Actu du Jour: Les entreprises du CAC 40 ne valent plus que leurs fonds propres

Je suis en déplacement professionnel, mais cela ne m’empêche pas d’avoir noté une information très intéressante : une étude du cabinet Ricol Lasteyrie avec les chiffres à fin 2011, a montré que le niveau des entreprises formant le CAC 40 ne valent plus en Bourse que leurs fonds propres. Et ceci malgré de bons résultats et des investissements.

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Les limites de la croissance exponentielle (3ème partie): le prix minimal de l’énergie

Après une petite pause, due à divers déplacements professionnels qui m’ont éloignés quelque peu de ce blog, la série d’articles consacrés aux limites de la croissance infinie reprend ici avec cette troisième partie.

Elle fait suite à cet article: http://www.investisseur-particulier.fr/les-limites-de-la-croissance-exponentielle-2eme-partie-les-limites-de-la-reduction-des-depenses-energetiques

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Physicien: Quittons la Matrice et allons droit au but. Imaginons un monde avec une population constante et une utilisation énergétique constante. Si le flux d’énergie est fixe, mais si on considère une croissance économique continue, alors le PIB continuera à croître. Cela signifie que l’énergie, une ressource physiquement limitée, doit devenir arbitrairement bon marché pour que le PIB puisse continuer sa croissance.

Economiste: Oui, je pense que l’énergie joue alors un rôle amoindri dans l’économie et devient tellement peu chère qu’on puisse la négliger.

Physicien: Pensez-vous vraiment cela ? Une ressource physiquement limitée qui est fondamentale à n’importe quelle activité économique pourrait devenir bon marché ?

Economiste: Oui, c’est ce que je pense.

Physicien: Bon, assurons nous que nous parlons de la même chose. L’énergie représente de nos jours environ 10% du PIB. Admettons que nous limitions la quantité disponible chaque année à un certain niveau, mais que nous laissons le PIB croître. Nous devons ignorer l’inflation en tant que nuisance dans ce cas: si mes 10 unités d’énergie coûtent cette année 10 000 $ de mes revenus de 100 000 $; alors l’an prochain, la même quantité d’énergie coûtera 11 000$ de mes 110 000 $. Nous allons ignorer cet effet en tant qu’inflation « dénuée de sens ». La « croissance » du PIB dans ce sens n’est pas une vraie croissance, mais juste un rééquilibrage de la valeur de la monnaie.

Economiste: Soit.

Physicien: Donc, pour avoir une vraie croissance du PIB avec une énergie constante, la coût fractionnel de l’énergie doit diminuer par rapport au PIB.

Economiste: Correct.

Physicien: Jusqu’où pensez-vous que cela puisse aller ? Le coût de l’énergie descendra jusqu’à 1% du PIB ? 0,1%? Y-a-t’il une limite ?

Economiste: Il n’y en a pas nécessairement. L’énergie peut devenir un problème d’importance secondaire dans l’économie du futur, comme dans le cas d’un monde « virtuel » que nous avons précédemment évoqué.

Physicien: Mais si l’énergie devenait arbitrairement bon marché, quelqu’un pourrait tout acheter, et soudainement, les activités économiques pourraient se gripper. La nourriture cesserait d’arriver sur la table sans énergie. Les gens s’intéresseront à cela et quelqu’un sera prêt à payer plus pour cette énergie. Chacun voudra le faire, ce qui fera augmenter les prix de l’énergie. Il y a donc un plancher au prix de l’énergie.

Economiste: Ce plancher peut être très bas: bien moins que les 5-10% que nous payons aujourd’hui.

Physicien: Mais il y aura bien un plancher ? 5% ? 2% ? 1 % ?

Economiste: Disons 1%.

Physicien: Ainsi une fois que notre coût annuel en énergie atteindra 1% du PIB, les 99% restants seront bloqués. S’ils essayent de croître, alors les prix de l’énergie devront croître proportionnellement, et nous aurons une inflation monétaire, donc pas de vraie croissance.

Economiste: Je n’irais pas si loin. On peut toujours avoir de la croissance sans augmentation du PIB.

Physicien: Ceci dit, nous sommes maintenant d’accord que les prix de l’énergie ne peuvent pas baisser indéfiniment.

Même les premiers économistes, comme Adam Smith, prévoyaient la croissance économique comme étant une phase temporaire durant peut-être quelques siècles, et ayant pour limite les terres. Si les humains persistent sur le long terme, il est claire que la théorie de l’économie constante va de loin survivre l’actuelle économie basée sur la croissance continue.

