Investir dans le secteur bancaire en 2016 – les exemples du Crédit Agricole et de Nordea -(2ème partie: Nordea)

logo_nordea et CA

Remarque importante: je comptais publier cet article dans la foulée de la première partie sur le Crédit Agricole. Je n’ai quasiment pas eu le temps de m’occuper de ce blog depuis l’été dernier, et il est passé à la trappe en restant inachevé, de peu, mais inachevé tout de même. 

Etant donné qu’il s’agit d’un article pédagogique sur la manière de voir l’investissement, j’ai décidé de le publier tout de même, du point de vue estival.

Connaissant l’évolution des cours depuis cette date, j’ai donc ajouté une partie sur l’évolution réelle.

 

Après le vote du Brexit, pendant la déroute des bancaires, Nordea s’est contenté de suivre le mouvement général des Marchés, en décrochant d’un peu plus de 8%.

Cela signifie donc que le marché ne considère pas que Nordea soit particulièrement à risque, quand on compare aux -20% de certaines autres banques…

Au niveau graphique:

  • Un de mes signal d’entrée, à savoir une clôture mensuelle sous le retracement de 61% de Fibonacci a été validé fin juin.
  • Écartement vers le bas des Bollinger, laissant de la place à une chute
  • Aucune divergence haussière du RSI, mais il se retrouve au même niveau que lors des derniers plus bas de 2012
  • Passage sous la MME50 depuis plusieurs mois déjà
  • Volume plutôt en baisse, ce qui peut indiquer un épuisement du mouvement de chute, mais les différences de volumes ne sont pas très nettes.

L’ensemble n’est pas très encourageant, mais au moins l’action a déjà baissé significativement. Cela se jouera donc sur les fondamentaux.

Nordea_mensuel_juillet 2016

Les fondamentaux:

(source: Financial Times)

Nordea_assets

La dette est relativement élevée, d’ailleurs, il y a eu récemment beaucoup de rumeurs sur des problèmes de refinancement. Et on a vu avec l’exemple islandais, que les pays scandinaves étaient sans doute capables de lâcher une banque dans la tourmente. Ceci dit, Nordea est une des principales banques nordiques et est classée dans les « too big to fail » pour ces pays.

Nordea_cash

Au niveau du cash flow, Nordea se maintient tant bien que mal.

Nordea_Revenues

Le ROA est proche de zéro ce qui prouve que l’entreprise se maintient difficilement à flot, mais le ROE est honorable et indique que l’argent investi (donc aussi par les actionnaires) est plutôt utilisé efficacement. On voit d’ailleurs également une augmentation constante et régulière des profits nets.

Nordea_cash flow

Nordea_Growth-dividend

En général, on peut voir que la gestion financière met l’accent sur la régularité. Le payout ratio est cependant assez élevé, ce qui signifie que trois quarts des profits repartent pour les actionnaires. Ceci dit, au moins les choses sont claires et les actionnaires semblent bien traitées. Evidemment, l’inconvénient est que cela réduit d’autant la marge de manœuvre en cas de difficultés passagères.

Le ratio Tier 1 est plutôt bon pour une banque, à savoir 18,9 au Q2.

En conclusion, même si je ne fais que survoler les chiffres, on peut quand même en dégager les efforts réalisés par Nordea pour offrir des garanties, une stabilité et un peu de croissance. Toutes ces caractéristiques qui plaisent dans toutes les entreprises, mais encore davantage pour une banque.

Pour un prix autour de 70 SEK, l’entrée sur la valeur peut donc être sereinement envisagée.

Pour ceux qui veulent lire plus en détail la dernière publication financière:

  (Nordea) Interim Management Statement Third Quarter 2016 (4,8 MiB, 499 hits)

source: https://www.nordea.com/en/investor-relations/reports-and-presentations/latest-interim-results/

Cinq mois plus tard…

Le brouillon de cet article ayant été écrit en été, il s’est passé bien des choses depuis…

A titre personnel, je suis entré sur la valeur le 28/06/2016 à 70,15 SEK et ressorti le 6/10/2016 à 89,95 SEK, pour un profit de l’ordre de +23% en environ trois mois.

