas le levier, ça ne fait que de le maquiller.

      Je ne dis pas qu’on ne peut pas développer un système avec un stop loss à 13 pips dans cet exemple qui soit gagnant sur la durée, avec un money management équilibré.
      Mais combien de personnes pratiquant ces paris vont-elles y parvenir ?

      En gros, ce que je n’aime pas avec ce type de « trading » c’est justement la « simplification » à l’extrême qui pousse le « trader » sur la mauvaise voie du joueur de casino.

      Par contre, pour quelqu’un d’expérimenté, je vois bien l’intérêt par rapport à la fiscalité.
      Il faudrait par contre voir dans le détails les spreads pris par les courtiers et les comparer avec du forex (ou cfd) classique…

  4. Je suis tout à fait d’accord avec toi sur le fait que ça me fasse que maquiller le levier.

    Concernant la fiscalité par contre d’après ce qu’on m’avait dit cela ne concerne que les citoyens du Royaume-Uni.

  5. Je trouve le spread betting pas très sérieux, comme dit ben sur l’honnêteté de ces bookmakers, je reste sceptique sur les risques. J’ai joué sur une plate forme qui s’appelle Arka trader ltd par l’intermédiaire de Premier investment, je n’étais pas du tout content, ils ne sont pas du tout sérieux car j’ai reçu une notification de marge alors que j’étais à 18% en forex e et qui quittant la plateforme le vendredi soir elle était à plus de 90 %. Le lundi ils ont soldé ma position et ils m’ont prit plus de 2000 dollars ce que j’ai du mal a accepté. Par la suite j’ai donné mon compte à gérer et c’était encore pire ! Je vais certainement porter plainte contre cette société car la pilule est difficile à avaler.

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