Oublions Smith, Keynes, Friedman et tous les autres. Les économistes s’intéressants à une économie constante et fonctionnelle resteront dans l’Histoire bien plus longtemps que les adeptes de la croissance…

(à suivre…)

Remarque: Si vous voulez en savoir plus sur les économistes de la croissance nulle (Tim Jackson…), je vous suggère cet article qui résume bien cette approche: http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2011/02/22/un-capitalisme-sans-croissance-economique-est-il-possible/

Les traders à la télé

Mon opinion générale sur la télé est résumée dans l’image ci-dessus. Je n’ai d’ailleurs pas de téléviseur chez moi. Bon, j’avoue que je regarde à l’occasion quelques émissions via l’internet, mais jamais des émissions « grand public » comme la série d’Harry Roselmack.

Je trouve que ses émissions sont trop superficielles et ne creusent pas assez le sujet traité.

Cependant, je me contredis ici même en vous mettant un lien vers l’émission, datant de février 2012 et intitulée « Avec les traders au coeur de la crise financière« .

Bon, les défauts précédemment indiqués restent valables, mais il y a au moins un élément intéressant dans ce reportage (vers la minute 38) où Jean-Louis Cussac (un trader sur fond propre expérimenté) explique sa manière de voir le risque: « si vous spéculez tout le temps fort, vous êtes certain de tout perdre à un moment donné. Tout. Vous avez 0 chance de gagner si vous spéculez tout le temps fort. »

Il indique aussi les grandes lignes de son succès sur le long terme: money management, gestion du risque. Je ne connais pas ses résultats réels ni la qualité des formations qu’il propose (et j’ai une tendance naturelle à me méfier des « formateurs » en trading…), mais je ne doute pas de son expérience sur les marchés. Ce qui me permet de répéter une fois encore l’importance de la gestion des risques !

Bon visionnage (et oui, on est sur TF1, donc il y aura des coupures pubs…) !

EDIT du 19/04/2013: Visiblement, la vidéo n’est plus disponible…

Le chômage des jeunes en Europe

Dans la rubrique « relativisons », on pourrait remarquer les choses suivantes:

– depuis les années 90, le chômage des jeunes en France est relativement constant (oscillant autour de 20%)

– pour l’Allemagne, c’est la même chose, à deux détails près: l’oscillation se fait autour de 10% et nous sommes actuellement près des plus bas (alors qu’en France, on serait plutôt vers les hauts)

– L’Italie et la Grande-Bretagne viennent de sortir par le haut de leur oscillations habituelles (qui sont respectivement vers 25% et 15%)

– La Grèce, l’Espagne et dans une moindre mesure le Portugal et l’Irlande, subissent des oscillations beaucoup plus fortes et viennent tous de dépasser leurs plus hauts des années 90.

– A part en Allemagne, les taux de chômage chez les jeunes sont au-dessus de 20% actuellement (avec des pointes à plus de 50%), ce qui est tout de même énorme si on considère que ces chiffres n’incluent ni les étudiants ni les nombreux titulaires de contrats précaires/à temps partiel/subventionnés.

Je me livre ici à une analyse très simpliste, mais souvent, les savants calculs ne servent pas à grand chose et ce sont les grandes tendances qui sont utiles pour comprendre une situation.

Ma conclusion est donc simple:

L’Europe, depuis 20 ans, a des problèmes structurels liés au chômage des jeunes, hormis l’Allemagne. Cela veut dire que « l’avenir a mal commencé » depuis un bout de temps déjà !

La France, ne s’en sort pas si mal que ça, bien que l’écart avec l’Allemagne se soit creusé ces derniers temps. De là à dire que la situation laisse de l’espoir, malgré tout, il n’y a qu’un pas optimiste à franchir…

Comment un pays ayant plus de la moitié de ses jeunes sans emploi, c’est à dire sans réelles ressources et surtout sans avenir perceptible, peut-il subsister durablement ?

Il n’y a pas d’avenir sans jeunesse.

Bref, si aucune réelle politique en faveur des jeunes n’est menée, non seulement je prédis des révolutions européennes d’ici quelques années dans les pays les plus touchés, mais aussi un déclin des pays jusqu’alors épargnés.

Ceci dit, restons « optimistes » car en France, à force d’hésitations et de politiques molles accumulées, nous conservons de la marge pour au moins encore 10 ans.

Du point de vue boursier, cela est difficile à interpréter, mais un scénario à la japonaise, avec d’occasionnels jolis rebonds me parait de plus en plus réaliste.