J’ai longtemps hésité à garder la moitié de la position, mais je me suis décidé à tout vendre pour plusieurs raisons:

  • à la base, ce n’était que du swing trading pour moi; je déteste garder des banques durablement en portefeuille, car je ne comprends pas tout ce qui touche au shadow banking, n’étant pas dans le cercle des initiés. Tant qu’il n’y aura pas de lois claires sur la séparations des banques d’investissements et de détails, je garderais cette méfiance naturelle.
  • un de mes signaux de sorties favoris s’est déclenché : à savoir le dépassement de la MME50 sur graphique mensuel, avec en prime, un niveau de Fibo (38%) qui correspond aussi à une ancienne ligne de support datant de fin 2015
  • le cours a explosé en quasi ligne droite

Evidemment, en regardant la poursuite de l’évolution des cours depuis cette date, je pourrais regretter mon choix, en me disant qu’il est tout à fait possible que le cours touche les 110 SEK par exemple, mais il ne faut jamais avoir de regrets en trading !

Effectivement, une valeur qui semble « sûre » (pour une bancaire !) avec une dynamique retrouvée et des cours qui s’envolent, mérite réflexion pour la garder au moins en partie en portefeuille.

Mon raisonnement est plutôt le suivant: +23% en trois mois sur une action que je ne souhaite pas garder en portefeuille trop longtemps, cela me parait correct. « Un tient vaut mieux que deux tu l’auras  » ! Evidemment, il y a d’autres manières de raisonner avec d’autres types de sortie, mais peu importe, j’ai suivi mon plan de trading initial…

nordea_mensuel_novembre2016

Si on compare avec le cours du Crédit Agricole, on peut voir que:

  • le 28 juin dernier, CA cotait vers 7,50 € (pendant que Nordea était vers 70 SEK)
  • à la date de ma sortie du 6/10/2016, le CA était à 9,11 € (pour un Nordea à 90 SEK, +23% donc). Le trade sur CA m’aurait fait gagné 21,5 %.
  • hier, à la clôture du 25/11/2016, le CA est à 10,83 € (et Nordea à 97,30 SEK). Si j’avais gardé ma position, le trade sur CA serait à +44,4% et celui sur Nordea à +39%

(Je ne prend pas en compte l’effet de change, qui était plutôt défavorable à Nordea dans la période considérée – en passant vous pouvez voir que je suis long sur la couronne suédoise en ce moment…)

eur-sek_daily_26-11-2016

On peut en conclure plusieurs choses:

  • il ne sert à rien de rentrer trop dans les détails des chiffres (surtout que le travail que demande une analyse fondamentale solide est phénoménal), c’est surtout les mouvements du marché dans son ensemble ou du moins d’un secteur, qui priment (pour du trading, pas de l’investissement buy&hold évidemment !)
  • comme on peut jamais prévoir la durée d’un trade de ce type (les cours auraient pu très bien faire du yoyo pendant des mois et des mois), autant parier sur des entreprises qui ne risquent (pas trop) de voir leur cours s’écrouler du jour au lendemain et de tout de même regarder un peu les chiffres
  • le seul moyen de faire du profit en Bourse, c’est d’être à un moment dans le marché. Et pour cela, peut importe la méthode, tant qu’elle est logique et que la suit !
  • comme parfois, on se trompe, qu’aucun système n’est parfait, le mieux est de se diversifier intelligemment, y compris au niveau des méthodes de trading.

Bons investissements !

Disclaimer: cet article donne des exemples à titre purement pédagogiques et ne vise en rien à promouvoir telle ou telle société. Chacun est libre de faire ses propres investissements et de prendre ses propres responsabilités !

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