La Bourse – Panaroma des produits

La Bourse, pour Mr.Toutlemonde, c’est là où sont côtés les actions des entreprises du CAC40.

A vrai dire, depuis les premiers titres échangeables (à Toulouse en 1250, les « Uchaux » divisées en 96 parts dont le prix variait), jusqu’aux fameux CDS (Credit Default Swaps) à l’origine de la dernière crise de 2008, les financiers n’ont cessé de créer de nouveaux produits plus ou moins échangeables, plus ou moins virtuels. Il est donc normal que Mr.Toutlemonde s’y perde un peu.

Il existe donc une multitude de produits financiers, plus ou moins régulés, plus ou moins complexes. N’oublions jamais que les banques vendent ces produits, et on comprend bien que tout bon vendeur se doit de proposer régulièrement à sa clientèle de nouveaux produits « meilleurs », « plus adaptés », « plus performants »…

Pour ne citer que les plus connus:

les actions « classiques », cotées sur les différentes bourses à travers le monde. Elles représentent une part du capital d’une entreprise, ce qui revient à dire qu’en les achetant, on en devient partiellement propriétaire. Si l’entreprise prospère, sa valeur augmente, donc ses actions aussi (ça c’est la théorie, car les actions peuvent fluctuer à cause de la spéculation).

les obligations, négociables en bourse. Elles sont des emprunts contractés par des Etats ou des entreprises. En échange de cette avance d’argent, elles paient régulièrement des intérêts pendant une durée fixée à l’avance (quelques années en général).

les warrants. Il s’agit de produits dont la valeur dépend d’un sous-jacent (par exemple, une action ou un indice boursier comme le CAC40, ou encore une matière première comme le pétrole). Ils ont une échéance fixée à l’avance et possède un effet de levier important. Autrement dit, on peut perdre beaucoup, mais aussi gagner beaucoup et très rapidement. Ils donnent le droit d’acheter ou de vendre à un prix déterminé à l’avance, à la date d’échéance. Plus on s’approche cette date, et plus les warrants perdent de la valeur puisque leur sous-jacent a de moins en moins de chance d’atteindre la valeur espérée. Enfin, ils sont émis par des banques.

les certificats. Ce sont des produits semblables aux warrants, à savoir des valeurs mobilières cotées en continu. Il en existe plusieurs types et permettent de jouer un scénario boursier particulier: hausse ou baisse du sous-jacent (certificats bull ou bear), hausse ou baisse modérée (certificats cappé ou flooré), stabilité (certificats discount). Ils sont également émis par des banques.

les turbos. Ce sont des produits à fort effet de levier, cotées en continu, ayant ou non une échéance (appelée ici date de maturité). Ils sont désactivés (et perdent donc toute leur valeur) lorsque leur sous-jacent atteint un certain seuil. Ils sont aussi émis par des banques.

les options. Ce sont des contrats permettant d’acheter ou de vendre un produit à une date définie à l’avance et à un prix fixé, en échange du paiement d’une prime. Remarquez que l’acheteur a le droit d’acheter, alors que le vendeur est obligé de vendre, en échange de la prime qu’il a reçu de l’acheteur. Les options sont cotées sur le marché, et peuvent donc être achetées ou vendues à tout moment, bien que leurs valeurs décroit à l’approche de l’échéance.

trackers (appelés également les Exchange Traded Fund ou ETF): ils sont cotés en continu, tout comme les actions. Leur rôle est de répliquer le plus fidèlement possible un panier d’actions ou un indice. Par exemple, on peut acheter un tracker CAC40.

les OPCVM (Organismes de placement collectif en valeurs mobilières), formés par les SICAV (sociétés d’investissement à capital variable) et FCP (fonds communs de placement). La différence entre les deux est d’ordre juridique et ne change rien pour les particuliers. Ce sont des porte-feuilles composées d’autres produits boursiers (en général des actions, mais ils peuvent contenir des warrants,des trackers, des ETF…). En les achetant, on devient donc propriétaire d’une partie de ce porte-feuille.  On peut les acheter (ou les revendre) à leur valeur liquidative, fixée quotidiennement (obligatoire pour les gros OPCVM à partir d’un certain seuil) ou à une autre fréquence plus longue. Ils sont gérés par un organisme (banque, société de gestion financière…) qui se rémunère avec des frais (de gestion, mais souvent aussi d’entrée et de sortie).