Je ne suis pas un fanatique de la recherche de configurations graphiques identiques, mais lorsqu’une pomme tombe d’un arbre, il n’y a pas mille trajectoires possibles, seulement quelques unes, en fonction du vent, etc.

 

Ce sont là quelques raisons de plus pour investir dans la valeur à chaque crise et revendre au milieu d’un rebond sur des niveaux de valorisations encore raisonnables. Parallèlement à cela, je continue à penser que l’investisseur particulier a également intérêt à acquérir des réflexes de traders et ne pas trop se soucier de la macro-économie, mais simplement des mouvements très court/court termes.

Evidemment, ne devient pas trader qui veut !

 

 

Le mensonge et la crédulité s’accouplent et engendrent l’opinion

« Le mensonge et la crédulité s’accouplent et engendrent l’opinion ».

Paul Valéry est un écrivain, poète et philosophe français né le 30 octobre 1871 à Sète et mort le 20 juillet 1945 à Paris.

Certes, le rapport entre la poésie, la philosophie et l’investissement n’est pas évident de prime abord, mais on peut traduire cette belle phrase ainsi:

« Ce que la plupart des investisseurs croient voir sur des graphiques ou croient déduire de l’analyse macro-économique n’est que le résultat des informations plus ou moins fausses qui diffusent et qu’ils admettent pour être plus ou moins vraie. » – Thomas Aurlant

Alors, quelle est VOTRE opinion sur les marchés ?

 

 

Les limites de la croissance exponentielle (2ème partie: les limites de la réduction des dépenses énergétiques)

Nous abordons ici la seconde partie de notre série consacrées aux limites de la croissance exponentielle. L’épisode 1 étant ici.

Cette partie pousse le raisonnement dans les moyens de réduire les besoins énergétiques et le monde virtuel…

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Économiste: Je pense également que la croissance de l’utilisation d’énergie brute a ses limites car nous devrons un jour au moins stabiliser les dépenses annuelles. Considérons donc qu’il s’agit d’un point de départ pour discuter des perspectives de croissance économique. Mais, je ne pense pas que cela menacera une croissance infinie de l’économie.

Si nous parvenons à stabiliser l’utilisation énergétique, nous pourrons mieux l’utiliser chaque année grâce à des amélioration de l’efficience énergétique. Les innovations apportent de nouvelles idées sur le marché, stimulent l’investissement et la demande, etc. Ce sont des choses qui ne s’épuiseront pas. Nous avons de nombreux exemples de ressources importantes qui sont fondamentalement en déclin, qui seront simplement remplacées ou rendues obsolètes grâce à des innovations dans d’autres voies.

Physicien: Certes, cela se produira, et continuera à un certain degré. Mais je ne suis pas convaincu qu’elles représentent des ressources illimitées.

Économiste: Pensez-vous que l’ingéniosité a des limites ? C’est peut-être le cas, mais nous ne pouvons pas prédire de manière crédible à quelle distance nous serions d’une telle limite.

Physicien: Prenons l’exemple de l’efficience. Il est avéré qu’au fil du temps, les voitures roulent plus loin, que les réfrigérateurs utilisent moins d’énergie, que les immeubles sont construits plus intelligemment pour conserver davantage d’énergie, etc. Le meilleur parallèle que l’on puisse faire est de considérer qu’une amélioration de 2% par an correspond à un doublement au bout de 35 ans.

De nombreuses choses sont déjà presque aussi efficientes qu’il est possible. Les moteurs électriques par exemple, sont à une efficacité de 90%. Il sera toujours nécessaire d’utiliser 4184 Joules pour chauffer un litre d’eau d’un degré Celsius.

Dans les valeurs médianes, nous avons de gros consommateurs d’énergies, comme les centrales électriques, dont l’efficacité s’améliore plus lentement, à moins d’1% par an. Et leur efficacité avoisine les 30%. Combien de « doublements » sont encore possibles ?

Si la plupart des choses avaient une efficacité de l’ordre de 0.01%, je serais plus enthousiaste sur une croissance à travers les siècles basée sur l’amélioration de l’efficience. Mais il ne nous reste plus qu’un doublement, ce qui prendra moins d’un siècle à se réaliser.

Économiste: Bon, d’accord. Vous marquez un point. Mais, au-delà de l’accroissement de l’efficience, il y a également des changements complets des règles. Par exemple, la télé-conférence remplace les voyages aériens. Les ordinateurs portables remplacent les grosses machines de bureau; l’iPhone remplace les ordinateurs portables, etc. Chaque changement est moins vorace en énergie. L’internet est un exemple d’une innovation qui modifie la manière d’utiliser l’énergie.

Physicien: Ce sont des exemples importants, et j’attends une certaine continuité sur ce chemin, mais nous devrons toujours manger, et aucune activité ne pourra se passer totalement d’une utilisation d’énergie. Bien sûr, il existe des activités à faible consommation, mais rien qui ait une valeur économique ne peut se passer complètement d’énergie.

Économiste: Certaines choses peut énormément s’en rapprocher. Prenons l’exemple de la virtualisation. Imaginez que dans le futur, nous pourrons tous posséder des demeures virtuelles et satisfaire à tous nos besoins: tout ceci par des trucages basés sur des stimulations neurologiques. Nous aurons toujours besoin de nous alimenter, mais l’énergie nécessaire pour vivre un style de vie vorace en énergie sera négligeable. Vous voulez vous rendre ce week-end à Paris ? Vous pouvez le faire sans quitter votre chaise.

Physicien: Je vois. Mais cela est toujours une dépense d’énergie donnée et limitée par personne. Non seulement cela demande de l’énergie de nourrir quelqu’un (de nos jours, à un taux de 10 kilocalories utilisés pour 1 kcal mangé), mais l’environnement virtuel nécessaire demandera également un super-ordinateur. Les super-ordinateurs actuels consomment environ 5 MW. Bien sûr, nous pouvons attendre une amélioration dans ce domaine, mais il y a encore un grand chemin à parcourir. De plus, tout le monde n’a pas envie de vivre une vie virtuelle.

Économiste: Vraiment ? Qui pourrait le refuser ? Tous vos besoins sont couverts et vous avez un style de vie extravagant. J’espère pouvoir vivre ainsi un jour.

Physicien: Moi pas. Je suppose que nombreux seront ceux qui préféreront l’odeur de vraies fleurs, même avec des pucerons et des allergies; la sensation d’un vrai vent qui agite les cheveux; même une vraie pluie, des vraies piqûres d’abeilles, et tout le reste. Vous serez capable de simuler toutes ces choses, mais tout le monde ne voudra pas vivre une vie artificielle.  Tant qu’il y aura ne serait ce que quelques réfractaires, un plan destiné à réduire les besoins énergétiques à des niveaux arbitrairement bas ne peut qu’échouer. Sans parler de la réponse aux besoins métaboliques.

Mais quittons la Matrice…

(à suivre…)

Les limites de la croissance exponentielle (1ère partie: les lois de la thermodynamique)

J’entame ici une série de quelques articles relatant une discussion entre un scientifique et un économiste.

Pour les anglophiles, vous pourrez trouver l’article original, que j’ai volontairement réduit à l’expression des principales idées, sur le site suivant: http://physics.ucsd.edu/do-the-math/2012/04/economist-meets-physicist/

La discussion renvoie à des notions de thermodynamiques élémentaires. Pour les non scientifiques qui sont certainement parmi vous, ne vous inquiétez pas, cela reste compréhensible !

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Physicien: J’affirme que la croissance économique ne peut continuer indéfiniment. Je pense que les limites physiques s’imposent d’elles-mêmes.

Économiste: Bien sûr, rien n’est réellement éternel. Par exemple, le soleil ne brillera pas pour toujours. Sur une échelle en milliards d’années, les choses arriveront à leur fin.

Physicien: Exactement. Je pense qu’il y a des limites physiques. Mais je parle ici d’une échelle plus immédiate, ici sur la Terre. Les ressources physiques, notamment l’énergie, sont limitées et peuvent empêcher une croissance continue d’ici quelques siècles, ou même bien moins longtemps en fonction des choix que nous ferons. Il y a également des conséquences thermodynamiques.

Économiste: Je ne pense pas que l’énergie sera un facteur limitant à la croissance économique. Certes, les carburants fossiles conventionnels sont limités, mais nous pouvons y substituer des ressources non-conventionnelles comme les sables et schistes bitumeux,  les gaz de schistes, etc. Quand ceux-ci s’épuiseront, nous aurons probablement construit une infrastructure renouvelable d’énergies éoliennes, solaires et géothermiques, sans parler des énergies de prochaine génération comme la fission nucléaire et potentiellement la fusion également. Et il y aura probablement également des énergies que nous ne pouvons même pas encore comprendre dans un futur plus éloigné.

Physicien: C’est sûr, ces choses pourraient se produire, et j’espère qu’elles le feront dans un délai raisonnable. Mais regardons les implications physiques d’une expansion énergétique dans l’avenir. Dites moi quel est un taux annuel typique d’accroissement énergétique sur les derniers siècles ?

Économiste: Je dirais de l’ordre de quelques pourcents. Moins de 5%, mais certainement au moins de 2%.