Cette liste n’est pas exhaustives, mais comprend les produits les plus courants, accessibles aux particuliers.

Personnellement, j’évite tous les produits complexes, dont le marché est tenu par des spécialistes et qui sont des créations des banques.

Je pense d’ailleurs que les problèmes actuels de crises à répétitions sont en partie dues à la multiplication de ces produits. L’idée qu’une entreprise qui prend de la valeur attire de nouveaux investisseurs, ce qui fait prendre encore plus de valeur à cette entreprise, est un concept simple à comprendre. Quand l’entreprise fait des erreurs ou perd de l’argent, et bien, la valeur de ses actions baisse, jusqu’à ce que de nouveaux investisseurs considèrent qu’elle « vaut son prix » et rachètent des actions. Ce qui fait regrimper sa valeur, etc.

Le fait que l’argent des investisseurs se dispersent entre une foule de produits n’est pas sain pour l’économie, car cela détourne cet argent de son but initial: permettre aux « bonnes » entreprises de se développer plus rapidement.

Pour en revenir aux investisseurs particuliers que nous sommes, il me semble que les seuls produits intéressants pour des particuliers doivent répondre aux critères suivants:

– être facilement négociables

ne pas demander des calculs trop complexes pour déterminer leur valeur actuelle et future

– avoir des frais raisonnables pour des petits ordres

Les seuls produits qui correspondent à ces critères sont:

– les actions, dont la valeur reste relativement simple et logique à déterminer (si l’action TOTAL, par exemple, vaut 40 € et bien, à moins d’un grave événement, elle ne vaudra ni 1 € dans 2 jours ni 400 € dans deux mois !)

– les trackers/ETF, qui sont finalement un ensemble d’actions et qui permettent de s’exposer directement aux matières premières.

– les OPCVM, qui permettent de se diversifier, notamment en achetant  parts d’obligations (généralement trop chères à l’achat direct par des particuliers) ou des actions sur des marchés étrangers ayant trop de frais d’achat (essayez par exemple d’acheter directement pour 1000 € d’actions indiennes !)

Bien sur, il existe sans doute des particuliers qui gagnent avec des options ou des turbos, mais ne pensez-vous pas que les produits les plus simples sont déjà assez compliqués à utiliser, que « battre » le marché est déjà presque impossible pour la plupart des gens, et qu’il n’est donc pas nécessaire de se compliquer la vie davantage avec des produits financiers complexes ?

Il ne faut jamais perdre de vue que l’investisseur particulier se retrouve en concurrence avec les professionnels du monde entier et qu’il va donc lui falloir les battre de temps à autre à leur propre jeu. Alors, mieux rester le plus simple possible, non ?

3 Réponses à “La Bourse – Panaroma des produits”

  1. Bourse ligne dit :

    Merci pour ce résumé très instructifs. Je me demandais quel étais la différence entre option et warrants, j’ai maintenant la réponse.

    • L'Investisseur (très) Particulier dit :

      De rien ;o) Au début, je m’y perdais aussi un peu. C’est fou ce que les banques sont inventives pour fabriquer des nouveaux produits…!

  2. […] mon 3ème article de ce blog, datant du 22 janvier 2011 (et oui, déjà plus de deux ans…) http://www.investisseur-particulier.fr/la-bourse-panaroma-des-produits , j’affirmais que « personnellement, j’évite tous les produits complexes, […]

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