Schéma: Consommation énergétique totale sous toutes ses formes des USA depuis 1650. L’échelle verticale étant logarithmique, la courbe exponentielle en résultant apparait donc comme une ligne droite. La ligne rouge correspond à une croissance annuelle de 2,9%. Source: EIA (US Energy Information Administration: http://www.eia.gov/

 

Physicien: Exact. Si vous tracer la consommation énergétique totale des USA depuis 1650, vous verrez une croissance exponentielle régulière de près de 3% par année. La situation du reste du monde est similaire. Donc, comment pensez-vous que nous pourrons poursuivre cette tendance ?

Économiste: Une croissance de 3% signifie un doublement tous les 23 ans environ. Ce qui veut dire que l’on aura tous les siècle une multiplication par environ 15 à 20. Je vois où vous voulez en venir. Quelques siècles de plus à ce rythme peut sembler absurde. Mais n’oubliez pas que la population s’est accrue pendant tous ces siècles passés. Cette augmentation va s’arrêter avant que quelques siècles ne soient révolus.

Physicien: Exact. Nous allons donc probablement tombé d’accord que la croissance énergétique ne va pas continuer indéfiniment. Mais il y a encore deux points avant de continuer. Premièrement, j’ai juste mentionné que la croissance énergétique à largement dépassée l’accroissement de la population, ce qui veut dire que l’utilisation énergétique par habitant s’est envolée. Notre vie énergétique est bien plus riche que celle de nos arrière-arrière-grand-parents un siècle en arrière. Donc, même si la population se stabilise, nous sommes habitués à une augmentation de l’utilisation énergétique par habitant. La croissance énergétique devra donc se poursuivre pour maintenir cette tendance.

Deuxièmement, les limites thermodynamiques imposent un maximum à la croissance énergétique, à moins que nous voulions cuire ! Je ne vais pas parler de réchauffement climatique global, de production de CO2, etc. Je parle simplement de l’émission de l’énergie dépensée dans l’espace. Je part du principe que vous voulez continuer la discussion en la confinant à la Terre, oubliant ainsi la perspective d’un exode dans l’espace, une colonisation de planètes, une vie à la Star Trek, etc.

Économiste: Oui, restons sur Terre !

Physicien: (ouf!) Bien, la Terre n’a qu’un seul mécanisme pour libérer la chaleur dans l’espace, à travers des radiations (infra-rouges). Nous comprenons ce phénomène parfaitement bien, et nous pouvons prévoir la température de surface de la planète en fonction de la production énergétique de la race humaine. En prenant une croissance de l’utilisation énergétique de 2,3% par an (ce qui représente de manière plus pratique un facteur 10 par siècle), nous atteindrons la température d’ébullition dans environ 400 ans. Et cette affirmation est indépendante de la technologie utilisée. Même si nous n’avons pas de nom pour une hypothétique source d’énergie future, nous allons nous cuire nous-même tant que les lois de la thermodynamiques s’appliqueront en cas d’accroissement perpétuelle de l’utilisation énergétique.

Économiste: Il s’agit là d’un résultat effrayant. Ne pourrait-il pas y avoir une technologie que libérerait cette énergie ailleurs et autrement ?

Physicien: Oui, nous pourrions émettre des radiations non thermiques dans l’espace, avec de la lumière, des lasers, des ondes radio. Mais le problème vient qu’il s’agit là d’énergies concentrées à faible entropie. A la place, nous parlons de nous débarrasser de la chaleur résiduelle des tous les procédés dans lesquels nous utilisons de l’énergie. Cette énergie est thermique par nature. Nous serons capable d’éliminer une partie de cette énergie résiduelle en faisant un travail « utile », mais avec une efficacité thermodynamique très faible. Si vous voulez utiliser de l’énergie concentrée en priorité, il restera de l’énergie résiduelle hautement entropique qui ne peut quasiment pas être perdue.

Économiste: D’accord, mais nous pourrions facilement nous arranger avec un profil énergétique stable. Nous l’utiliserons plus efficacement et en direction de moyens destinés à poursuivre la croissance.

Physicien: Avant de voir cela, nous devons parler d’un autre point essentiel. Avec un taux de croissance de 2,3%, nous utiliserons l’énergie à un taux correspondant à la totalité de l’énergie reçue par le soleil dans un peu plus de 400 ans. Nous consommerons une énergie comparable à l’énergie du soleil entier d’ici 1400 ans. Dans 2500 ans, nous utiliserons l’équivalent de l’énergie de la Voie Lactée entière (100 milliards d’étoiles !) Je pense que vous voyez l’absurdité que représente une croissance énergétique continue. 2500 ans ne sont pas si longs dans une perspective historique. Nous savons à peu près ce que nous faisions il y a 2500 ans.

Économiste: Vous dites qu’il y a environ 1400 ans pour atteindre la parité avec la production du soleil ?

Physicien: Exactement. Sans parler des conséquences thermodynamiques que cela implique. Si nous essayons de produire une énergie comparable avec celle du Soleil sur Terre dans 1400 ans, les lois de la physique demande que la surface de la Terre devra être plus chaude que la surface (bien plus grande) du Soleil. Tout comme les 100 W produits par une ampoule entraînent une surface bien plus chaude que les 100 W produits par nos deux corps à travers le métabolisme, et qui se diffuse à travers une surface bien plus grande.

Économiste: Je vois. C’est logique.

 

(à suivre…)

Remarque: La fin de l’article peut paraître complexe à suivre, mais il n’en est rien. La seule chose que vous devrez admette, à défaut de pouvoir démontrer par vous-même les lois de l’entropie avec les formules de Boltzmann et d’autres joyeusetés enseignées à l’Université, c’est qu’on ne peut pas se débarrasser d’une énergie concentrée (et donc utile), mais plus facilement d’une énergie peu concentrée (et donc peu utile)… Les physiciens me pardonneront cette simplification extrême du principe.


Ne négligez pas le rapport gain/risque en trading !

Le rapport gain/risque (encore appelé rendement/risque ou pour les anglophones risk/reward ratio; vous remarquerez dans ce dernier cas que la formule est inversée mais le calcul reste le même) est un élément trop souvent négligé par les investisseurs et surtout les traders.

Ce rapport va de pair avec un money management efficace.

En effet, comment peut-on espérer être rentable sur le long terme si on ne sait pas précisement combien on risque et combien on peut gagner ?

Il faut toujours percevoir un investissement comme une probabilité d’événements entraînant soit une perte, soit un gain.

On essayera bien sûr de s’arranger pour que la probabilité de gain soit supérieure à celle de perte.

Cependant, on peut être gagnant sur le long terme si on a une probabilité de gain très faible, mais si le succès se produisait malgré tout, on gagnerait beaucoup plus que ce que l’on a risqué.

J’ai résumé les principaux rapports gain/risque de 1:1 à 1:10 dans un petit tableau.

Les rapports Gain/Risque

Rapports Gains/RisquesTaux de réussite minimal nécessaire pour ne rien perdre(en %)
10.550
20.333333
30.2525
40.220
50.166717
60.142914
70.12513
80.111111
90.110
100.09099

On remarque assez facilement plusieurs choses:

– si on risque autant que l’on peut perdre, il faut faire mieux que pile ou face. Donc, avoir raison plus de 50% du temps pour gagner quelque chose. Autrement dit, il faut avoir développé une stratégie de trading ayant un avantage sur le marché.

on peut très bien être gagnant avec des probabilités de gains très faibles, à condition toutefois que le gain espéré soit très élevé.

La plupart des traders (et j’en fais parti) n’aiment pas perdre. Il s’évertuent donc à essayer d’élaborer des systèmes ayant un taux de réussite très élevé. Evidemment, cela se passe au détriment de rapport gain/risque.

Le cas le plus simple est par exemple de développer un système avec un stop loss très large. Très souvent, ces systèmes ont même un rapport gain/risque inférieur à 1, ce qui oblige d’avoir beaucoup de trades gagnants et ce qui signifie en passant que les pertes sont rares, mais très conséquentes.

 

On a tout intérêt à prendre le problème à l’envers: rechercher un système ayant de faibles probabilités de gains, mais avec des gains très importants qui vont largement rattraper les nombreuses petites pertes.

Le trader doit faire un effort psychologique, car il doit accepter, pour parvenir à appliquer ce genre de système avec succès, d’être souvent dans une situation d’échec en attendant quelques rares gains, mais très conséquents.

Dans ce dernier cas, il doit aussi être capable de « tenir » ses gains et de les laisser courir sans intervenir, car sinon, il fausserait tout son système et serait perdant sur le long, avec de nombreuses petites pertes non compensées par des gains « moyens ».

 

S’il y a des obstacles psychologiques à surmonter, il s’agit pourtant d’une excellente manière de devenir profitable.

En effet, il est relativement aisé de trouver des événements qui se produisent rarement, mais qui entraînent un mouvement important des cours.

C’est le cas par exemple des stratégies de breakout, basées sur le franchissement d’un niveau clé (déterminé par des lignes de tendances, des moyennes mobiles « importantes », des niveaux de supports/résistances, des figures chartistes…). Ces stratégies ont souvent des taux de réussites assez faibles, il convient donc de leur associer des niveaux de stop et de prises de profits ayant un rapport gain/risque élevé.

Dans un prochain article, je vais essayer d’illustrer ce principe avec un exemple de système de trading basé sur la moyenne mobile 200.

En attendant, réfléchissez à VOTRE rapport gain/risque. Est-il cohérent ?

 

 

L’Investisseur (très) Particulier devient neutre en carbone

  Je compense le carbone de mon blog avec les Petits gestes écolos de bonial.fr

Une très belle initiative du site www.bonial.fr : un arbre sera planté en Bretagne pour compenser les émissions en CO² du blog.

Je sais bien que la plupart des initiatives écologiques sont très modestes et peuvent sembler sans importance ou relever davantage de gesticulations médiatiques que d’un réel soucis environnemental, mais d’un autre côté, c’est un état d’esprit dont de nombreux responsables politiques devraient s’inspirer: prendre des décisions qui aient systématiquement un bilan au moins neutre.

Cela peut sembler étonnant, mais à chaque fois que vous visitez une page web, vous émettez du CO² :

L »explication avancée est la suivante:

D’après une étude d’Alexander Wissner-Gross, diplômé en physique de l’université américaine de Harvard, la consultation d’une page web conduit en moyenne à l’émission de 20 milligrammes de CO2, soit 0,02 grammes. Pour un blog avec un trafic moyen (environ 15 000 pages vues par mois), cela correspond à des émissions annuelles de 3,6 kg de dioxyde de carbone. Cette valeur est à remettre en majeure partie sur le compte de la consommation électrique liée à l’utilisation de serveurs et matériels informatiques, et à leur refroidissement, très énergivore.

calcul compensation Le Blog devient écologiquement responsable

 

Sinon, du point de vue boursier, l’indice World Alternative Energy Total Return Index CW ne donne pas vraiment envie d’investir dans les énergies renouvelables, qui se sont pris une bonne claque depuis 2008. Le marché n’est pas encore mature, car il dépend encore des aides gouvernementales… Et comme ces derniers sont surendettés, cela n’arrange pas les affaires des sociétés du secteur des énergies renouvelables.

Sans parler que cela fait un bout de temps qu’on nous promet un rebond de ce « secteur d’avenir »…

En graphique, cela donne ceci:

http://www.google.com/finance?chdnp=1&chdd=1&chds=1&chdv=1&chvs=Linear&chdeh=0&chfdeh=0&chdet=1338139205911&chddm=391000&chddi=604800&chls=CandleStick&q=INDEXDJX:WAEXDC&

Bref, au moins, en plantant un arbre, ça sera toujours ça de fait !

En passant, c’est dimanche, alors prenez le temps de regarder cette vidéo, du très beau récit (par Philippe Noiret) de Jean Giono « L’homme qui plantait des arbres ». Comme quoi, mieux vaut semer soi-même le futur… Ce que tout investisseur particulier devrait essayer de faire…

La situation du Franc Suisse – Positions ouvertes sur EUR/CHF

Depuis septembre 2011, la Banque Nationale Suisse a fixé un plancher sur la parité EUR/CHF à 1,20.

Très bien. Jolie décision.

Concrètement, cela signifie que la BNS achète des euros en vendant des francs suisses à chaque fois que la parité approche ce seuil.

Voilà ce qu’on voit depuis quelques semaines, depuis le très fugace enfoncement du plancher, à 1.997  le 5 avril dernier.

(graphique en 4H)

Clairement, la BNS défend coûte que coûte ce seuil.

En passant, je ne connais pas un seul exemple de banque centrale ayant réussi à défendre durablement un seuil tant que les raisons fondamentales allaient logiquement contre ce seuil, avec l’aide bien sûr des spéculateurs.

Je ne vois pas pourquoi la BNS (qui est loin d’être la Fed…), pourrait accomplir ce miracle. Sauf évidemment si les raisons fondamentales changeaient (fin, dans des conditions convenables, de la crise grecque, redémarrage de l’économie mondiale, assainissement de la crise des dettes, visite du Père Noël au G8, etc). Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, je n’y crois pas trop, en tout cas pas avant que le seuil ne cède.

Lorsqu’on regarde les positions ouvertes sur les contrats futures globex sur le franc suisse, on remarque que les traders sont fortement vendeurs de CHF. Nous sommes à des niveaux plus bas qu’en juillet 2010, lorsque le franc suisse s’est fortement apprécié.

Sur le Forex, on peut regarder les données fournies par Oanda, qui me semblent relativement fiables et représentatifs, vu la relative importance des volumes de ce courtier.

Le ratio des positions ouvertes représentent le part des différentes paires majeures ayant des positions ouvertes (longues ou courtes). Il est donc normal que l’EUR/USD soit majoritaire.

Les données intéressantes sont à voir dans les ratios des positions longues/courtes.

En effet, des valeurs élevées (disons >80%) sont pour un contrarien un signal important.

La logique voulant que le marché va toujours là où la minorité peut gagner le plus (et donc, où la majorité perd), on constate que l’EUR/CHF est extrêmement haussier. Cela signifie donc qu’une écrasante majorité des traders sont longs sur la paire, espérant une intervention de la BNS pour soutenir l’Euro. Remarquez au passage les fortes positions haussières sur l’argent et l’or, qui plaideraient donc plutôt sur une correction baissière (voir http://www.investisseur-particulier.fr/une-affaire-en-or-2eme-partie ).

En gros, ce qui se passe en ce moment est dû à des positions massives à l’achat sur l’EUR/CHF avec des prises de gains rapides, ce qui maintient la paire dans une volatilité particulièrement basse. On croirait voir le graphique de l’EUR/DKK (couronne danoise, officiellement pegguée à l’euro) !

(taille 1448 × 725 pixels, cliquez-dessus pour agrandir)

Et comme souvent, le calme précède toujours la tempête. Une faible volatilité précède toujours avant une hausse fulgurante de la volatilité.

Cela signifie en gros deux choses, soit les spéculateurs gagnent et forcent la BNS de lâcher sa barrière, et là, la paire va plonger de plusieurs centaines de pips d’un seul coup. Soit la BNS parvient à maintenir sa barrière, la crise grecque se tasse, et la paire EUR/CHF va grimper quelques temps. Comme tout le monde est déjà à l’achat, le mouvement risque d’être moins violent, à moins bien sûr que la BNS (éventuellement en conjonction avec d’autres banques centrales) en profite pour remettre une couche et provoquer ainsi un mouvement violent.

Il se peut également que, pour « nettoyer le marché, la BNS laisse craquer volontairement son seuil de 1.20, avant d’intervenir. Comme ça, tout le monde sera pris à contrepied, à la fois les baissiers et les haussiers.

Pour tout vous dire, il y a un autre argument pour donner la mesure du mouvement violent qui pourrait se produire sous peu, mon courtier m’a envoyé ça cette nuit:

Cher Trader,

Mon courtier vous informe que nous allons augmenter la marge requise sur la paire EURCHF. A partir du Vendredi 25 Mai 2012 (19:00 CET), l’exigence de marge pour cette paire de devise sera augmentée de 100%. Avec ces nouvelles conditions, un compte possédant par exemple un levier de 1:200 nécessitera une marge de 1000 EUR pour ouvrir une position de 1 lot sur l’EURCHF, au lieu des 500 EUR précédemment.

Veuillez donc vérifier vos positions sur l’EURCHF si vous en avez, en tenant compte de l’effet que ce changement pourrait avoir sur votre niveau de marge requise ainsi que sur votre niveau de trade out.

Une augmentation de 100% de la marge n’est pas une chose courante, et encore moins sur une paire majeure !

Que devrait faire l’investisseur particulier ?

– quand on ne sait pas, on ne fait pas. Autrement dit, il y a assez de paires sur le Forex pour éviter de vous préoccuper de l’EUR/CHF. Tenez-vous à l’écart.

– si vraiment vous voulez trader cette paire, prenez bien conscience, qu’à moins d’avoir des stop garantis à 100% (et en lisant vos conditions générales, vous verrez que l’immense majorité des courtiers proposent des stop garantis à 100% seulement pendant les conditions de marchés normales. Autrement dit, ils ne garantissent rien du tout.), je vous conseille vivement d’utiliser très peu de levier et de prendre en compte un slippage très important de vos ordres. De plus, veillez, une fois de plus, à placer vos trades avec un rapport gain/risque très correct. Par exemple, personnellement, je joue avec un levier ridicule (1/5ème environ, non pas 5, mais bien 1/5ème, autrement dit, je ne risque presque rien) plus pour voir le comportement de mon courtier en cas de fort mouvement que pour espérer un gain (mais j’ai tout de même un rapport gain/risque de près de 10, chaque sous est un sous!).

Bon trades, et oubliez la Suisse (ou alors pour ses chocolats et ses montagnes) quelques temps !